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L’œuvre de François Barbeau immortalisée
 par la parution d’un livre et une acquisition par le Musée de la civilisation

C’est dans un TNM bondé qu’a eu lieu le lancement du livre François Barbeau, un flamboyant homme de l’ombre, œuvre de madame Andrée Lemieux. Le livre est édité par la Fondation Jean-Paul Mousseau, dont le mandat est de promouvoir et diffuser la création scénographique québécoise. Il se veut la réponse à la promesse faite à François Barbeau de pérenniser son œuvre et de la rendre accessible aux générations futures, à l’occasion de l’exposition François Barbeau, créateur de costumes, présentée au Centre d‘exposition de l’Université de Montréal en 2014 et dont madame Lemieux était la commissaire.

Ce projet a été rendu possible grâce à la réponse enthousiaste et à la générosité des 313 personnes qui se sont procuré le livre avant sa publication dans le cadre d’une campagne de socio-financement organisée cet automne en collaboration avec Ulule Canada. Mentionnons également qu’une trentaine de personnes et d’organismes ont aussi participé au financement du projet en achetant le coffret-souvenir François Barbeau produit en marge de l’exposition François Barbeau, créateur de costumes, pour lequel M. Barbeau avait produit une soixantaine d’esquisses préliminaires et maquettes finales des costumes d’une production fictive de la comédie musicale Un violon sur le toit.

C’est lors de cette soirée que Madame Katy Tari, directrice des collections du Musée de la civilisation du Québec, annonçait que des créations de monsieur Barbeau seront intégrées à la collection nationale du Musée.

François Barbeau, un flamboyant homme de l’ombre

Par sa longévité, sa vitalité créatrice, sa vision, son érudition, son enseignement, François Barbeau (1935-2016) a marqué profondément le métier de concepteur de costumes au Québec dont il est l’initiateur de pair avec le scénographe et concepteur de costumes Robert Prévost de quelques années son aîné.

Son bilan est colossal : sept cent cinq productions, incluant le théâtre, la danse, l’opéra, la comédie musicale, les variétés, le cinéma et la mise en scène. Si Kamouraska, Casse-Noisette, Les belles-sœurs, Léolo, Christine, la reine garçon, Les liaisons dangereuses, nous reviennent plus facilement en mémoire, il ne faut pas oublier toutes les autres productions pour lesquelles il a toujours travaillé avec la même rigueur. À cela il faut ajouter l’enseignement qu’il a pratiqué pendant vingt-neuf ans à l’École nationale de théâtre du Canada et au Département de communication de l’UQÀM.

À la suite de son décès en janvier 2016, cette œuvre ne devait pas tomber dans l’oubli. Son travail n’a jusqu’à maintenant jamais fait l’objet d’une publication. Le livre témoigne de son apport à l’art du costume, de sa curiosité, de son inventivité. Ouvrage de référence, cette publication contient aussi la liste de toutes les productions auxquelles il a participé, avec le nom de la compagnie, l’auteur et le metteur en scène ou le réalisateur.

Le livre est en vente via la Fondation Jean-Paul Mousseau au prix de 52,50 $ (taxes incluses)

Yves Renaud

Photo de Christine, la reine garçon (Magalie Lépine-Blondeau)

Les créations de François Barbeau intégrées à la collection nationale du Musée de la civilisation

La créativité de François Barbeau est éloquente et significative pour la mémoire collective des Québécois. Il est donc naturel qu’elle prenne place au sein de la collection nationale placée sous la gouverne du Musée de la civilisation.

Par l’intermédiaire de sa fille Valérie, une donation composée de 25 costumes de scène et de 190 vêtements de la collection de référence du créateur a été faite à l’institution muséale nationale. Le directeur général, Stéphan La Roche, a souligné que « cette acquisition est fabuleuse à plusieurs égards. D’une part, elle est porteuse de la passion de celui que nous considérons comme l’un des plus grands créateurs de costumes de scène du 20e siècle au Québec. D’autre part, on y perçoit l’incidence remarquable de son travail sur l’évolution des arts du spectacle vivant au Québec, de 1950 à aujourd’hui. La sauvegarde des éléments phares de ce secteur est importante pour la pérennité de notre patrimoine collectif. Elle fait partie des nouveaux axes de développement de nos collections ».

Jean Beaudry

François Barbeau à sa table de travail

Le Musée de la civilisation devient ainsi le seul musée au Québec à avoir le privilège de conserver les costumes de François Barbeau qui, quelques mois avant son décès, avait lui-même sollicité l’institution muséale pour proposer une donation. Comme il n’a pu voir l’exécution de son projet, c’est sa fidèle collaboratrice depuis 25 ans, sa nièce Josée Barbeau, qui a réalisé le travail de sélection en collaboration avec les conservateurs du Musée. Le dossier n’est pas entièrement clos puisque plusieurs compagnies de théâtre (notamment le Théâtre du Rideau Vert et le Théâtre du Nouveau Monde), ayant œuvré étroitement avec le célèbre costumier, ont accepté de poursuivre l’enrichissement de ce fond d’exception par des donations ultérieures.

En matière de protection du patrimoine, le Musée de la civilisation est une véritable référence en raison de ses normes de conservation très rigoureuses, notamment pour les textiles qui sont extrêmement fragiles et sensibles à la lumière.

Communiqué de presse |Fondation Jean-Paul Mousseau et Musée de la civilisation à Québec

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