Entrevues

Jonathan Bernier, auteur autodidacte

Jean-Sébastien Caron

Jonathan Bernier vient de terminer sa première pièce, Danserault, qui va être lue à l’occasion de Dramaturgies en dialogue, le 25 août.

Après une formation universitaire à l’UQAM, pendant laquelle il avoue s’être « promené », passant de l’histoire au droit international, de la littérature aux relations internationales, il découvre le programme d’écriture de l’École nationale de théâtre, dont il suit les stages pendant deux ans : « Une expérience très encourageante, dit Bernier. Je voulais écrire, mais je ne savais pas comment. J’ai longtemps pensé qu’être auteur, c’était écrire dans son salon… »

Puis, il soumet une première version de sa pièce au CEAD, qui l’admet comme membre stagiaire. « Danserault, c’est l’histoire d’une famille, propriétaire d’un hôtel dans une station balnéaire, qui vit dans une petite communauté francophone, située dans un paysage anglophone. Le plus jeune des frères, Damien, revient après une absence de dix ans. Il avait quitté le clan après la mort du père. C’est un personnage un peu flou, dont on ne connaît pas grand chose, qui possède une personnalité insaisissable, et qui va semer la zizanie dans la famille. »

Pour écrire Danserault, Jonathan Bernier a d’abord été inspiré par les lieux : « Une station balnéaire, le bord de mer, les hôtels…Il m’a paru intéressant de parler des coulisses de ces communautés qui accueillent beaucoup de monde en saison mais qui restent désertes le restant de l’année. »

Son texte est le lauréat 2014 du prix Gratien-Gélinas, qui vient avec une bourse de 12 000 $ pour l’auteur, et une enveloppe de 15 000 $ à la compagnie qui mettra en scène le texte : « En tant qu’autodidacte, ça m’apporte une certaine reconnaissance, et un encouragement. Je peux espérer ainsi une suite pour mon texte… Même si, pour l’instant, il n’y a aucun projet précis. »

Il poursuit : « La bourse va m’aider à prendre du temps pour me consacrer à l’écriture. J’ai travaillé tout l’été sur un projet de coscénarisation avec le cinéaste Khoa Lê, qui voulait réaliser un documentaire dans lequel il y aurait des espaces de fiction. De retour du Viet-Nam, le projet est devenu un long métrage de fiction ! »

Apprivoisant le métier d’auteur, Jonathan Bernier « fait plusieurs choses à la fois ». Et, pour vivre, il travaille dans un restaurant : « Ce n’est pas très original, dit-il, mais c’est la réalité ! »

Danserault

Texte : Jonathan Bernier. Mise en lecture : Reynald Robinson. Au Théâtre d’Aujourd’hui, à l’occasion du festival Dramaturgies en dialogue, le 25 août 2014 à 19 h.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *