Nouvelles

Les arts et la théorie confrontés au réel

Everything / David O'Reilly

À l’Usine C, les 16 et 17 octobre 2017, sous la bannière des Entretiens Jacques-Cartier, l’UQAM et l’ENS de Lyon présentent, sous la direction de Josette Féral, Corinne Gendron, Angela Konrad et Anne Pellois, un colloque intitulé «Les Changements d’échelle (prise 2): les arts et la théorie confrontés au réel».

Notre relation au réel est soumise à l’usage d’échelles différentes qui rendent compte de notre saisie du monde environnant. Imposées par les lois de la perspective et les lois temporelles; notre saisie du monde passe par ces paramètres qui nous gouvernent, de façon consciente ou inconsciente. Ils répondent à une certaine mise en ordre du monde. Or, le domaine des arts vivants est le lieu par excellence où ces lois se trouvent remises en question tant du point de vue esthétique que politique.

Face aux défis de la biologie, de la mécanique quantique, du numérique, de l’urbanisme et de la démographie, qui imposent à la perception des jeux d’échelle qui parfois la dépassent, comment les arts participent-ils à la réorganisation du réel et entendent-ils recréer de l’organicité dans un environnement de plus en plus fragmentaire et réticulaire, celui d’un monde peut-être devenu «sans échelle»?

Le colloque souhaite proposer une réflexion sur ces questions d’échelle en plaçant les arts vivants (théâtre, danse, performance…) au centre de l’équation. Comme lieux d’expérimentation et de déconstruction des normes existantes, jouant avec les espaces (géographiques, sociaux, urbains), les variations temporelles, les questions économiques, utilisant des technologies différentes qui modifient les perceptions des interprètes et du public, les arts de la scène interrogent la notion de changement d’échelle de par leur nature même. La question du changement d’échelle permet d’interroger différentes dimensions du spectacle vivant.

La question spatiale: comment le spectacle travaille esthétiquement la question des échelles dans un espace par définition limité? Comment la scène s’empare de questionnements autour de la mise en rapport d’échelles extrêmes (l’infiniment grand et l’infiniment petit par exemple)? Comment, sur un tout autre plan, la question des échelles se pose lorsqu’il s’agit de transposer un spectacle dans un espace radicalement différent, qui n’est pas celui de la création?

La question intermédiale: quels sont les apports des technologies associées à la présence de l’interprète dans cette question des échelles? L’ouverture d’espaces virtuels potentiellement infinis induit-elle une forme de dilution de l’espace théâtral?

La question économique: la question des échelles peut-elle se travailler dans la perspective socio-économique inhérente aux pratiques professionnelles des arts de la scène?

La visée sociale: comment le spectacle vivant peut travailler à rendre perceptibles ces distorsions d’échelle? Peut-il contribuer à réparer les grands écarts (sociaux, économiques, géographiques) induits par ces variations?

La visée théorique: comment les exercices de changement d’échelle peuvent rendre visibles des réalités occultées et participer à la connaissance?

Différentes disciplines (hors disciplines artistiques) sont mises à contribution à des fins de remise en jeu des savoirs: la biologie et la parasitologie, qui côtoient l’infiniment grand et l’infiniment petit; le design et la question de son rapport évolutif à l’échelle humaine; la dialectique entre astrophysique et mécanique quantique; la géographie, qui côtoie les usages artistiques de la cartographie; l’architecture; et les sciences sociales, dont les problématiques s’ancrent dans des échelles particulières (régimes de gouvernance, culture, acceptabilité sociale…).

Inscription en ligne obligatoire. Informations et programme complet.

Communiqué de presse | UQAM

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *