JEU des 40

Pour fêter les 40 ans de JEU, nous avons imaginé… un jeu. « Le JEU des 40 ». Une sorte de tarot, un jeu qui contient non pas 52 ou 78 cartes, mais bien 40 : 10 sont consacrées aux auteur(e)s, 10 aux metteur(e)s en scène, 10 aux concepteurs(trices) et 10 aux comédien(ne)s.

Dans cet ensemble, il n’y a pas d’ordre, pas de numérotation, aucune hiérarchie. Seulement 40 déclarations d’amour à des artistes du théâtre québécois, autant d’hommes que de femmes qui nous rendent fiers et qui ont en commun d’avoir 40 ans ou moins, mais surtout d’être au cœur de leur pratique.

Pour les sept membres de la rédaction de JEU nés entre 1946 et 1987 ! –, c’est l’occasion de mettre en lumière la force vive de notre théâtre : le talent des artistes, leur élan créateur, la singularité et la nécessité de leur geste. C’est le cadeau que nous nous offrons pour nos 40 ans. Le cadeau que nous vous offrons.

Cette marque de reconnaissance, nous le souhaitons ardemment, fera voyager la parole et les accomplissements des artistes au Québec et à travers la francophonie. 

Les portraits vidéo du JEU des 40 ont été réalisés par Jérémie Battaglia.

Auteur(e)s

Eugénie Beaudry

Biographie

Née en 1979

Formée à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, 2003

Réalisations marquantes : Gunshot de Lulla West (le Laboratoire, 2011), Le Trou (le Laboratoire, 2014), Simone et le whole shebang (Jean-Simon Traversy, le Laboratoire, 2016).

Si elle écrit, c’est pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas, pour visiter d’autres réalités et inventer des petites tragédies du quotidien. Ses personnages sont déracinés, désemparés, profondément humains et souvent plus grands que nature, mais jamais désespérés, enfin, pas complètement. Son théâtre est fait de rencontres improbables et signifiantes, qui bouleversent, éclairent, stimulent. Elle s’interroge sur le monde, sans toutefois trouver des réponses à ses questions. Qu’importe, elle veut embellir la vie et, pour cela, s’arrange pour dénicher la lumière dans l’obscurité.

 

Sarah Berthiaume

Biographie

Née en 1983

Formée à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, 2007

Réalisations marquantes : Yukonstyle (Martin Faucher, Théâtre d’Aujourd’hui, 2010), Nous habiterons Detroit (Julien Gosselin, Actoral Marseille et Montréal, 2014), Selfie (Philippe Cyr, L’Homme allumette 2015).

D’entrée de jeu, la force de l’écriture emporte tout, comme un torrent. Plus réelle que réaliste, sa plume a la texture de la peau. Il y a des pores entre ses mots qui laissent respirer les acteurs, et penser les spectateurs. Puis, la force de ses personnages vous saisit au ventre, mais tout doucement, car l’auteure ne veut pas vous faire mal. Son théâtre prend son temps, il avance sans longueur, il s’offre sans complaisance, il frappe sans rechercher l’effet. Elle parle du monde, et le monde est pesant. S’arracher à cette pesanteur ne se fait pas sans déchirement du corps, sans cri du cœur.

Fanny Britt

Biographie

Née en 1977

Formée à l’École nationale de théâtre, 2001

Réalisations marquantes : Honey Pie (Claude Poissant, Espace libre, 2003), Couche avec moi (c’est l’hiver) (Geoffrey Gaquère, Théâtre PÀP et Théâtre la Bordée, 2006), Bienveillance (Claude Poissant, Théâtre PÀP et À tour de rôle, 2012).

Dès ses premières pièces, l’auteure a su, avec ses dialogues vivants, incarnés dans le présent et exprimant le désarroi, les rêves brisés et l’humour salvateur de sa génération, séduire un large public. Se nourrissant de doute, d’incertitude sur son travail, mais aussi sur le monde dans lequel elle évolue, cette sentimentale, mais qui déteste les épanchements et la joliesse, a appris à désamorcer tout apitoiement par l’humour et l’autodérision. Gageons que son sens de l’ironie et sa finesse d’observation n’ont pas fini de nous captiver.

 

Guillaume Corbeil

Biographie

Né en 1980

Formé à l’École nationale de théâtre, 2011

Réalisations marquantes : Cinq visages pour Camille Brunelle (Claude Poissant, Théâtre PÀP, 2013), Tu iras la chercher (Sophie Cadieux, Espace GO, 2014), Unité modèle (Sylvain Bélanger, Théâtre d’Aujourd’hui, 2016).

