Articles de la revue JEU 149 : Mémoires en jeu

Inscriptions théâtrales dans l’espace urbain : le cas de Montréal

Jean-Pierre Ronfard (1929-2003), qui a aujourd’hui « sa » rue1, se plaisait à évoquer l’existence de « chemins de théâtre » dans la métropole, à une époque pas si lointaine où, en effet, de nouveaux lieux théâtraux s’implantaient un peu partout à Montréal, c’est-à-dire en dehors du sacro-saint centre-ville, qui est devenu depuis le Quartier des spectacles… Il existe, par ailleurs, d’autres marqueurs de l’activité théâtrale dans l’espace urbain, mais cette fois pour honorer des figures du passé, proche ou lointain, comme on le verra : ce sont les noms des rues, des parcs et des places. Il n’est pas question d’entreprendre ici l’examen de l’ensemble des dénominations des rues montréalaises — même si cela serait sans aucun doute « un beau sujet2 » —, mais plus modestement de recenser les auteurs dramatiques et les artistes de la scène qui ont eu droit à la consécration par l’attribution de leur nom à divers artères et lieux publics à Montréal.

En ce qui concerne le processus de sélection toponymique, les règles de la Ville de Montréal stipulent que les candidats doivent être des Montréalais de naissance ou d’adoption et être décédés depuis au moins un an3, et que toute proposition motivée, en provenance d’un arrondissement ou de particuliers, pour l’attribution honorifique d’un nom à une rue ou à tout autre lieu public doit être d’abord examinée par le Comité de toponymie de la Ville de Montréal, qui transmet ensuite ses choix au conseil de Ville pour approbation. Montréal possède quelque 6 000 voies et parcs publics qui sont déjà nommés ; les espaces qui seront à désigner sont situés dans les quartiers périphériques, pour lesquels il existe déjà une banque de 400 noms… C’est dire que, pour répondre à la demande des prochaines décennies, il faudra obligatoirement se résigner à débaptiser des artères au profit de personnalités à honorer.

Comme en témoignent les résultats de ma petite enquête — voir l’annexe Désignation honorifique des artistes et auteurs du théâtre québécois par arrondissements montréalais —, on ne relève qu’un nombre assez faible de représentants de ce domaine d’activité, distribués dans 14 des 19 arrondissements, soit 22 interprètes (18 comédiens et 4 chanteurs d’opérette), 1 troupe (les Compagnons de Saint-Laurent4), 2 acteurs et metteurs en scène, 1 auteur-acteur-metteur en scène (Jean-Pierre Ronfard), 1 scénographe (Robert Prévost), 9 auteurs dramatiques, 1 critique (Jean Béraud) et 4 administrateurs-animateurs, pour un total (en excluant 4 doublons) de 41 désignations différentes : un tel nombre, par rapport à environ 6 000 noms inscrits dans l’espace urbain, témoigne assez de la place infime qu’occupe la mémoire théâtrale dans la cité5 — sans compter qu’en 2010, lors de l’aménagement du « Petit Parterre » du Quartier des spectacles, les deux places consacrées respectivement à Fred Barry et à Albert Duquesne ont été supprimées !

Pourquoi alors consacrer un article à ce trou de mémoire collectif ? Pour deux raisons complémentaires : d’une part, il est nécessaire de faire un bilan du rapport que la Ville de Montréal a souhaité établir jusqu’à maintenant avec la pratique théâtrale en son sein, en cherchant à identifier les causes d’une sélection que l’on peut qualifier à la fois d’étriquée et de lacunaire, et, d’autre part, pour tenter de se préparer, avec des outils pertinents, à faire face à la déferlante annoncée des candidats à la consécration dans l’espace public, alors que l’abondante génération des baby-boomers va tôt ou tard passer l’arme à gauche au cours des 25 à 30 prochaines années, sans oublier ceux et celles qui ont marqué l’histoire du théâtre à Montréal depuis 1950 et qui auront un jour droit à une reconnaissance civique — à commencer par Hélène Loiselle, comédienne d’exception, qui est décédée le 7 août 2013. Les paris sont ouverts !

Commençons donc par faire un état des lieux, en pointant un certain nombre d’incongruités dans le discours des notices censé justifier l’attribution d’un nom à une rue, à une place ou à un parc, ou encore à un « carré » — en 1993, le terme « square » ne semble pas faire partie du vocabulaire des édiles —, comme c’est le cas pour Denise Pelletier, gratifiée d’une plate mention : « Femme de théâtre et comédienne. »

À l’ombre des Compagnons

Si l’on en croit les notices consacrées aux 18 comédiens répertoriés, 4 d’entre eux — Jean Gascon, Pierre Dagenais, Guy Hoffmann, Gaëtan Labrèche6 —, le seul scénographe — Robert Prévost — et, bien entendu, son animateur-fondateur — Émile Legault7 — ont pour principale caractéristique d’avoir « fait partie des Compagnons de Saint-Laurent », une troupe d’amateurs fondée en 1937, et qui a déclaré forfait en 1952 après sa tentative de professionnalisation amorcée en 1948. L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal complète cette série par la désignation d’un parc des Compagnons-de-Saint-Laurent en 19968. Quand on sait combien les acteurs mentionnés ont tous pris leur distance d’avec les Compagnons pour entreprendre une véritable carrière scénique qui a duré plusieurs décennies, on reste stupéfait qu’un Jean Gascon ne soit pas plutôt associé à la fondation du Théâtre du Nouveau Monde, qu’on semble ignorer que Pierre Dagenais a courageusement défendu une approche débarrassée des tics boulevardiers avec l’Équipe (1942-1948)9 et que Guy Hoffmann ne doit pas d’avoir mérité notre reconnaissance pour avoir joué Molière aux Compagnons, mais de lui avoir assuré un jeu digne de son génie sur les planches de l’Orpheum, où a logé le Théâtre du Nouveau Monde dans les années 50. Et tout ça a été consacré entre 1993 et 1996 ! Quant à Robert Prévost, il a droit lui aussi au « compagnonnage », et la première partie de la notice du parc Robert-Prévost (désigné en 1988) se lit comme suit : « Le peintre et décorateur de théâtre Robert Prévost (1928-1982) apprend son métier avec la troupe de théâtre des Compagnons de Saint-Laurent, fondée en 1937 par le père Émile Legault. En 1952, cette troupe se dissout et plusieurs de ses comédiens fondent alors [sic] le Théâtre du Nouveau Monde pour lequel travaille Robert Prévost. » Lors de ma visite de ce parc, hélas ! très délabré, j’ai pu constater qu’on avait pensé au moins à donner à lire un texte plus fiable sur l’intéressé par le truchement d’un petit présentoir qui permet de corriger en partie la notice citée plus haut. Quand la main gauche ignore ce que fait la main droite… 

Autres comédiens et chanteurs, d’hier à aujourd’hui

Le comédien le plus ancien qui figure dans l’actuel répertoire toponymique est Palmieri, né J.-Sergius Archambault (1871-1950), suivi de près par Juliette Béliveau (1889-1975), Albert Duquesne (1891-1956), Marthe Thiéry (1902-1979) et Ovila Légaré (1901-1978) — ce dernier donne son nom à une avenue et à un parc dans l’arrondissement de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension. On cherchera toutefois en vain les noms, entre autres, de Julien Daoust, Paul Cazeneuve, Blanche de la Sablonnière ou Bella Ouellette, qui ont eu le statut de vedette entre 1900 et 1930 alors que s’implantait un véritable théâtre professionnel, notamment au Théâtre National Français.

La génération suivante est à peine mieux représentée, mais on n’a quand même pas oublié les deux grandes figures du théâtre (et de la télévision) que furent Denise Pelletier (1923-1976) et Jean Duceppe (1923-1990), dans les arrondissements respectifs de Saint-Laurent et de Rosemont—La Petite-Patrie, auxquelles peuvent être jointes leurs contemporaines Juliette Huot (1912-2001), Olivette Thibault (1914-1995), Denise Morelle (1926-1984) et Amulette Garneau (1928-2008). Enfin, on a donné à un parc le nom du comédien Luc Durand (1935-2000) et le nom d’une (toute petite) rue à Robert Gravel10 (1944-1996), mais rien encore pour rappeler à nos mémoires François Rozet (1899-1994), Jean Dalmain (1915-2010), Yvette Brind’Amour (1918-1992), Huguette Oligny (1922-2013), Guy Provost (1925-2004), Denise Proulx (1929-1993), Guy L’Écuyer (1931-1985), Luce Guilbeault (1935-1991), Jean-Louis Millette (1935-1999)… Pour sa part, le comédien Marc Favreau (1929-2005), surtout célèbre pour son personnage déjanté de Sol, vient d’être honoré en prêtant son nom à une nouvelle bibliothèque publique, située à deux pas du métro Rosemont, inaugurée le 7 décembre 2013.

