David Ospina

J’écris ces mots au lendemain du 24 octobre, encore sous le coup de la grande joie que m’a procurée cette soirée qui célébrait à l’Usine C les 40 ans de Jeu. Collègues, collaborateurs, lecteurs, abonnés et autres amis de la revue, vous avez été nombreux au rendez-vous, et cela nous est allé droit au cœur. Vos rires, vos sourires, vos applaudissements et votre enthousiasme, tout cela a rendu la fête mémorable. Vos nombreuses réactions positives à nos réalisations mettent du vent dans nos voiles. C’est bien simple, nos manches sont déjà retroussées pour la suite.

Je vous encourage à fréquenter le nouveau site Internet de la revue, à vous abonner à notre infolettre, à lire nos entrevues et nos critiques, à visionner les portraits vidéo du JEU des 40, un travail sensible, qui rend justice aux artistes qui sont entrés dans le confessionnal du réalisateur Jérémie Battaglia. Vous y découvrirez 40 créateurs (trices) : 10 auteur(e)s, 10 comédiens(ennes), 10 concepteurs(trices) et 10 metteur(e)s en scène de 40 ans et moins qui sont, selon nous, au cœur de leur pratique.

Je venais tout juste d’avoir 16 ans quand j’ai « rencontré » Guy Nadon pour la première fois. C’était au Théâtre Denise-Pelletier. Alors que j’attendais fébrilement que la pièce commence – L’Illusion comique de Corneille dans une mise en scène d’André Brassard –, le comédien, qui venait d’être nommé directeur artistique de la Nouvelle Compagnie Théâtrale, est soudainement apparu à l’avant-scène, dans les habits d’Alcandre, le magicien, celui qui démontre que la vie est un théâtre et le monde, une scène. Je me rappelle avoir trouvé admirable que Nadon, même s’il tenait un rôle dans la pièce, prenne le temps de s’adresser ainsi aux jeunes esprits afin de faciliter leur entrée dans l’un des chefs d’œuvre du XVIIe siècle. Ce jour-là, j’ai eu la piqûre, j’ai senti que le théâtre était entré dans ma vie pour de bon, j’ai eu l’intuition que j’allais en devenir un observateur attentif et passionné.

Ai-je besoin de vous dire que de voir à la une de Jeu Guy Nadon, grand comédien et précieux passeur, me comble de bonheur ?

Bonne lecture !

Formé en littérature à l'UQAR et en théâtre à l'UQAM, Christian Saint-Pierre collabore à JEU depuis 1999. En 2011, il est nommé rédacteur en chef et directeur de la revue. Il est aussi collaborateur du journal Le Devoir, depuis 2012, médiateur culturel et parfois chargé de cours à l'École supérieure de théâtre de l'UQAM. Collaborateur du journal Voir pendant huit ans, dont quatre à titre de chef de section, il a aussi été chroniqueur pendant trois des cinq saisons de l’émission du même titre présentée à Télé-Québec. De 2006 à 2014, il a été président de l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT).

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