C’est un obsédé textuel, qui sans cesse revient sur le même thème, creusant le sillon qui fait de lui un des auteurs les plus prometteurs. Son dada ? La notion d’identité : l’identité morcelée par les réseaux sociaux, massacrée par le quotidien, corrompue par les standards publicitaires. Ses personnages se rassemblent et se reconnaissent dans la poursuite de leur image, réelle, fantasmée ou virtuelle. Ils rêvent d’une autre vie, peut-être pas nouvelle, mais légèrement décalée. Ainsi, son œuvre est une éloge de la fuite… dans une autre ville, un autre regard, une autre image.

Rébecca Déraspe

Biographie

Née en 1983

Formée à l’École nationale de théâtre, 2010

Réalisations marquantes : Deux ans de votre vie (Jacques Laroche, les Biches pensives, 2011), Le merveilleux voyage de Réal de Montréal (Jacques Laroche, Théâtre Bouches Décousues, 2014), Peau d’ours (Sébastien Gauthier, Petit Théâtre du Nord, 2014).

Elle pratique l’écriture avec une grande finesse, un soupçon de cynisme et beaucoup d’empathie pour ses personnages. Elle se définit comme une romantique avec le sens de l’autodérision. Ses textes, à la fois caustiques et légers, cinglants et tendres, parlent de l’amour, des couples, des femmes, sans tomber dans la caricature ou les clichés. Qu’elle écrive pour les adultes ou le jeune public, elle pose des questions, sans chercher à tout prix de réponse. Son regard sur le monde, immense et éperdu, séduit par son authenticité, en toute simplicité.

 

 

Steve Gagnon

Biographie

Né en 1985

Formé au Conservatoire d’art dramatique de Québec, 2008

Réalisations marquantes : La Montagne rouge (sang) (Frédéric Dubois, Théâtre des Fonds de Tiroirs, 2009), En-dessous de vos corps, je trouverais ce qui est immense et ne s’arrête pas (Théâtre de la Manufacture, 2013), Fendre les lacs (Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline, 2016).

Son écriture évoque celle du poète mal peigné qu’on appelait Gérald Godin. S’y déploient une sensibilité virile et un besoin d’amour si vif qu’il en devient exigeant, si tendre qu’il en devient douloureux, si grand qu’on pourrait craindre de ne pouvoir l’embrasser tout entier. Son théâtre se donne, se retient, se garroche par-delà les sujets qu’il aborde. Il parle toujours de quelque chose d’autre que ce qui est dit. À nous de prendre et d’entendre cette voix si entière. À lui de nous inviter à l’accompagner sur le chemin qu’il ouvre.

Annick Lefebvre

Biographie

Née en 1980

Formée à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM, 2004

Réalisations marquantes : Ce samedi il pleuvait (Marc Beaupré, le Crachoir, 2013), J’accuse (Sylvain Bélanger, Théâtre d’Aujourd’hui, 2014), La Machine à révolte (Jean Boillot, Le Préau/NEST Théâtre, 2015).

Elle n’a pas froid aux yeux ni la langue dans sa poche. On l’aime pour ses coups de gueule ravageurs, ses prises de position engagées et son humour à l’emporte-pièces. Elle sait dire tout haut ce que bien des féministes pensent tout bas. Pas surprenant que sa compagnie s’appelle le Crachoir. Ses personnages ragent, revendiquent, crient, agressent, adulent. Des femmes aux prises avec un instinct de survie qui, comme elle, veulent s’exprimer pour (tenter de) faire avancer les choses. Elle devrait être comme l’eau que l’on boit : déclarée source naturelle et d’intérêt public.

Jean-Philippe Lehoux

Biographie

Né en 1982

Formé à l’École nationale de théâtre, 2009

Réalisations marquantes : Napoléon voyage (Philippe Lambert, Théâtre Hors Taxes, 2014), Normal (Philippe Lambert, Théâtre Hors Taxes, 2015), Le Chant du koï (Sylvain Scott, Théâtre le Clou, 2015).

Des carnets qu’il a remplis au cours de ses nombreux voyages autour du monde, l’auteur a tiré la substance de pièces autobiographiques, donné naissance à un alter ego qu’il interprète lui-même, mettant ainsi à profit sa nature timide et maladroite, toujours drôle et tendre. Mâtinés d’intellectualisme de bon aloi, ses récits aux anecdotes savoureuses se doublent d’une réflexion sur le voyage, où il cherche à sortir du point de vue touristique pour aller à la rencontre de l’autre, de l’humain si semblable peu importe la contrée.

