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Carrefour international de théâtre 2016 : Une édition sous le signe de l’ouverture et de l’humanité

Le rideau est tombé samedi sur la 17e édition du Carrefour international de théâtre qui a animé près d’une dizaine de salles de spectacle ainsi que cinq sites historiques du Vieux-Québec pendant 19 jours de festivités théâtrales à saveur locale, nationale et internationale.

En provenance de Rome, Bruxelles, Paris, Buenos Aires, Vancouver, Montréal et Québec, les productions proposées par le Carrefour ont été accueillies avec enthousiasme par le public, néophyte ou initié, à qui le Carrefour proposait de « parcourir le théâtre autrement », entre autres par l’entremise d’inspirants parcours thématiques de spectacles en salles et de propositions inédites.

Les 10 spectacles en salles de ce 17e festival ont connu un franc succès avec un taux d’occupation de 85 % : 19 des 32 représentations ont été présentées à guichet fermé, soit 60 %. Du côté du spectacle extérieur Où tu vas quand tu dors en marchant…? des dizaines de milliers de personnes ont déambulé dans les sites au fil des 9 représentations offertes, étonnés et ravis par la qualité et l’envergure du spectacle en plus de découvrir des beautés méconnues de Québec. On devra toutefois attendre les rapports officiels pour connaître les données de fréquentation exactes.

Une programmation qui suscite l’enthousiasme

Du 24 mai au 11 juin 2016, le Carrefour, sous la direction artistique de Marie Gignac, a proposé une programmation diversifiée, tant dans la forme que dans la provenance, qui a suscité l’enthousiasme des publics. Ceux-ci ont en effet adhéré en grand nombre à l’offre de spectacles qui leur était faite et ce, dès le dévoilement du 11 avril.

Tissée sur le fil conducteur du conte, la programmation 2016 a présenté une pléiade d’univers riches et inspirants, étonnants et émouvants. D’entrée de jeu, les festivaliers ont été littéralement conquis par Cendrillon, cette pièce qui était convoitée par l’équipe du Carrefour depuis quatre ans. Le public a ensuite dégusté un thé doux-amer en belle compagnie dans Les affinités électives, suivi les hauts et les bas de l’aventure de deux francophones sur la côte Ouest dans Straight Jacket Winter, et s’est fait servir un cocktail explosif sur la condition masculine dans Ils étaient quatre. Gala en a ému plus d’un avec sa célébration de la danse qui réunissait amateurs et professionnels, alors que Monia Chokri a livré une performance exceptionnelle dans l’étonnant Peepshow de Marie Brassard. Les pièces italiennes Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni et Reality ont respectivement relaté la crise économique en Grèce sous un angle inédit, et présenté 50 ans de vie consignés minutieusement, avec sensibilité, humour et une grande humanité. Las Ideas a transporté la foule dans une vertigineuse et ludique exploration du processus de création d’un spectacle, et finalement, Bibish de Kinshasa a fait vivre au public un voyage atypique et festif dans les souvenirs congolais de Marie-Louise Bibish Mumbu. Les festivaliers ont toutefois dû faire leur deuil de Murmures des murs, puisque, comme si le sort s’acharnait sur cette production, le spectacle a été annulé pour une deuxième année consécutive, l’an dernier en raison d’une blessure, et cette fois-ci en raison des grèves des transports en France.

La programmation du festival aura permis aux publics de se faire raconter des histoires, toutes sortes d’histoires. Le fil conducteur des « contes revisités » s’est décliné de toutes les façons, en empruntant différentes modalités de narration. Un des thèmes forts qui s’est dégagé du Carrefour est celui de l’intime. On peut également mentionner l’ouverture, à l’autre, à l’inconnu, l’éloge de l’inachevé, de l’imparfait, de l’erreur, ainsi que les migrations et immigrations, y compris les immigrants de l’intérieur. À noter aussi la mécanique théâtrale qui a été explorée, interrogée, secouée, prenant souvent pour objet ou pour sujet le processus créatif et la représentation théâtrale, donc le théâtre lui-même. On a assisté au bris du quatrième mur, à l’interpellation du public, voire à son incorporation dans le spectacle.

