Nouvelles

13e Festival du Jamais Lu

Maude Chauvin

Pour cette 13e édition qui se déroulera du 2 au 9 mai, le Festival du Jamais Lu fera résonner au théâtre Aux Écuries des paroles brutes et authentiques. Pendant huit jours, des dramaturges offriront des textes inédits lors de lectures publiques. Au fil des 22 évènements du festival, 35 auteurs en provenance de 9 pays francophones prêteront leur souffle à la dramaturgie contemporaine. Au programme: paroles engagées venues de loin, cabaret théâtro-musical, lectures théâtrales inédites, évènements jeunesse, feux de camp de fin de soirée et discussions publiques autour de la pratique des auteurs.

La ligne éditoriale: «Donne-moi ton feu»

Véritable révélateur des questionnements et des turpitudes qui traversent notre époque, le Festival du Jamais Lu met en lumière le désir grandissant des auteurs de quitter l’opacité des villes pour rejoindre les vastes étendues du territoire où leurs paroles fauves se libèrent. Ce 13e Jamais Lu est pétri d’histoires incandescentes, de paroles debout, enracinées dans la terre. Les auteurs allument des brasiers dans des lieux endormis et espèrent y faire des rencontres authentiques et sublimes. Il n’est plus question ici de révolte, de désengagement ou de remise en question. L’objectif poursuivi se trouve au-delà de l’ici et maintenant. Il est plus franc, plus lumineux, plus poétique.

Véronique Côté, artiste invitée à la direction artistique

Après des codirections aux allures masculines et plus militantes, cette année la directrice du Jamais Lu, Marcelle Dubois tiendra la barre avec l’auteure, metteure en scène et comédienne Véronique Côté. Elle incarne une poésie tendre, voire lyrique, qui porte au cœur de ses envolées un engagement sans faille à l’égard de la puissance de la parole. Le Jamais Lu se laisse donc joyeusement contaminer par cette personnalité artistique chaleureuse. Partie prenante des spectacles et tournées de Wajdi Mouawad entre 2006 et 2012, la comédienne développe également une pratique d’auteure et de metteure en scène. Dernièrement, elle s’est illustrée en mettant en scène Scalpée d’Anne-Marie Olivier à l’Espace Libre (2013) ou encore en jouant dans Dévadé au Théâtre de la Bordée (2013).

Soirée des manifestes: la francophonie est en feu

Pour ouvrir le 13e Jamais Lu Marcelle Dubois rassemble sur scène 16 auteurs de 9 francophonies (Acadie, Belgique, Burkina Faso, Caraïbe, Comores, Congo, France, Québec et Suisse ) qui sont au cœur de collectifs formés pour faire contrepoint aux institutions de leur pays. Confidences, clichés déboutés, envolées poétiques s’entremêlent pour offrir une image contemporaine d’une francophonie en feu! Dans cet enchevêtrement, chacun livre le manifeste qui anime son collectif essence distillée de désirs politiques et artistiques. Ce rassemblement unique nous plonge au cœur de ce qui porte les auteurs depuis leur coin du monde, à se regrouper et à prendre la parole au cœur de leur cité.

Les lectures théâtrales: l’âme de la programmation

Au Jamais Lu, on vient d’abord voir des auteurs de la relève présenter leurs textes frais et inédits. Des comédiens les lisent, se les approprient avec passion, sous la gouverne de metteurs en scène soucieux de bien servir leurs auteurs. Un texte de théâtre peut prendre parfois plusieurs années avant de devenir une production complète; le Jamais Lu offre un accès brûlant à l’émergence des paroles: une fenêtre ouverte sur l’actualité des dramaturges.