Quant aux chanteurs, ce sont essentiellement quatre grands pionniers de l’opérette qui se sont vu distinguer : une rue pour le baryton Honoré Vaillancourt (1892-1933), qui a fondé la Société canadienne d’opérette en 1921, troupe à laquelle s’est jointe la mezzo-soprano Jeanne Maubourg (1875-1953), dont une avenue ne porte que le patronyme ; une avenue et une rue, dans deux arrondissements différents, pour le baryton Charles Goulet (1902-1976), bien connu pour avoir cofondé les Variétés Lyriques (1936-1955) avec Lionel Daunais (1902-1982), auquel Anjou a réservé le nom d’une avenue.

Toutes proportions gardées, les pratiques du comique populaire, pour ne pas dire du spectacle burlesque américano-québécois, ont été correctement reconnues, à travers les deux forces de la nature et bêtes de scène que furent Olivier « Tizoune » Guimond fils (1914-1971) et Rose « La Poune » Ouellette (1903-1996) : le premier a droit à une place dans l’arrondissement Saint-Laurent et à un parc dans l’arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, pendant que la seconde a une rue dans l’arrondissement de Rosemont—La Petite-Patrie. Là encore, il faut déplorer quelques absences : Arthur Petrie (1890-1957) et Juliette Petrie (1900-1995), qui ont, dans les années 20, écumé les scènes de la Main avec Olivier Guimond père et sa femme, Effie Mac. On n’a pas oublié Jean Grimaldi (1898-1996), grand organisateur des tournées de la Bolduc et administrateur avisé des carrières de plusieurs comédiens du burlesque et de chanteuses populaires11 ; la fin de la notice que lui consacre en ligne le Répertoire historique des toponymes montréalais mentionne bien qu’« une salle de théâtre porte son nom »… mais sans trouver bon de la situer ! Il s’agit en fait de la salle Jean-Grimaldi, ainsi nommée en 1995, du Théâtre Desjardins, dont la vocation est tournée vers les spectacles d’humoristes et de chanteurs populaires et qui fait partie du Cégep André-Laurendeau dans l’arrondissement de LaSalle.

Les dramaturges et les metteurs en scène : de remarquables oubliés ?

Selon la sociologue Nathalie Heinich : « À la renommée dans le temps, qui faisait la postérité des grands hommes bien au-delà de leur vie terrestre, s’est substituée en quelques générations la visibilité dans l’espace, qui fait la médiatisation des vedettes bien au-delà du lieu de leur présence12. » Dans cette perspective, comme on vient de le constater, les acteurs et les chanteurs de maintenant, davantage encore que ceux d’hier, ont plus de chance d’attirer à eux la faveur populaire, car ils ont une image reproductible à l’infini, facilement identifiable et offerte à la vénération, c’est-à-dire à la starification. Depuis l’avènement du cinéma puis de la télévision, le théâtre comme fabrique de stars est le plus souvent à la remorque des médias de masse. D’où le malaise d’avoir à comparer le destin honorifique des acteurs par rapport aux dramaturges et aux metteurs en scène, car le statut de ces derniers ne saurait concurrencer la charge d’affect qu’engendre une vedette de la scène.

Par ailleurs, il faut bien admettre que la dramaturgie canadienne-française et l’approche pré-moderne du jeu et de la mise en représentation n’ont pas engendré beaucoup de créateurs d’envergure, dont l’œuvre ait été en mesure d’être retenue en tant que répertoire vivant ou dont la manière ait pu engendrer une tradition durable. C’est ainsi que les auteurs dramatiques de notre recension comprennent Louis Fréchette (1839-1908), Félix-Antoine Savard (1896-1982), Jean Despréz (1906-1965) et Rina Lasnier (1915-1997) dont, en tout cas, les textes de théâtre ont tous sombré dans l’oubli, tout comme ceux d’une remarquable laissée-pour-compte, Yvette Mercier-Gouin (1895-1984), auteure d’une quinzaine de drames bourgeois parmi lesquels la pièce proto-féministe Cocktail, créée au Théâtre Stella, à Montréal, en 1935. En revanche, Gratien Gélinas (1909-1999), Pierre Perreault (1927-1999) — ne serait-ce que pour son remarquable Au cœur de la rose (1963) —, Claude Gauvreau (1925-1971), Jean-Pierre Ronfard (1929-2003) et Antonine Maillet (1929) ont donné leurs lettres de noblesse à l’écriture dramatique au Québec (ou en Acadie) à compter des années 40.