Étienne Lepage

Biographie

Né en 1979

Formé à l’École nationale de théâtre, 2007

Réalisations marquantes : Rouge gueule (Claude Poissant, Théâtre PÀP, 2009), L’Enclos de l’éléphant (Sylvain Bélanger, Théâtre du Grand Jour, 2010), Logique du pire, avec Frédérick Gravel (Festival TransAmériques, 2016).

Avec une plume acérée comme un poignard, fustigeant l’injustice et le statu quo, ses textes mettent en scène des personnages animés de pulsions, sur lesquels il ne porte aucun jugement moral. Également traducteur, il écrit aussi bien avec un chorégraphe que pour les marionnettes. Pour lui, la parole peut être provocatrice, dangereuse ou brutale, comme elle peut se révéler libératrice. Mais plutôt que d’asséner de grandes vérités, il préfère déstabiliser et susciter la réflexion en jouant sur l’ambigüité, faisant appel à l’intelligence du spectateur.

 

David Paquet

Biographie

Né en 1978

Formé à l’École nationale de théâtre du Canada, 2006

Réalisations marquantes : Porc-épic (Patrice Dubois, Théâtre PÀP, 2010), 2 h 14 (Claude Poissant, Ad Vitam, 2010), Papiers mâchés (Le Crachoir, 2015).

Prêt à toutes les audaces, l’auteur a donné des œuvres éclatées, libres et innovatrices, à la fois drôles et grinçantes, exprimant avec un humour unique le mal de vivre et l’espoir d’en sortir. À travers ses personnages outranciers, ses dialogues souvent déjantés, on entrevoit une quête de sens et une fragilité, une tendresse pour ces êtres désorientés. L’auteur se dit avant tout intéressé à raconter des histoires. C’est ainsi qu’il tâte également du conte et de la poésie, soucieux de rejoindre un public large, intergénérationnel.

Comédien(ne)s

Émilie Bibeau

Biographie

Née en 1980

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, 2002

Réalisations marquantes : Hamlet (William Shakespeare, Jean Marc Dalpé, Marc Béland, Théâtre du Nouveau Monde, 2011), Albertine, en cinq temps (Michel Tremblay, Lorraine Pintal, Théâtre du Nouveau Monde, 2014), Variations sur un temps, de David Ives, Maryse Warda, Eric Jean, Théâtre de Quat’Sous, 2015).

Au fil des ans, la comédienne a montré qu’elle était apte à jouer aussi bien le comique de situation que la folie tragique. Chaque fois, que ce soit dans une œuvre classique ou une création, sa personnalité forte teinte ses interprétations. Enfant de la balle née à Québec dans une famille de marionnettistes, amoureuse des mots, elle aime creuser les œuvres dans lesquelles elle s’investit avec passion. En scène, sa présence forte, la précision de son jeu, lui permettent de créer des personnages inoubliables.

 

Sophie Cadieux

Biographie

Née en 1977

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, 2001

Réalisations marquantes : Cette fille-là (Joan McLeod et Olivier Choinière, Sylvain Bélanger, Théâtre du Grand Jour, 2004), La Fureur de ce que je pense (Nelly Arcan, Marie Brassard, Espace GO, 2013), 4.48 Psychose (Sarah Kane et Guillaume Corbeil, Florent Siaud, les Songes Turbulents, 2016).

Elle appartient à cette lignée d’actrices qui portent mille femmes en elles. Elle semble traversée par la vie de ses personnages, comme s’il lui suffisait de leur faire de la place pour qu’ils s’installent tout naturellement. On ne s’ennuie jamais quand elle est sur scène, on la suit en vivant le voyage comme une occasion de goûter à des paysages nouveaux et mystérieux. La rencontre aura lieu, c’est promis, mais pas comme on l’attend. Car elle a du mystère et tandis qu’elle joue, et qu’elle est, en même temps, jouée, on ne peut qu’être surpris, touchés, déjoués.

Véronique Côté

Biographie

Née en 1980

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Québec, 2002

Réalisations marquantes : Forêts (Wajdi Mouawad, Au carré de l’hypoténuse et Abé carré cé carré, 2006), Attentat (Gabrielle Côté et Véronique Côté, Théâtre [mo], 2014), Fendre les lacs (Steve Gagnon, Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline, 2016).

