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Une Journée mondiale du théâtre à saveur franco-ontarienne

théâtre franco-ontarien

Pour souligner la Journée mondiale du théâtre, qui se tient le 27 mars, Théâtre Action (TA) appuie les festivités prenant place à travers l’Ontario, notamment à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins (Ottawa), au Théâtre français de Toronto (Toronto) ainsi qu’au Théâtre du Nouvel-Ontario (Sudbury). Il présente fièrement le Mot du théâtre franco-ontarien rédigé cette année par Pierre-Antoine Lafon Simard, directeur artistique du Théâtre du Trillium.

Des activités à travers la province

Pour souligner la Journée mondiale du théâtre de demain, plusieurs activités auront lieu à travers la province. À Ottawa, à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins d’Ottawa, un lunch ainsi que des lectures de messages signés par des personnalités en théâtre se tiendra dès 12 h. En soirée, le spectacle attendu Ce qu’on attend de moi sera présenté dès 19h30. À Toronto, une soirée en formule 5 à 7 se tiendra au Théâtre français de Toronto, lors de laquelle divers mots seront lus par des artistes de la communauté théâtrale franco-ontarienne. Enfin, du côté de Sudbury, une soirée 5 à 7 aura lieu dans le Foyer du Théâtre du Nouvel-Ontario. Au menu, lectures de mots, performances des étudiants du Programme de théâtre de l’Université Laurentienne, suivi d’une expérience d’écriture ludique dans le cadre de l’Écritoire bricolée, ouverte à tous les membres de la communauté.

Le Mot du théâtre franco-ontarien

Théâtre Action contribue à la Journée mondiale du théâtre en offrant aux mordus des arts de la scène le Mot du Théâtre franco-ontarien. Cette année, l’auteur de ce texte est Pierre-Antoine Lafon Simard, comédien, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre du Trillium. Ce mot est également disponible en version audio via le balado Transistruck ainsi que sur les plateformes numériques Apple Podcasts, Google Podcasts et Spotify, grâce à une collaboration avec Transistor Media.

Notre théâtre est l’alphabet amoché d’une grammaire conquise où se conjugue un passé compliqué.

Notre province est scène où les aiguilles sont devenues épées.

Notre théâtre décore les murs de ses villages de paroles protégées par la loi.

Notre langue est un territoire chien que jappe la meute d’hommes invisibles.

Notre théâtre est mine où s’extrait nos blues, tumeur au cœur de la Wanapitei.

Notre peuple est acteur et s’interprète des Frenchtown dans la fissure de sa fiction.

Notre théâtre réanime cent fois un art mort toujours vivant.

Notre identité, avalée des villes reines, règne encore sur le nouvel Ontario.

Notre théâtre, Cabano Canada, est devenu Vox populi de ses enfants de la vieille 17.

Notre Littérature s’éclate sans peine la nuit sur nos étangs de Kap.

Notre théâtre brille comme le grand livre nickel.

Notre Histoire est un paysage, vallée de cicatrices, à la paix relative.

Notre théâtre est une leçon de noyade qui tisse le testament de ses couturiers.

Notre place est une chanson où se lamente la lune au nord de notre pays.

Notre théâtre est un corps, livré pour vous, dans les rues d’Ottawa.

Notre relève qui s’éparpille, fait le bateleur aux cent bornes de la Transcanadienne.

Notre théâtre est la tangente qui touche au cœur les petits bonheurs de notre Oréalité.

Mon théâtre est une lutte, un combat, un futur antérieur pour se souvenir.

Mon public est curieux et nouveau et divers et fidèle; il est communauté.

Mon théâtre, à nous, il a pignon sur rue au coin de la Main de nos imaginaires et de nos identités.

Mes artistes sont polychromes et Gaillard, fils bien aimés dans le même bateau d’amour de cul.

Mon théâtre se Strip en folie furieuse de feluettes de fucking festivaux.

Mes spectacles voyagent, défendent et s’exilent, criant haut et fort qu’ici aussi.

Mon théâtre essaye de dire le dit des discours de ceux qui viennent d’ici.

Mes scènes sont des contes urbains quand se lève la rue Rideau.

Mon théâtre et son doux parfum de plein sera encore là quand la mer reviendra.

Alors, à toi qui dis que nous n’existons pas… ou pas assez.

Qui nous compte en piasses et non en chœur.

Laisse-moi te dire que nous avons dans le creux des mains une chanson.

Pas celle de Roland, mais celle des Rogers.

Laisse-nous te montrer notre p’tit bout de stage, nos paysages humains, nos carnets du ciel.

Tire-toi une petite bûche qu’on se parle dans le casque.

Qu’on te raconte qui on est, qu’on se prenne la parole, qu’on parte en Cano… Parce que comme le dit le poète : « je viens d’un pays ou le mot engagé veut dire que tu t’es trouvé une job » Et…tout travail mérite Paiement.

Notice biographique de l’auteur

Diplômé du département de théâtre de l’Université d’Ottawa en 2004, du Conservatoire d’art dramatique de Québec en interprétation en 2007 et du programme de mise en scène de l’École nationale de théâtre du Canada en 2009, Pierre-Antoine est directeur artistique du Théâtre du Trillium depuis 2016. Tout au long de son parcours artistique, Pierre Antoine signe la mise en scène de plusieurs spectacles, dont plus récemment, M.I.L.F., Moon Mission, Mon corps livré pour vous, et bientôt Néon Boréal. Il concentre aujourd’hui ses activités autour de la création, la diffusion et l’exploration artistique en art vivant.

Communiqué de presse | Théâtre Action

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