Où tu vas quand tu dors en marchant…?

Le désormais incontournable spectacle extérieur Où tu vas quand tu dors en marchant…?, dont la présentation est rendue possible grâce à la Ville de Québec, a pris fin samedi soir dans une atmosphère de fête. Des milliers de personnes ont profité du temps clément pour découvrir ou savourer encore les cinq tableaux présentés dans le Vieux-Québec, autour des fortifications. Le ludique parcours théâtral se déplacera vers de nouveaux lieux et sous une nouvelle forme en 2017 puisqu’il opère selon des cycles de création de deux ans. 

Les Chantiers – constructions artistiques

C’est 111 artistes et artisans de Québec et Montréal qui ont pris part aux 11 œuvres en devenir qui étaient au programme cette année. Véritables laboratoires de création, Les Chantiers – constructions artistiques ont fait salle comble. Dominique Violette, directrice générale du Carrefour, se dit heureuse de la place faite aux Chantiers, qui sont pilotés par de jeunes artistes de Québec très engagés dans le développement de leur art et ce, avec l’appui indéfectible de Premier Acte et de Première Ovation.

Une foule d’activités satellites

Le populaire café-bar du festival, le Zinc, situé à la salle Multi de la Coopérative Méduse, a accueilli les festivaliers lors d’une quarantaine d’activités satellites passionnantes et une dizaine de soirées thématiques endiablées. Artistes, artisans et festivaliers se sont ainsi retrouvés pour échanger, danser, chanter, jouer au ping pong et casser la croûte les soirs de spectacles. À nouveau cette année, la Sandwicherie Fastoche! a été une alliée importante dans ce succès en collaborant aux nombreux 5 à 7 et en rassasiant les personnes qui fréquentent le lieu de rendez-vous du festival.

Une trentaine de professionnels canadiens étaient réunis à Québec durant le Carrefour dans le cadre de l’assemblée annuelle de l’Association des théâtres Francophones du Canada (ATFC). Rencontres, laboratoires et remise de prix ont marqué leur séjour dans la capitale.

Une grande équipe

Les 10 productions présentées en salles dans le cadre du Carrefour 2016 et le parcours déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant…? ont réuni près de 600 professionnels des arts de la scène. Artistes, artisans, techniciens, responsables d’accueil et équipes de production se sont joints aux membres de l’équipe permanente du Carrefour pour donner forme au festival. À ceux-ci s’ajoutent près de 200 bénévoles qui ont cumulé 2403 heures de travail dévoué, apportant leur aide à 158 activités différentes. Le travail essentiel accompli par ces bénévoles de toutes les générations fut souligné dimanche soir. Un champion a même pu être couronné; ce bénévole a donné un total de 56 heures au festival en trois semaines tout en travaillant à temps plein! 

De belles nouveautés

Au chapitre des nouveautés, en 2016, le Carrefour a proposé aux festivaliers une nouvelle page Facebook dédiée à Où tu vas quand tu dors en marchant…?, qui a récolté plus de 5000 abonnés en deux mois seulement. Le Carrefour rassemble ainsi plus de 11 000 abonnés Facebook rejoignant un large public branché sur les réseaux sociaux. Greffé à cette nouvelle page, un concours photo, présenté en collaboration avec Gosselin Photo, a permis aux spectateurs d’immortaliser leur expérience du parcours en partageant leurs photos dans leur réseau. 

Plus que jamais le Carrefour sort des salles pour offrir à ses festivaliers une expérience complète avant, pendant et après les représentations. De nombreux restaurateurs de la ville ont aussi participé au festival en offrant des plats inspirés du grand parcours déambulatoire et la Bécane à bouffe est venue rassasier les spectateurs avant certaines représentations.

Communiqué de presse | Carrefour international de théâtre 

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