C’est une voix, un corps, une présence, un rapport multiforme à la scène, à la parole, à l’engagement et aux conflits dramatiques. La poésie frappe son regard, mais c’est elle qui nous la désigne, comme un nouvel horizon. Comédienne, auteure et metteure en scène, la femme de théâtre est lunaire, elle réfléchit la lumière du monde et nous la renvoie, tout en nous donnant envie de découvrir sa face cachée. Les théâtres qui lui ont ouvert les portes savaient-ils qu’elle allait leur offrir la lune en retour ?

 

Francis Ducharme

Biographie

Né en 1981

Formé à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, 2003

Réalisations marquantes : L’Imposture (Evelyne de la Chenelière, Alice Ronfard, Théâtre du Nouveau Monde, 2009), Cinq visages pour Camille Brunelle (Guillaume Corbeil, Claude Poissant, Théâtre PÀP, 2013), On ne badine pas avec l’amour (Alfred de Musset, Claude Poissant, Théâtre Denise-Pelletier, 2015).

Véritable bête de scène, fervent amateur de multidisciplinarité, le comédien excelle dans toutes sortes d’aventures scéniques. Son jeu physique, sa conviction renversante, son énergie brute et son impudeur, parfois dans des œuvres à l’esthétique subversive, ne l’empêchent pas de se distinguer aussi par son intériorité et la justesse d’une interprétation nuancée. Cet artiste fougueux, qu’on retrouve toujours là où on ne l’attendait pas, semble prendre un plaisir fou à brouiller les conventions et à promouvoir un renouveau des langages scéniques.

Catherine Larochelle

Biographie

Née en 1977

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Québec, 2001

Réalisations marquantes : Le Sang des promesses (Wajdi Mouawad, Au carré de l’hypoténuse et Abé carré cé carré, 2009), Vie et mort du Roi Boiteux (Jean-Pierre Ronfard, Frédéric Dubois, Théâtre des Fonds de Tiroirs, 2009), Billy (Les jours de hurlement) (Fabien Cloutier, Sylvain Bélanger, Théâtre du Grand Jour, 2012).

Qu’elle interprète les grandes pièces du répertoire ou défende des écritures contemporaines, elle sait tirer le meilleur de son jeu et se faire remarquer au sein d’imposantes distributions. Drôle, exquise, déjantée, sensible, elle donne à chacun de ses personnages relief et aplomb, élégance et crédibilité. Son jeu physique, ses ruptures de ton toujours bienvenues font d’elle une comédienne efficace et sans flaflas, qui sait dynamiser l’esprit, catalyser le désir, toucher le cœur… et brûler les planches !

 

Benoît McGinnis

Biographie

Né en 1978

Formé à l’École nationale de théâtre, 2001

Réalisations marquantes : Avec Norm (Serge Boucher, René Richard Cyr, Théâtre d’Aujourd’hui, 2004), Britannicus (Jean Racine, Martin Faucher, Théâtre Denise-Pelletier, 2006), Hamlet (William Shakespeare, Jean Marc Dalpé, Marc Béland, Théâtre du Nouveau Monde, 2011).

Acteur fougueux, il s’est rapidement imposé sur nos scènes. Se frottant au répertoire aussi bien qu’à la création, il a incarné avec brio de nombreux personnages excessifs, gagnés par la folie et les déchirements de la jeunesse dans un monde trop dur. Abordant ses rôles avec un souci du concret, y plongeant sans préjugé, il aime se perdre dans des univers troubles, entraînant le public avec lui. On loue la contemporanéité de son jeu, qui repose sur le travail du texte, du geste, sur une façon de faire table rase des conventions.

 

Alice Pascual

Biographie

Née en 1986

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, 2009

Réalisations marquantes : J’accuse (Annick Lefebvre, Sylvain Bélanger, Théâtre d’Aujourd’hui, 2015), On ne badine pas avec l’amour (Alfred de Musset, Claude Poissant, Théâtre Denise-Pelletier, 2015), Fredy (Annabel Soutar, Marc Beaupré, Porte Parole, 2016).

Guidée par l’émotion, cette capacité de l’humain à ressentir et à faire ressentir, la comédienne fait lentement son chemin dans un métier qui semble l’avoir choisie plus que le contraire. D’abord attirée par le désir de raconter des histoires, d’en écrire, elle découvre celui de jouer au théâtre alors qu’elle étudie au cégep, où déjà on acclame son talent. Toujours en quête d’approfondir et de découvrir de nouvelles facettes du jeu, elle plonge dans des œuvres de factures contrastées, où sa force, mélange de retenue et d’éclat, se dévoile.

