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L’Agora de la danse en automne 2014

Moteur insolent, art de l’éphémère, la danse contemporaine capte l’air du temps, se révèle courroie de transmission, nous construit et marque d’une empreinte indélébile notre salon privé des curiosités. Une nouvelle saison commence, c’est le temps de lentement s’immerger…

Du 23 au 26 septembre : Trois décennies d’amour cerné, de Thomas Lebrun

Le chorégraphe évoque l’un des bouleversements les plus significatifs pour le corps, l’apparition du sida dans les années 80. C’est toute une génération qui se réveille avec une gueule de bois monumentale, ne pouvant que constater l’inéluctable : les amours libres des décennies précédentes sont mortes. En quatre segments et avec cinq danseurs, Thomas Lebrun dissèque avec émotion l’impact du VIH sur nos comportements. Le risque rôde, implacable et dangereux. L’amour est suspect, encadré, cerné.

Du 8 au 10 octobre : Hors-Je, de Dominique Porte

Hantée par la peur de répéter encore et encore les mêmes schémas, de gestuellement radoter, Dominique Porte fait appel pour ce nouveau solo à une trentaine de personnes, danseurs et néophytes, à qui elle a transmis un phrasé chorégraphique en demandant à chacun de l’interpréter à sa façon. Ces fragments épars qu’elle fige sur vidéo, elle les endosse. Grâce à ce vol d’identité consenti, à tous ces êtres qui la nourrissent et qu’elle cannibalise, elle redéfinit ses propres limites, se déconstruit, marchant sur l’étroite ligne qui sépare ce qu’elle sait et ne sait pas faire. Par le prisme de l’autre, investie par le rythme et les nuances de tous ces corps, Dominique Porte peut finalement défier sa danse.

Du 22 au 25 octobre : Le délire domestique de Deborah Dunn

Elle met à mal le confort de la maisonnée avec sept solos construits comme autant de visions décalées, modernes et poétiques de l’univers féminin. Sept tableaux qui tordent le cou aux clichés et à la mémoire collective. Avec son extravagance coutumière, teintée d’insolence et d’absurdité, Deborah Dunn dévoile son intérieur, entre réalité et fantasme. Chacune leur tour, les interprètes s’emparent des petits gestes du quotidien pour exacerber la beauté de l’ordinaire. Dans une danse généreuse et évocatrice, chaque proposition vibre de la couleur et de la texture particulière qui lui sont associées. Cocktail détonant de minutie et d’invention, Le délire domestique capte l’intime, le peuple d’images surréalistes pour intensément célébrer la féminité.

Du 29 octobre au 1er novembre : Gustavia, de Mathilde Monnier et La Ribot

La chorégraphe française Mathilde Monnier et l’Espagnole La Ribot vous donnent rendez-vous avec Gustavia. Ces deux créatrices aux parcours impressionnants nous plongent dans un univers où l’esprit de Tati, Keaton, Chaplin et d’autres grandes figures du burlesque n’est jamais loin. Souffrant d’un profond dédoublement de la personnalité, Gustavia est un monde en soi, sombre et fou. Répétition, accident, techniques du renversement, du coup et de l’esquive, ce duo absurde et loufoque détourne à son compte toutes les techniques et ressorts propres au comique de situation. Sous l’apparente gratuité de mouvements, dans l’excès de parole comme dans son absence, se cache un désir d’aborder de grands sujets classiques et intemporels : la femme, la mort, le théâtre, la représentation, l’artiste. Gustavia est une œuvre drôle et percutante, une bouffée d’air frais.

Les 8, 9, 15 et 16 novembre : Tête-à-tête de Stéphane Gladyszewski

Muni d’un casque d’écoute et armé de sa seule imagination, le spectateur adopte la perspective de l’artiste comme on reçoit une confidence. Invité à insérer son visage à l’intérieur d’un masque incrusté dans un pan de mur, il voit son regard se concentrer comme lorsqu’on épie par le trou d’une serrure. C’est en confondant sa vision à celle de l’interprète que le témoin observe la mise en scène d’un homme se déployer devant lui. Tête-à-tête est un huis clos simple et ingénieux, une rencontre intime qui questionne l’identité, un spectateur à la fois. Quinze minutes de subjectivité assumée… sur rendez-vous seulement.

Du 12 au 15 novembre : 6,3 Évanouissements, de Catherine Tardif et Michel F. Côté

Catherine Tardif et Michel F. Côté convient à la danse six fidèles complices pour une carte blanche peu banale. À tour de rôle, ils sont sollicités comme interprètes et comme chorégraphes. Toujours sur scène, que ce soit en mineur ou en majeur, ils jouent, au gré des besoins, une partition à géométrie variable. Dans sa légèreté évanescente comme dans le poids du corps qui tombe, l’évanouissement est le seul impératif avec lequel ils doivent composer. Tout en finesse et en intelligence, des états de grâce tentaculaires se télescopent, fusionnent, rebondissent ou se heurtent loin de toute velléité virtuose. Entre pensées singulière et collective, un cadavre exquis irréel prend forme, se donne à voir issu des fantaisies mêlées de six créateurs aguerris. Une codiffusion de l’Agora de la danse et de Danse-Cité.

L’Agora de la danse c’est aussi un atelier pour non-danseurs Au cœur des œuvres de Louise Bédard les 26 octobre et 2 novembre. Nous vous invitons à passer du fauteuil à la scène en incarnant des extraits puisés à même l’imposant corpus d’œuvres chorégraphiques que Louise Bédard a créé au fil des ans. Dirigés par la chorégraphe, qui sera accompagnée par l’enseignante et répétitrice Ginelle Chagnon, les participants auront l’occasion d’éveiller en eux une sensibilité qui donne au geste une résonance particulière. Au terme de l’atelier, une présentation publique conviviale aura lieu, suivie d’une projection vidéo autour du répertoire de la compagnie Louise Bédard Danse. Une expérience rare et précieuse pour vivre la danse.

En parallèle au Laboratoire de l’Agora de la danse, l’exposition Territoires d’émotion de l’artiste visuelle Holly King sera présentée du 23 septembre au 1er novembre 2014.

Communiqué de presse // Agora de la danse

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