Avec son stand-up poétique, La Soirée Papiers Mâchés, David Paquet se tient seul sur scène pour vous susurrer au creux de l’oreille ses contes, poèmes et histoires dans un assemblage inspiré de l’actualité. La langue fougueuse de Julie-Anne Ranger-Beauregard se met au service d’un duo-duel amoureux qui éclate comme un feu dans une maison. Ils sont quatre, un Français, trois Québécois: Jocelyn Lagarrigue, Isabelle Leblanc, Isabelle Roy, Richard Thériault. Avec Pâtisseries françaises de France, ils se lancent à l’eau et traversent l’Atlantique pour explorer les blessures non cicatrisées qui séparent la France et le Québec. Avec Fendre les lacs, Steve Gagnon continue son exploration de personnages plus grands que nature. Il nous amène au cœur d’une forêt dont la quiétude sera dérangée par la découverte d’un mystérieux cadavre. Entre mythologies anciennes et phénomènes inexpliqués, Raconter le feu aux forêts d’André Gélineau explore les superstitions modernes: qui est cet homme à la tête de chien dont tout le monde parle? Félix Beaulieu-Duchesneau présente une mise en lecture de sa bande dessinée Le Nombril du Monstre, un journal graphique, aux accents fantastiques, qui raconte son expérience de la paternité. Gabriel Robichaud nous entraîne sur un étrange bord de mer. Une étrangère s’y installe et devient propriétaire du Crow Bar… La table est mise pour une fable au réalisme magique envoûtant.

Soirée de clôture: La Fête sauvage

Pour clôturer cette 13e édition, Véronique Côté, rassemble sept auteurs (Sarah Berthiaume, Joëlle Bond, Steve Gagnon, Mathieu Gosselin, Justin Laramée, Hugo Latulippe et Francis Monty) et quatre musiciens (Jean-Alexandre Beaudoin, Vincent Carré et Chloé Lacasse, dirigés par Benoît Landry) pour créer une célébration qui rue dans les brancards. Les premiers écrivent des paroles de chanson, des poèmes, des mots qui libèrent et enflamment. Les seconds composent la musique, chantent, font vibrer le son des mots.

Les feux de camp de la francophonie

Le feu de camp est un lieu propice pour le partage de la parole. Nous avons imaginé six rendez-vous chaleureux où, en fin de soirée, les artistes internationaux du festival se livrent en toute intimité pour que se découvrent leurs univers singuliers. Chaque soir, à 22 heures, le public est invité à terminer la soirée, au coin du feu, en écoutant des contes, des histoires, des poèmes, des extraits d’œuvre en provenance des quatre coins de la francophonie.

Lectures jeune public

Cette année, le volet jeune public du Festival du Jamais Lu présente trois textes aux univers différents. Livrée par une équipe de comédiens professionnels, une œuvre collective, Ce que je vois, écrite par les élèves de 6e année de l’école Saint-Grégoire-le-Grand, est le fruit de plusieurs mois d’atelier d’écriture sous la supervision de Martin Bellemare. Une belle occasion de découvrir ce qui habite les imaginaires de la jeunesse du quartier Villeray. Puis Annie Ranger propose Jusqu’au sang ou presque, un texte destiné aux adolescents et dépeignant à la manière d’une émission d’enquête l’arrivée cocasse d’une «marâtre» dans la vie d’un jeune garçon. Enfin, l’auteure française Séverine Fontaine présente Regards, un autre projet pour adolescents. Cette lecture énergique et éclectique traite de la différence, du regard des autres sur celle-ci, et du chemin à parcourir pour s’en libérer. À cette programmation s’ajoute la traditionnelle présentation du texte lauréat de l’Égrégore (un concours intercollégial du meilleur texte dramaturgique, organisé par le RIASQ). Cette année, l’univers de Comme un poison dans l’aube de Laurie Léveillé sera mis en scène par Simon Boulerice, lui-même ancien lauréat de ce prix collégial. Autre occasion de rencontrer les auteurs et d’interroger leur travail: le Théâtre Le Clou orchestre une discussion ouverte portant sur l’autofiction et l’adolescence comme terreau fertile pour la création.

Communiqué de presse | Festival du Jamais Lu

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *