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Ils étaient quatre

Dans le texte riche et dense de Mathieu Gosselin et Mani Soleymanlou, à l’écriture duquel ont participé les interprètes, les personnages évoluent dans deux univers distincts, deux temporalités séparées. Entre leur présence à un party somme toute plutôt réussi et leur retour sur les événements qui s’y sont déroulés, le lecteur comprend qu’une frontière a été traversée, qu’un traumatisme mettant en péril leur amitié devra être surmonté.

Les quatre amis que sont les personnages de Jean-Moïse Martin, Éric Bruneau, Mani Soleymanlou et Guillaume Cyr évoluent dans un monde particulier, celui du spectacle, tout en devant affronter les mêmes problèmes que la majorité des hommes de leur génération. Pris dans un système où la séduction est gage de réussite, les quatre trentenaires vivent leurs dernières années d’insouciance avec une désinvolture qui paraît forcée, celle de ceux qui renoncent à certains rêves, de ceux qui rentrent dans le rang.

Si les responsabilités familiales et les aléas du couple pèsent sur Guillaume, le texte suggère également un rapport à la sexualité qui ne peut que résulter en une situation explosive. Réuni chez Emmanuel, le quatuor s’abandonne à l’ambiance de carnaval qui règne. L’alcool coule à flot, les drogues douces et moins douces circulent, et bientôt les quatre amis sont attirés par une jeune femme rousse, splendide, magnétique. Entre les fantasmes pornographiques de Mani, les élans de tendresse d’Éric et les angoisses de J-Mo, tout bascule. La pièce mène ses protagonistes au bout d’eux-mêmes, au bout de leur amitié, jusqu’à sa destruction.

Le texte direct et intelligent de Mathieu Gosselin et de Mani Soleymanlou permet à Ils étaient quatre d’aborder avec beaucoup de finesse une multitude de sujets difficiles. Malgré une langue réaliste et crue, les personnages se dévoilent avec pudeur, laissant transparaître tout ce que cette génération d’hommes ni tout à fait adulescents ni tout à fait adultes peut ressentir. Sans prétendre être un porte-étendard générationnel, cette pièce donne la parole à un éventail de voix que l’on entend peu, celle des «bons gars».

La pièce sera jouée à la Petite Licorne du 9 mars au 3 avril 2015. Le spectacle, produit par Orange Noyée, sera mis en scène par Mani Soleymanlou.

Communiqué de presse | L’instant même

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