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Oleanna cet été à Sutton

Jules Cloutier Lacerte

Raymond Cloutier tente une expérience audacieuse cet été: Oleanna de David Mamet sera à l’affiche de la Salle Alec et Gérard Pelletier de la charmante ville de Sutton, pour une vingtaine de représentations, du 6 juillet au 4 août. Un nouveau rendez-vous pour les amateurs de théâtre de partout.

Dans la foulée de #moiaussi, Raymond Cloutier a souhaité monter ce texte prémonitoire. Il signe une mise en en scène toute en aspérité pour en étaler un contenu dense et explosif, une lutte à finir entre John, le professeur qu’il incarnera et Carol, son étudiante interprétée par Gwendoline Côté. Oleanna plonge au cœur d’un combat sanglant et sans issue qui opposera la jeune étudiante exigeant un traitement juste et une instruction sans ambiguïté, à ce professeur paternaliste et ambitieux pérorant sur l’inutilité d’une éducation supérieure pour tous. Les enjeux sont majeurs et les protagonistes se butent à une impossibilité de se comprendre l’un l’autre. Les destins de cette étudiante exigeante et intraitable et de ce professeur ambigu et satisfait seront changés à tout jamais.

Dans ce huis clos se dessine une réflexion, sur les abus de pouvoir et d’autorité, sur la pertinence de l’accès à l’éducation supérieure et sur la perception des harcèlements psychologiques et sexuels. David Mamet titre sa pièce, Oleanna, du nom d’une chanson folklorique évoquant une colonie paradisiaque qui vit dans un village utopique. Mamet choisit spécifiquement ce nom pour dénoncer les tenants d’une société où tout est propre, sans tâches, où la perfection est la norme.

«En ces temps de surveillance chirurgicale des comportements, j’ai trouvé pertinent de remettre à l’avant-plan ce récit dangereux et cruel. Je cherche à créer une conversation autour de ce grand mouvement de dénonciation des harcèlements sexuels et psychologiques. Quand tout devient blanc ou noir, il est important d’ouvrir le voile sur les nuances, sur les perceptions. Chaque histoire a une réalité. Certaines méritent un châtiment, d’autres méritent l’analyse. Banaliser les abus, si mineurs soient-ils n’est simplement pas acceptable. Et du même coup, justifier les dérives au nom d’une purge salutaire, nous rappelle des moments sombres de l’histoire.» – Raymond Cloutier.

Communiqué de presse | Salle Alec et Gérard Pelletier

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