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L’arbre du théâtre québécois

Cet Arbre se veut une généalogie fiable, sélective et cohérente de l’activité qui a marqué le paysage théâtral québécois. Il est le fruit de l’imagination de l’équipe de la revue Jeu, et d’abord de ses deux concepteurs, Michel Vaïs et Philip Wickham. À partir de l’« humus canadien-français » jusqu’à la florescence moderne, de 1606 à nos jours, se déploient les multiples branches de l’activité théâtrale. La lecture chronologique va des racines vers le haut et les extrémités.

Ludique dans sa forme, l’Arbre résulte de deux années de recherches sérieuses visant à répertorier les artisans qui ont marqué nos scènes, depuis le Théâtre de Neptune (première manifestation théâtrale en Nouvelle-France) jusqu’à nos jours. Sur le tronc de l’Arbre, orné d’un cœur, sont rassemblés les noms des compagnies importantes avec leur date de fondation — et de fin d’activité le cas échéant —, ainsi que les lieux, sans date pour ceux qui ont connu plusieurs vocations successives. Lorsqu’une compagnie a changé de nom, l’année du changement apparaît également. Une sélection de 75 acteurs et actrices, en jaune, parsème l’image comme autant de fleurs, depuis Blanche de la Sablonnière (première actrice professionnelle du Québec) jusqu’à Céline Bonnier. Les noms des interprètes sont placés selon le genre de théâtre qu’ils ont le plus pratiqué. Les noms de 23 critiques sont en vert, le long du lierre qui s’enroule autour du tronc et de certaines branches.

En allant dans le sens des aiguilles d’une montre à partir du bas, à gauche, les branches de l’Arbre représentent : la dramaturgie (subdivisée en sous-branches réaliste, poétique, féministe, pour jeunes publics, comique et de création collective), avec, en italiques, les titres des principales pièces et leur date de création ; le théâtre amateur, le théâtre anglophone, les cafés-théâtres (branche brisée) ; l’humour, le théâtre d’été, les metteurs en scène (notamment la sous-branche débutant avec André Brassard, une autre pour ceux formés à l’étranger et une sous-branche pour la ville de Québec — à noter que les ancêtres de ces metteurs en scène se trouvent dans les racines) ; une grosse branche des concepteurs (subdivisée en éclairagistes, costumiers, scénographes et concepteurs du son). Suivent l’art lyrique, les compagnies de marionnettes, de théâtre jeunes publics ; enfin, le théâtre de recherche, avec entre autres les sous-branches technologique et corporelle, voisinant le cirque et la danse.

Autour des tuteurs de la formation, on trouve les écoles de théâtre, les principaux cours privés et les troupes écoles ; les câbles du soutien de l’État indiquent les noms des organismes publics de subvention ; l’échelle de l’institution indique, toujours par ordre chronologique, les noms des organismes réunissant des gens de théâtre avec leur date de fondation. Au sommet du tronc, la scène des événements indique les noms des principaux festivals. À gauche, en bas, les feuilles qui tombent représentent les éditeurs de pièces.

Amusez-vous à faire parler cet Arbre luxuriant, qu’il faut parcourir comme une carte routière pour un long voyage. Il peut servir de base à une discussion sur l’histoire du théâtre québécois. Ajoutez des noms avec des autocollants ou remettez en question les choix des auteurs comme on conteste un dictionnaire : l’Arbre en est l’ossature.

Parution : 2002.

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