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Le Top 5 de la rédaction de JEU

À l’heure des bilans, des revues, des bye bye et autres traditions de fin d’année, JEU ne résiste pas au plaisir de l’exercice et vous propose son choix des cinq meilleurs spectacles de l’année 2015.

1 – Richard III – de Shakespeare, mise en scène de Brigitte Haentjens (Sibyllines/TNM)

Extrait de notre critique : « La performance de Sébastien Ricard est remarquable à tous les points de vue. Son Richard est tout à la fois retors et hypocrite, intelligent et sournois ; séducteur sans être séduisant, il est osé, brutal, et à certains moments presque fragile. Parfois chancelant, il peut laisser deviner quelque faille. Et physiquement, quel exploit ! Brigitte Haentjens signe ici une mise en scène intelligente, limpide. Dès l’apparition des personnages – nombreux –, on sent qu’elle est en contrôle et des personnages, qui avancent lentement, au pas, magnifiques dans leurs costumes sans âge, et de cet espace sobre et imposant à la fois, pensé par Anick La Bissonnière. Quand Richard sort du groupe, comme si celui-ci l’accouchait, on ne peut que voir dans cette image l’idée que ce Richard qui les fera trembler tous est en fait un des leurs. »

2 – Audition ou Me, myself and I – d’après Shakespeare, mise en scène d’Angela Konrad (La Fabrik / Théâtre de Quat’Sous)

Extrait de notre critique : « On ne s’ennuie pas un instant durant cette représentation de près de deux heures. Malgré le rendu sérieux et investi de plusieurs scènes de Richard III, celles du roi avec les femmes, la satire affleure à plus d’un moment. Les interactions des personnages entre ces scènes multiplient les clins d’yeux, dans une mise en abîme où l’on n’oublie jamais le comédien ou la comédienne jouant un acteur, une actrice en train de travailler un rôle, ce qui provoque souvent l’hilarité du public. […] Ainsi, l’approche somme toute très conceptuelle de la metteure en scène, la vraie, Angela Konrad, dévoile une richesse de signification très stimulante. À quand un grand plateau pour elle ? »

3 – Tartuffe – d’après Molière, mise en scène de Michael Thalheimer (Schaubühne / FTA)

Extrait de notre critique : « En notre époque où fleurissent les extrémismes religieux, le metteur en scène fait un parallèle avec l’époque de l’auteur, où les ecclésiastiques intégristes voulaient imposer leur pouvoir politique par une foi de façade. Sa lecture radicale donne des passages irrésistibles, telle la scène fameuse où le vieux Orgon se cache sous une table pour surprendre Tartuffe séduisant son épouse : ici, pas de cachette, Orgon assiste à la scène du haut de son fauteuil dans les airs, tous les autres personnages soi-disant « cachés » le long du mur, en position de prière musulmane, derrières relevés alignés côté jardin… »

4- La Divine Illusion – de Michel Marc Bouchard, mise en scène de Serge Denoncourt (TNM)

Extrait de notre critique : « L’ensemble de la représentation, soignée, économe dans ses effets, bénéficie du concours de concepteurs aguerris. Le metteur en scène, Serge Denoncourt, dont la sensibilité s’accorde à celle de l’auteur, a su tirer le meilleur de ses acteurs. Simon Beaulé-Bulman, en séminariste investi d’une mission, d’une drôlerie irrésistible, est la véritable révélation. Annick Bergeron, en mère ouvrière victime d’un système qui lui arrache ses enfants, et Éric Bruneau, en prêtre protecteur qui doit mentir pour éviter le scandale, sont parfaitement crédibles. Quand à Anne-Marie Cadieux, avec un rôle payant qu’elle arrive tout de même à transcender, elle permet de saisir la démesure du mythe Bernhardt. »

5 – Table rase – de Catherine Chabot et le collectif Chiennes, mise en scène de Brigitte Poupart (Collectif Chiennes / Transthéâtre / Espace Libre)

Extrait de notre critique : « Dans une logique féministe, Table Rase met adroitement en scène des discours de femmes sur la sexualité. Ceux-ci sont certes exubérants, mais il y a des contrepoints plus pudiques et surtout, la pièce propose un point de vue propre aux créatrices. […] Table Rase possède la grâce de la première création d’un collectif. Sans croire qu’il s’agit d’une recette, on décèle tout de même l’urgence qui fait colorier un peu en dépassant les lignes, une certaine envie de provoquer et l’engagement des créatrices convaincues de leur proposition. »

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