En mars dernier, la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) m’invitait à prendre part à une discussion. Animé par Josiane Ouellet, rédactrice en chef du magazine Continuité et présidente de la SODEP, cet échange réunissait également Stéphane Despatie, directeur de la revue de poésie Exit, Thomas Hellman, porte-parole du Printemps des revues, et Nicolas Mavrikakis, critique en arts visuels.

Au cours de cette discussion, courte mais fertile, nous avons interrogé la place de la lecture, de la lenteur, de la culture et de la pensée dans nos vies, dont le rythme effréné laisse bien peu de place à autre chose que le travail et le divertissement béat. À mon sens, c’est une affaire de choix. Vivre, n’est-ce pas faire des choix, constamment ? Privilégier les arts, devant tout le reste, constitue une décision, une question de priorités. J’estime que nos choix, en matière de culture comme en matière de transport ou d’alimentation, sont politiques. Choisir un livre, un film, un spectacle, une revue ou un journal… c’est voter !

Aujourd’hui, tout le monde a une opinion et tient à la communiquer. Partout des émetteurs, et bien peu de récepteurs. À l’analyse et à la réflexion, on préfère les points de vue tranchés, les formules-chocs et les antagonismes souvent factices. Si j’aime autant le théâtre, c’est que je considère que les auteurs et les metteurs en scène sont parmi ceux qui résistent le plus férocement aux idées toutes faites. Un bon spectacle de théâtre est un pavé dans la mare, une remise en question des lieux communs ; ce n’est pas un plaidoyer ou une leçon, mais bien un carrefour d’idées contradictoires dans lequel le spectateur a un place à prendre, pas toujours confortable d’ailleurs.

La mission d’une revue culturelle a en commun avec celle de l’artiste cette possibilité intrinsèque de procéder à une lecture transversale des œuvres et du réel, une mise en perspective qui est encore plus essentielle alors que la profusion règne, à une époque que je n’hésite pas à appeler « l’ère des festivals ». Ainsi, Jeu s’adresse à celles et à ceux qui choisissent de ralentir la cadence pour consacrer du temps à la lecture d’une revue qui pourrait bien les aider à voir plus clair dans la tourmente.

C’est également la mission que nous poursuivons avec les Entrées libres, nos discussions publiques, qui seront dorénavant – c’est une promesse ! – plus fréquentes. Le 16 mars dernier, à la librairie Le port de tête, j’avais l’honneur d’animer la 60e Entrée libre de Jeu. Il était question des réseaux sociaux. Le 27 mai, au QG du FTA, Andréane Roy, stagiaire à la rédaction, animera la prochaine Entrée libre, qui portera sur la matière en scène. Si vous ne pouvez être des nôtres, sachez que les enregistrements de ces rencontres se trouvent sur le site de Radio Spirale.

 

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