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Entrer ailleurs au Théâtre Denise-Pelletier

Théâtre Denise-Pelletier Programmation 2019-2020

Claude Poissant, directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier a composé la saison 2019-2020 avec des rêves, des exigences, des revendications, un peu de larmes, pas de sang, juste assez de mystère. En 2019-2020, alors que le nouveau millénaire est au cœur de sa jeunesse, la révolte est palpable, sonore, obligée, elle est un chant de survie, ni naïf ni innocent. Le théâtre le sait, le saisit, le travaille, l’interprète, en dessine la quête, en trace la conquête. Et aller au théâtre, c’est aussi sortir de nous-mêmes pour entrer ailleurs et flairer l’air du temps. Passé, présent et futur.

À la Salle Denise-Pelletier du TDP, du 25 septembre au 19 octobre 2019, la saison s’ouvre sur Le meilleur des mondes de Guillaume Corbeil (Cinq visages pour Camille Brunelle, Tu iras la chercher, Unité modèle), d’après l’œuvre d’Aldous Huxley. Dans ce classique de la littérature d’anticipation du XXe siècle, paru en 1932, Huxley invente une humanité qui érige le bonheur en droit universel, une dictature qui aurait les apparences d’une démocratie. Mais y a-t-il quelque chose de pourri au royaume du Bonheur ? L’auteur Guillaume Corbeil et le metteur en scène Frédéric Blanchette (Tribus, Trahison, Consentement) feront dialoguer ce récit avec notre époque et son horizon de promesses piégées. Avec Ariane Castellanos, Benoît Drouin-Germain, Mohsen El Gharbi, Kathleen Fortin, Simon Lacroix et Macha Limonchik.

Du 6 novembre au 4 décembre 2019, Les Amoureux du créateur de la comédie italienne moderne Carlo Goldoni, que dissèque la metteure en scène Catherine Vidal (Le grand cahier, Le miel est plus doux que le sang, L’idiot), sous la traduction précise d’Huguette Hatem, et dans une maison où l’on savoure en secret les disputes. Avant de quitter sa Venise natale pour Paris en 1762, fuyant le traditionalisme, Goldoni imagine le plus joyeux des conflits, celui des amours naissantes et entêtées. Soupçons, jalousie, précarité financière sont les armes de cette comédie où le ridicule ne dissout jamais la plombée des vrais sentiments. Avec Simon Beaulé-Bulman, Éric Bernier, Isabeau Blanche, Sofia Blondin, Catherine Chabot, Vincent Côté, Maxime Genois, Gabriel Lemire, Anglesh Major et Olivia Palacci.

À l’affiche du 5 au 29 février 2020, Zoé, une création d’Olivier Choinière (Félicité, Chante avec moi, Ennemi public, Manifeste de la Jeune-Fille, Jean dit), inspirée du mouvement étudiant de 2012. Au cœur d’une grève générale, Zoé obtient d’un juge une injonction obligeant ses professeurs à lui enseigner. Son professeur de philosophie est alors contraint, sous peine de payer une lourde amende, de lui donner son cours, à elle seule, et ce, pour toute la session. S’amorce alors un duel entre deux conceptions du monde aux antipodes l’une de l’autre. L’auteur et metteur en scène Olivier Choinière s’attaque ici au rôle de l’éducation et rend un vibrant hommage à l’enseignement de la philosophie, en posant au passage quelques questions fondamentales. Avec un tandem de choc : Marc Béland et Zoé Tremblay-Bianco. Une coproduction Théâtre Denise-Pelletier et L’ACTIVITÉ.

Du 18 mars au 15 avril 2020, on mord dans un sujet toujours vif avec Les sorcières de Salem chef-d’œuvre d’Arthur Miller, écrit en 1953 pour dénoncer le maccarthysme et son climat de terreur. Miller fonde sa pièce sur les évènements entourant un procès de sorcellerie en 1692 à Salem, au Massachusetts. En 2020, Les Sorcières de Salem soulève de nouveaux questionnements. Comment raconter de nos jours une histoire où des jeunes filles portent de fausses accusations ? Ce récit en serait-il un de renversement des pouvoirs ? Dans cette adaptation fluide et novatrice de Sarah Berthiaume (Yukonstyle, Nyotaimori) et sous l’œil de la metteure en scène Édith Patenaude (1984, Oslo), la liberté de parole est rendue aux sorcières, mystérieuses et fortes de leur insoumission. Avec Anna Beaupré Moulounda, Adrien Bletton, Luc Bourgeois, Maude Boutin St-Pierre, Larissa Corriveau, Éveline Gélinas, Nora Guerch, Emmanuelle Lussier-Martinez, Etienne Pilon, Andrew Shaver et Mani Soleymanlou.

À la Salle Fred-Barry

« Êtes-vous heureux ? En quoi votre bonheur est-il lié au travail ? » Quatre comédiens trentenaires et la metteure en scène Justine Lequette reprennent les questions-clés qu’autrefois les cinéastes Edgar Morin et Jean Rouch posaient aux passants, aux ouvriers, aux étudiants et aux immigrants dans Chronique d’un été, film phare du cinéma-vérité. Succès du Festival Off d’Avignon à l’été 2018, J’abandonne une partie de moi que j’adapte, qui tourne toujours en France et en Belgique, se révèle d’une finesse aussi irrésistible que son titre est fécond. Du 28 août au 7 septembre 2019. Écriture collective et interprétation : Rémi Faure, Benjamin Lichou, Jules Puibaraud et Léa Romagny. Une production de Création Studio Théâtre National Wallonie-Bruxelles en coproduction avec le Group NABLA.

