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Le Théâtre de Quat’Sous dévoile sa programmation 2017-2018

Julie Rivard

Le Théâtre de Quat’Sous a dévoilé sa saison 2017-2018, la première proposition d’Olivier Kemeid à titre de directeur artistique : « Habiter la maison à plusieurs : tel
 est le mot d’ordre. Nous ne serons jamais trop nombreux à tourner autour du buisson ardent, et tenter, avec les succès et les échecs que cela suppose, de rejoindre le cœur de la Cité. D’en amplifier les battements, d’en répandre les échos et qui sait, parfois, d’en deviner les futures angoisses…»

Trois actes fondateurs

Dans cet esprit, son premier acte, avant toute programmation de spectacles, a été de mettre sur pied un comité d’artistes associés. « Ces artistes sont liés aux saisons à venir, certes, mais se réunissent avant tout pour discuter librement, débattre, échanger, réfléchir. Créer un réel dialogue afin de dégager ce qui semble attiser le feu de la Cité. »

Son deuxième acte a été d’accueillir en résidence au long cours une compagnie avec laquelle il entretient des liens étroits depuis plusieurs années : le Théâtre PÀP. « Fer de lance de la dramaturgie québécoise, dénicheur de talents, défricheur d’auteurs, le PÀP et son capitaine Patrice Dubois viendront habiter la maison et participeront de plein fouet à la vie artistique du Quat’Sous. »

Le troisième acte a été de faire place aux voix essentielles de la Cité. Celle des femmes, celle des communautés autochtones et celle des artistes issus de la diversité culturelle. « Il y a des moments où la nécessité est telle qu’on n’a pas grand-chose à forcer. »

Maxime David, Le Séisme

À te regarder, ils s’habitueront

La rentrée de septembre sera marquée par À te regarder, ils s’habitueront, un grand élan inédit de réappropriation culturelle regroupant six metteurs en scène et douze artistes. Issus de la diversité, ils parcourront les grands textes ayant jalonné notre histoire. « Qui sommes-nous, qui sont les autres ? Quelle parole nous distingue, nous rassemble ? La couleur de la peau, les sonorités du langage, les valeurs de la terre d’origine influencent-elles notre perception des textes qui ont émaillé notre histoire ? Mais quelle est notre histoire ? » s’interrogent Kemeid et son acolyte Mani Soleymanlou. Du 5 au 30 septembre 2017.

Maxime David, Le Séisme

Sous la nuit solitaire

En novembre, les Trois Tristes Tigres proposent Sous la nuit solitaire, une série de tableaux saisissants sur nos enfers modernes, à la croisée de la danse et du théâtre. Estelle Clareton, Olivier Kemeid et sept interprètes façonnent cette marche lente inspirée des fantastiques gravures que Gustave Doré (19e siècle) a réalisées pour illustrer les enfers de Dante (14e siècle), le père de La Divine Comédie. «Acteurs et danseurs deviennent locuteurs d’un langage scénique singulier dans lequel l’harmonie du verbe fusionne à la poétique des corps », illustre l’idéateur du projet. Du 15 novembre au 2 décembre 2017.

Les barbelés

Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, le Quat’Sous s’associe au prestigieux théâtre de La Colline dirigé par Wajdi Mouawad et présente Les barbelés, un texte d’Annick Lefebvre, dans une mise en scène d’Alexia Bürger. Ce spectacle est porté sur la scène à Paris à l’automne 2017 avant de se déposer au Quat’Sous lors de la saison 2018-2019. Marie-Ève Milot y incarne une personne dont la bouche se referme irrémédiablement à coup de barbelés. Novembre 2018 à Paris. Saison 2018-2019 au Quat’Sous.

Maxime David, Le Séisme

Notre bibliothèque – À vos livres !

Au cœur de l’hiver, Christian Lapointe, entouré de pas moins de 24 lecteurs invités, s’empare de la scène avec Notre bibliothèque, À vos livres ! Quelques semaines avant le spectacle, les résidents du quartier sont invités à déposer un livre dans l’une des boîtes installées dans les environs du théâtre, constituant le combustible de ce happening brûlant. Dans une ambiance de veillée littéraire, les vaillants artistes relèvent le défi de la lecture à vue de ces textes qu’ils n’ont jamais lus, accompagnés de musiciens. Tous les livres retourneront ensuite dans les boîtes à livres du quartier, prolongeant la rencontre en un dialogue continu entre le théâtre, la littérature et la ville. Les 24, 25 et 26 janvier 2018.

Maxime David, Le Séisme

La déesse des mouches à feu

En mars, sous la gouverne du Théâtre PÀP, La déesse des mouches à feu, le succès littéraire de Geneviève Pettersen, prend vie entre les mains de Patrice Dubois, d’Alix Dufresne et d’un groupe de jeunes filles qui célèbre le caractère dur, enivrant et universel des pulsions adolescentes. Campé dans un Chicoutimi presque mythique, le voyage initiatique de Catherine, 14 ans, bat au rythme de tous ces dangers que l’on étreint à bras ouverts quand on a la vie devant soi. Olivier Kemeid précise : « C’est avec ce magnifique roman cru et incandescent, sur la jeunesse saguenéenne, que Geneviève Pettersen et le Théâtre PÀP « ressoudent » au Quat’Sous. Note pour les non-Saguenéens : ressoudre veut dire arriver quelque part de façon impromptue. » Du 5 mars au 30 mars 2018.

Maxime David, Le Séisme

Le Tigre bleu de l’Euphrate

Pour clore la saison en avril, Stéphanie Jasmin et Denis Marleau (UBU) s’associent au Théâtre de Quat’Sous et présentent Le Tigre bleu de l’Euphrate, un monologue fiévreux de Laurent Gaudé qui retrace les dernières heures d’Alexandre le Grand. Dans la peau du conquérant, Emmanuel Schwartz donne corps aux territoires infinis d’Alexandre, ceux de son intériorité comme ceux de ses conquêtes. « Il se confie à nous, hommes et femmes de tout temps aux prises avec l’ambition et l’appétit insatiable des triomphes. Sa plus puissante arme aura été le désir : celui des conquêtes militaires comme celui des batailles spirituelles » ajoute le directeur du Quat’Sous. Du 17 avril au 26 mai 2018.

L’Autre et moi

Ponctuant la saison de quatre rendez-vous, James Hyndman, lecteur envoûtant, revient cette année avec son complice Stéphane Lépine pour explorer le thème de l’altérité avec de grands auteurs français contemporains : Emmanuel Carrère, Laurent Mauvignier, Martin Winckler et Joël Pommerat. Trois lectures sont également prévues au Musée des beaux-arts de Québec.

La maison, la raison

En terminant, Olivier Kemeid nous rappelle qu’«habiter la maison à plusieurs, c’est habiter la saison à plusieurs, c’est aussi en ces temps troubles et irrationnels, habiter la raison à plusieurs. Le dictionnaire, bouée de sauvetage dans les flots déchaînés de la perte de sens, nous indique qu’il y a un terme exactement contraire à la Cité : le désert. Contre la désertification progressive de nos sociétés modernes, foisonnons, incubons, vivons. Je souhaite que le Quat’Sous soit le lieu des rencontres majeures, de l’ébullition artistique et intellectuelle. « Que ceux qui sont tentés par cette aventure ouvrent la porte : le Quat’Sous vous souhaite la bienvenue, c’est votre maison ».

Communiqué de presse | Théâtre de Quat’Sous

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