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Les Barbelés et J’accuse (version belge)

Julie Artacho

Viennent de paraître chez Dramaturges Éditeurs: Les Barbelés et J’accuse (version belge), deux pièces d’Annick Lefebvre.

Les Barbelés

Quand un être humain réalise que des fils barbelés lui poussent dans le corps, que sa gorge et sa bouche en seront bientôt envahies, l’empêchant peu à peu de parler, c’est alors que surgit l’urgence de la parole. Dire les derniers mots de l’ultime heure de sa vie, tant qu’il est encore temps. Les mots trop longtemps censurés, les mots qui débordent. Le choix de se taire, aussi.

«Ça nous attaque quand on se censure devant quelqu’un, c’est ça? Ça nous assaille quand on agit pour ménager notre vis-à-vis? Ça nous condamne à cause de ça! Vraiment? Je souffle sur mes plaies pour les aider à cicatriser. C’est parce que je vous aime que je me censure, que je m’efface pis que je me dissous. Pis si je veux continuer de décortiquer les mécanismes de notre amour pendant qu’on se bourre dans la bûche à l’érable, je peux aussi parler du bébé d’amour qui vous a récemment transformés en grands-parents. Parce qu’on n’y échappe pas, maman, parce qu’on n’y échappe pas, papa, depuis la naissance de mon enfant, à ce gros crisse de bonheur sale qui sévit quand on se voit pis qu’on danse des slows devant le sapin de Noël, qu’on s’empiffre de dinde aux canneberges pis qu’on déballe des montagnes de cadeaux.»

J’accuse (version belge)

À Bruxelles, non loin du Mont des Arts… il y a la Fille qui encaisse, qui est vendeuse dans une boutique. Il y a la Fille qui agresse, qui dirige une PME. Il y a la Fille qui intègre, qui est technicienne de surface. Il y a la Fille qui adule, qui est une fan inconditionnelle de Lara Fabian. Puis il y a la Fille qui aime, qui est écrivaine. Que des filles qui s’expriment par instinct de survie.

Diplômée de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM en 2003, Annick Lefebvre est entre autres l’auteure des pièces Ce samedi il pleuvait et La machine à révolte, de même que du recueil de textes Périphéries, illustré par Vincent Partel. Sa pièce J’accuse, lauréate du Prix auteur dramatique BMO du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, a aussi été finaliste du Prix de la critique de l’AQCT, du prix Michel-Tremblay et des Prix littéraires du Gouverneur général, en 2015. Annick a également été choisie comme protégée de l’auteur Olivier Choinière au prix Siminovitch 2014.

Communiqué de presse | Dramaturges Éditeurs

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