En ce qui concerne les metteurs en scène et, plus largement, les concepteurs scéniques, c’est le régime maigreur. Il y a les créateurs polyvalents, déjà nommés, comme Gélinas, Dagenais ou Ronfard qui, de la sorte, portent plusieurs chapeaux : ce sont des hommes de théâtre, si l’on veut, qui s’amusent à embrouiller les catégories et les statistiques. Et pourtant, ils ont eu des prédécesseurs dignes d’un nom de rue, par exemple Antoine Godeau (1870-1946) et Henri Letondal (1901-1955). D’autres créateurs attendent un lieu-dit digne de leur talent : le décorateur Jacques Pelletier (1905-1972), la conceptrice de costumes Marie-Laure Cabana (1910-1998), les marionnettistes Solange Legendre (1928-2010) et Pierre Régimbald (1942-2004), l’auteur et metteur en scène Pierre-A. Larocque (1949-1989), les Anglo-Montréalais Charles Rittenhouse (1909-1982), Herbert Whittaker (1910-2006) et Dora Wasserman (1919-2003)… En ces temps de laïcisation de l’appareil étatique, peut-être serait-il judicieux de remplacer ici et là quelques noms de rue voués à des saints et à des saintes par les noms de gens de théâtre mémorables, non ?

Au terme de ce tour d’horizon toponymique, j’avoue avoir été frappé par l’indigence des conseils d’arrondissements de Montréal dans la reconnaissance puis dans le travail de description rigoureuse de l’apport des créateurs théâtraux. Cela n’augure rien de bon pour le proche avenir, et il est à craindre que plusieurs décisions ou non-décisions seront faites au petit bonheur la chance… Ne devrait-on pas charger le Conseil des arts de Montréal de créer un comité-conseil, formé d’historiens et de critiques, qui verrait à identifier des candidatures, selon des critères explicites et d’après un plan d’ensemble qui regrouperait, au demeurant, tous les domaines artistiques ? Ce serait là plus qu’une initiative louable, mais un outil précieux pour renforcer les lieux de mémoire de Montréal en tant que métropole culturelle13.

 

1. La rue Jean-Pierre-Ronfard est située dans un récent développement de condos, à l’intersection (ça ne s’invente pas !) de la rue De Contrecœur, qui longe un parc en chantier, dans l’arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve.

2. C’est ainsi que l’historien français Daniel Milo aborde son étude sur « Le nom des rues », dans les Lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, tome II, vol. III, Paris, Gallimard, 1986, p. 283-315.

3. Une exception notable concerne la résolution du conseil municipal de la Ville d’Outremont (d’avant les fusions), datée du 2 juillet 1981, « à l’effet de changer le nom de l’avenue Wilder pour celui d’Antonine-Maillet (1929-), romancière couronnée par le prix Goncourt en 1979 et résidante de ladite avenue », tiré de Ludger Beauregard et alii, Répertoire des odonymes de la Ville d’Outremont [Comité d’histoire d’Outremont : la ville, 1997]. Là comme ailleurs dans les notices toponymiques, on notera qu’on identifie le prix mais non l’œuvre primée, ici Pélagie-la-Charrette.

4. Je choisis de respecter ici, tout comme dans mon annexe, cette graphie dont l’usage s’est imposé.

5. Tout en me concentrant sur le théâtre montréalais, je me suis aussi intéressé à la présence de gens de théâtre d’autres nationalités. Distribués dans 7 arrondissements montréalais (sur 19), j’ai recensé 12 occurrences (y compris 2 doublons) de rue ou d’avenue qui désignent toutes des dramaturges ou, du moins, des auteurs qui ont consacré une partie de leur œuvre au théâtre (11 de France et 1 d’Italie) : Corneille, Molière, Racine, Marivaux, Beaumarchais, Dumas, Hugo, Musset et Claudel, auquel s’ajoute Pirandello. On chercherait en vain des noms de rue consacrés à des auteurs dramatiques majeurs en Occident comme Shakespeare, Ibsen, Tchekhov, O’Neill, Brecht, Lorca, Williams, Miller, Beckett, Genet ou Ionesco, pour s’en tenir à une courte liste, néanmoins représentative de leur présence régulière sur les scènes montréalaises depuis 1940.

6. En 2010, une autre notice concernant Charlotte Boisjoli (1923-2001) évite heureusement de l’associer aux Compagnons, mais c’est pour se rabattre sur un descriptif laconique, pour ne pas dire expéditif : « Comédienne, metteur en scène et nouvelliste québécoise. »

7. Émile Legault (1906-1983), qui a davantage fait sa marque comme administrateur-animateur que comme metteur en scène, a droit à une avenue non pas, contre toute attente, dans l’arrondissement de Saint-Laurent mais dans celui d’Anjou.

8. La notice en ligne se lit comme suit : « Compagnie théâtrale fondée en 1937 par le père Émile Legault, qui a formé de nombreux comédiens. »

9. Pour mieux comprendre le contexte de cette époque qui voit émerger nombre de compagnies professionnelles, on peut se référer à l’ouvrage récent de Sylvain Schryburt, De l’acteur vedette au théâtre de festival. Histoire des pratiques scéniques montréalaises (1940-1980), Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. « Socius », 2011, p. 17-123.

10. Une murale en céramique, réalisée par l’artiste Laurent Gascon et inaugurée le 30 août 2013, rend aussi hommage à Robert Gravel en tant que cofondateur de la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI) en 1977 ; elle est située dans l’arrondissement de Ville-Marie, rue Dufresne, à l’intersection de la rue Ontario Est.

11. Faute d’espace, je me garderai de revenir ici sur deux autres administrateurs-animateurs repérés dans la présente recherche, soit Pierre Boucher (1921-1973) et Ferdinand Biondi (1909-1998).

12. Nathalie Heinich, De la visibilité. Excellence et singularité en régime médiatique, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », 2012, p. 123.

13. Je tiens à remercier Patrick François qui m’a servi de chauffeur lors de mon équipée photographique dans les rues de Montréal, et dont quelques résultats illustrent le présent article. Pour prendre connaissance des entrées sur de nombreux créateurs nommés dans le présent article, voir le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois, sous la direction de Michel Vaïs, Montréal, Éditions Québec Amérique, 2008.

 

ADDENDUM et ERRATA

à l’article de Gilbert David, « Inscriptions théâtrales dans l’espace urbain : le cas de Montréal », Jeu : revue de théâtre, n° 149, 2013.4 , p. 74-87.

ADDENDUM

On a attiré mon attention sur un oubli dans ma recension des noms de rue attribués à des gens de théâtre à Montréal : il s’agit de Léopold Houlé qu’il faut donc ajouter aux résultats par arrondissements de mon enquête (p. 85) :

Arrondissement Rivières-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles

(5 désignations)

Avenue Léopold-Houlé (10/03/1982)

« Le dramaturge et essayiste montréalais Léopold Houlé (1888-1963) occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal La Patrie de 1913 jusqu’à sa nomination, en 1933, comme directeur des relations extérieures de Radio-Canada. Collaborateur auprès de plusieurs journaux et membre de nombreuses société culturelles, il est décoré des Palmes académiques en 1925, fait académicien en 1929 et reçoit le prix David en 1945. »

Cette notice qui figure sur le site du Répertoire historique des toponymes montréalais de la Ville de Montréal met l’emphase sur la carrière professionnelle et les titres de gloire de Léopold Houlé, sans les associer à des œuvres précises… Celles-ci, que ce soit la pièce Le presbytère en fleurs, une comédie publiée en 1929 et jouée plus de deux cents fois, ou l’Histoire du théâtre au Canada (1945), essai gratifié du prix David l’année de sa publication, n’ont certes pas survécu à leur époque, mais on aurait quand même pu en faire état dans la notice de l’auteur auquel on attribue le nom d’une avenue en 1982.

Cet ajout a, par ailleurs, quelques répercussions sur les données statistiques proposées dans l’article lui-même : le nombre total de désignations passe ainsi de 41 à 42 (p. 75), et celui des dramaturges, de 9 à 10 (id.); quant au nombre de désignations de l’arrondissement concerné, il enregistre une hausse de 4 à 5 (p. 85), ce qui le fait passer devant l’arrondissement de Ville-Marie resté à 4.

Gilbert DAVID

 

ERRATA

P. 78 : La légende de la photo doit se lire ainsi : « Vue sur le parc Denise-Morelle, rue Rivard, entre la rue Marie-Anne et l’avenue du Mont-Royal, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. »

P. 84 : La parenthèse sous le nom de l’Arrondissement de Ville-Marie aurait dû être libellée ainsi : « (4 désignations et 2 retraits) » ; cette dernière parenthèse a été erronément placée sous la section de l’Arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles (p. 85), laquelle est forcément modifiée par l’ajout signalé plus haut dans l’Addendum, et devient par conséquent : « (5 désignations) ».

 

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *