Entrevues

Pascale Renaud-Hébert : les relations familiales en question

Éva-Maude TC

Après avoir participé au Festival du Jamais Lu à Québec, avec Sauver des vies (en position assise) en 2014 et Extérieur | Nuit | Un Subway à Amqui en 2016, Pascale Renaud-Hébert présente à Montréal une version plus aboutie de sa dernière pièce.

« J’ai toujours été fascinée par les gens qui disparaissent, dit l’auteure. Une amie travaillant pour une chaîne de télévision diffusant des photos d’individus disparus m’a raconté l’histoire d’un garçon activement recherché par sa famille. À un moment, le garçon a demandé qu’on arrête de diffuser sa photo parce qu’il n’avait pas disparu, il était parti volontairement et ne voulait pas que sa famille le retrouve. Cette histoire m’a vraiment troublée et m’a amené à m’interroger sur les liens que l’on peut tisser avec les membres de notre famille. »

L’idée de la pièce Subway est donc partie d’une interrogation : « J’ai voulu aller plus loin en me demandant comment on réagit quand on apprend qu’un membre de notre famille proche a choisi de disparaître parce qu’il ne nous aimait pas. » Pour sa précédente pièce, Sauver des vies, Pascale Renaud-Hébert avait déjà mené un travail de recherche sur le secret et les relations familiales : « J’ai une relation privilégiée avec mes parents et mes grands-parents. Ma famille est extraordinaire. Lorsque je constate que des amis sont plus ou moins éloignés de leurs parents, ça me questionne. Dans mon écriture, je vais explorer des choses qui sont à l’opposé de ce que je connais. Mes proches restent le centre de ma vie. Je veux les protéger et je ferais tout pour eux. Quand ils ne vont pas bien, c’est comme un peu une partie de moi qui ne va pas bien. Peut-être qu’écrire sur les difficultés des relations familiales me permet d’exorciser des peurs ou des angoisses. Je me souviens que lorsque j’étais petite, j’avais toujours peur que mes parents aient un accident et que je ne les vois plus. »

Plus que du théâtre, Pascale a plutôt l’impression d’écrire du cinéma, la pièce porte d’ailleurs le même titre qu’un film de Luc Besson : « J’écris des pièces hyperréalistes, parce que j’aime prendre la réalité et la transformer. Pour moi, écouter ma mère et ma sœur parler dans la cuisine, c’est déjà du théâtre. Personnellement, j’aime me faire raconter des histoires dans lesquelles je peux me reconnaître. Au théâtre, on a la chance de pouvoir vivre les mêmes émotions que celles que les acteurs sont en train de jouer. »

Présenter son travail au Festival du Jamais Lu est très important pour la jeune auteure, qui a terminé le Conservatoire d’art dramatique de Québec en jeu en 2014, mais qui reste déterminée à poursuivre son cheminement en écriture : « C’est intéressant pour moi de présenter un projet à Montréal, c’est comme un tremplin, et c’est l’occasion de faire découvrir mon travail à un nouveau public. »

Subway

Texte : Pascale Renaud-Hébert. Mise en lecture : Marie-Hélène Gendreau. Avec Olivier Arteau-Gauthier, Nancy Bernier, Jean-Michel Déry, Hugues Frenette et Pascale Renaud-Hébert. Aux Écuries, à l’occasion du Festival du Jamais Lu, le 12 mai 2017.

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