Est-ce que nous en faisons assez pour le rayonnement du théâtre québécois à l’étranger ? Est-ce que nos gouvernements en font assez ? Et nos médias ? Est-ce que nos artistes, eux-mêmes, en font assez ? Ce sont des questions qui m’ont souvent traversé l’esprit durant mes récentes pérégrinations en Belgique, où le numéro 155 de la revue a connu un second lancement, et en France, où le festival Actoral battait son plein.

Les 12 et 13 septembre, au Rideau de Bruxelles, théâtre dirigé par Michael Delaunoy, on procédait à la lecture publique de pièces signées Sébastien Harrisson, Guillaume Corbeil, Olivier Sylvestre et Annick Lefebvre. Les rencontres étaient intimes mais chaleureuses. Une discussion à laquelle j’ai pris part portait un titre révélateur : « Les nouvelles dramaturgies québécoises vont-elles conquérir le monde ? » À Mons, du 17 au 27 septembre, la Maison Folie recevait 80 artistes québécois sélectionnés par Jasmine Catudal, codirectrice de LA SERRE — arts vivants. Parmi eux, Anne-Marie Ouellet, Frédérick Gravel, Étienne Lepage et Manuel Roque. Malheureusement, l’événement était mal publicisé, généralement froid et peu fréquenté.

Entre le 24 septembre et le 10 octobre, à Marseille, dans la programmation de la 15e édition d’Actoral, dirigé par Hubert Colas, figuraient Antonija Livingstone, Guillaume Corbeil, Félix-Antoine Boutin, Sophie Cadieux et le tandem Geneviève et Matthieu. Lors de ce festival d’envergure internationale, nos artistes n’ont pas tous fait salle comble, mais leurs réalisations ont obtenu de bons échos.

Aux manifestations précédemment citées, il faut ajouter les 32e Francophonies en Limousin et le premier Festival du Jamais Lu à Paris, où le Québec a occupé une place de choix. Pas de doute, nos artistes rayonnent. Tout de même, au risque de passer pour un trouble-fête, j’estime que nos créateurs ne jouissent pas encore d’une visibilité internationale qui soit à la hauteur de leur talent.

Pour faire rayonner notre théâtre, et même le réinventer, le relier encore plus franchement au reste du monde, ne faudrait-il pas miser sur le partage des ressources et des imaginaires, autrement dit opter pour un véritable travail d’équipe ? Autant je me méfie de la prolifération des coproductions dans les grandes institutions québécoises, autant je rêve de voir nos compagnies multiplier les coproductions internationales. Il y a déjà dans ce secteur des exemples heureux, notamment du côté du théâtre jeunes publics, mais nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements. Plutôt que d’organiser une « vitrine », un « focus » ou un « showcase » de plus, ne serait-il pas préférable de donner à nos compagnies aspirant à trouver une place sur le grand échiquier les moyens de coproduire leurs spectacles avec des compagnies françaises, belges, allemandes, japonaises ou congolaises ? Je lance la question.

En terminant, j’ai le plaisir de vous annoncer que nous avons deux nouveaux membres au sein de la rédaction : Gilbert Turp, fidèle collaborateur depuis 2008, qui nous offrira dorénavant ses lumières sur une base régulière, et Sara Dion, qui devient, au terme d’un brillant stage d’un an, membre en règle de notre équipe.

Je vous rappelle que Jeu aura 40 ans en 2016. Pour marquer le coup, nous préparons un palmarès, un top 40 qui célébrera le présent et donnera la parole à des artistes du théâtre québécois. Vous en saurez plus bientôt, mais sachez que notre projet est ambitieux et que c’est grâce à votre appui que nous l’entreprenons.

 

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