Du 24 septembre au 12 octobre 2019, L’État de Normand Canac-Marquis dans une mise en scène de Martine Beaulne. À la veille des élections, le ministre de la Sécurité publiques exerce des pressions sur l’éditorialiste Solange Speilmann au journal L’État, dans l’espoir de faire mentir les sondages défavorables au gouvernement en place. En coulisse de l’information, un duel s’engage entre Solange et le rédacteur en chef, autrefois son amoureux. Faut-il céder ou se muer en kamikaze de la vérité ? Avec Josée Gagnon, Monique Gauvin, Robert Lalonde et Louise Laprade. Une production du Théâtre La Rubrique (Saguenay).

À l’affiche du 29 octobre au 9 novembre 2019, grand succès du FTA 2018, Autour du lactume, conception, collage de textes de Ducharme, Corneille, De Lautréamont, Nelligan et Rimbaud, et mise en scène de Martin Faucher. En 2017, après la mort de Ducharme, est publié Le Lactume, 198 dessins qu’il a réalisés à 23 ans, accompagnés de légendes ducharmiennes où il commente ses révoltes, constats et rêveries au cœur d’un Québec en pleine révolution. Sur scène, une table de travail, des dessins, de la musique et la comédienne Markita Boies que Ducharme aimait tant. Martin Faucher orchestre un moment ludique et poétique, lumineux et intimiste, empreint d’un immense amour pour la vie, la mort, l’art et l’écrivain disparu. Production Jamais Lu.

Suivra, du 19 novembre au 7 décembre 2019, Le poids des fourmis de David Paquet dans une mise en scène de Philippe Cyr, aux commandes d’une farce politique hallucinée, radiographie de nos angoisses collectives. Catalysés par l’espoir qu’ils pourront changer les choses, Jeanne et Olivier s’affrontent dans une campagne électorale pétrie de discours enflammés, de collusion, d’expéditions ninjas et d’ost*e de licornes. Après Les Haut-Parleurs et Antioche, le Théâtre Bluff offre le troisième opus de sa résidence au Théâtre Denise-Pelletier. Avec Nathalie Claude, Gaétan Nadeau, Élisabeth Smith et Gabriel Szabo.

Pour débuter l’année 2020, un face-à-face entre des humains fragilisés et l’univers parallèle des super-héros. Le sixième sens réunira sur scène six comédiens et des personnes souffrant d’un état de stress post-traumatique (ESPT). Pirata Théâtre continue de provoquer des rencontres rares sur scène entre comédiens professionnels et interprètes « en périphérie de la majorité ordinaire ». Avec, entre autres, Nathalie Claude, Mathieu Leroux, Xavier Malo, Joseph Martin, Véronique Pascal et Annie Valin. Du 21 janvier au 8 février.

Du 18 février au 7 mars 2020, le Théâtre P.A.F. présente Guide d’éducation sexuelle pour le nouveau millénaire d’Olivier Sylvestre (La beauté du monde, noms fictifs), qui signe ici une œuvre franche, directe et ancrée dans un passé qui brûle encore de tous ses doutes. Août 1999. La fin du monde est proche, et celle du secondaire aussi. L’ombre du bogue de l’an 2000 plane sur les désirs d’Oli et So. Gabrielle Lessard (Déterrer les os, ICI) assure la mise en scène. Avec Chloé Barshee, Samuel Brassard et Guillaume Rodrigue.

Après Muliats et Là où le sang se mêle, la compagnie Menuentakuan, qui entame une résidence à la Salle Fred-Barry, présente Alterindiens, la toute première traduction française de la pièce alterNatives, de l’auteur objiwé Drew Hayden Taylor. Lui, c’est un jeune homme rêvant d’écrire le premier best-seller de science-fiction autochtone; elle, d’origine juive, de quinze ans son aînée, enseigne la littérature autochtone. Menuentakuan réunit de nouveau autochtones et allochtones pour pointer les préjugés et dynamiter les idées reçues. Charles Bender signe la traduction de cette sitcom politique et Xavier Huard la mise en scène. Avec Geneviève Beaudet, Charles Bender, Violette Chauveau, Marco Collin, Stéphanie Héroux-Brazeau et Étienne Thibeault. À l’affiche du 31 mars au 18 avril 2020.

Pour Le Scriptarium 2020, du 23 avril au 8 mai 2020, la parole des adolescents se perdra dans les dédales des musées pour y trouver quelque chose d’imprévu. À la tête de deux institutions muséales majeures du Québec, les commissaires invités Nathalie Bondil, du Musée des beaux-arts de Montréal, et Jean-Luc Murray, du Musée national des beaux-arts du Québec, ouvriront les portes de leurs collections à une jeunesse qui carbure déjà au pouvoir de l’image. L’art visuel se mire ainsi dans l’art vivant, immédiat, et le geste théâtral sort soudain de la toile. Monique Gosselin mettra en scène les textes écrits par des auteurs adolescents. Une production du Théâtre Le Clou, en collaboration avec le TDP et le Théâtre jeunesse Les Gros Becs.

Communiqué de presse | Théâtre Denise-Pelletier

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