Étienne Pilon

Biographie

Né en 1979

Formé à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, 2014

Réalisations marquantes : Bob (René-Daniel Dubois, René Richard Cyr, Théâtre d’Aujourd’hui, 2008), Frankenstein (Mary Shelley, Nick Dear et Maryse Warda, Jean Leclerc, Théâtre du Trident/Théâtre Denise-Pelletier, 2013), Après (Serge Boucher, René Richard Cyr, Théâtre d’Aujourd’hui, 2016).

Il aime les personnages tourmentés, pour ne pas dire torturés, auxquels il prête son jeu intense, tragique, chaque fois d’une grande justesse. Stimulé par les défis plus grands que nature, il sait prendre les risques qui s’imposent quand il s’agit d’interpréter des écorchés de la vie, des marginaux, des brûlés de l’âme. Il promène sa nonchalante élégance du théâtre de répertoire au théâtre de création avec la même aisance. Quel que soit le rôle auquel il s’attaque, il fait dans la dentelle et touche au cœur, de son personnage comme du spectateur.

Éric Robidoux

Biographie

Né en 1977

Formé à l’École nationale de théâtre, 2005

Réalisations marquantes : Un peu de tendresse bordel de merde ! (Dave St-Pierre, 2006), Oxygène (Ivan Viripaev, Élisa Gravelot, Tania Moguilevskaia et Gilles Morel, Christian Lapointe, Groupe de la Veillée, 2013), Un tramway nommé Désir (Tennessee Williams et Paul Lefebvre, Serge Denoncourt, Espace GO, 2015).

À sa sortie de l’école, plutôt que de jouer les jeunes premiers, il préfère s’engager aux côtés de chorégraphes. Des chemins de traverse qu’il sillonne pendant six ans, avant de revenir au théâtre, sans pour autant cesser d’explorer de nouveaux territoires. Acteur fétiche de Christian Lapointe, il participe à ses aventures symbolistes et contemporaines qui mettent en lumière ses qualités d’interprète. Danseur, comédien, chanteur, il se dégage de lui une sensualité féline et un charisme envoûtant.

 

 

Emmanuel Schwartz

Biographie

Né en 1982

Formé à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, 2004

Réalisations marquantes : Forêts (Wajdi Mouawad, Au carré de l’hypoténuse et Abé carré cé carré, 2006), Caligula_remix (Albert Camus, Marc Beaupré, Terre des Hommes, 2010), En attendant Godot (Samuel Beckett, François Girard, Théâtre du Nouveau Monde, 2015).

Évoluant dans les sphères les plus audacieuses de la création contemporaine, le comédien, également auteur et metteur en scène, est certes l’un des plus inspirés et des plus investis de sa génération. Sorte de touche-à-tout génial, il brûle les planches dans des prestations remarquables, souvent osées, intenses, repoussant les limites de l’interprétation jusqu’à l’impudeur. Toujours à l’affût de la vérité, l’acteur-créateur ne laisse jamais indifférent, si bien que sa présence au sein d’une distribution apparaît maintenant aux yeux du public comme un gage de bouleversement.

Concepteurs(trices)

Julie Basse

Biographie

Née en 1989

Formée à l’École nationale de théâtre du Canada (2013)

Réalisations marquantes : #PigeonsAffamés d’Anne-Marie White (Théâtre du Trillium, 2015), Un animal (mort) de Félix-Antoine Boutin (Création Dans la chambre, 2016) et Siri de Laurence Dauphinais et Maxime Carbonneau (La Messe Basse, 2016).

Fidèle collaboratrice de certains des plus avant-gardistes metteurs en scène de théâtre, cette conceptrice d’éclairages s’aventure également avec talent du côté de la danse, de l’opéra et de la musique populaire. Inspirée par tout ce qui l’entoure, au théâtre, au musée ou dans la rue, toujours en quête de justesse, elle emploie la lumière sur scène afin d’orienter le regard, d’instaurer des atmosphères enveloppantes, de susciter l’angoisse ou le réconfort, mais aussi de sublimer l’espace, de donner à l’instant une fulgurance, un caractère unique, inoubliable.

 

Patrice Charbonneau-Brunelle

Biographie

Né en 1981

Formée à l’École nationale de théâtre du Canada (2006)

Réalisations marquantes : Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll, Hugo Bélanger, Théâtre Tout à Trac, 2008), Le ishow (Les Petites Cellules Chaudes, 2013), 1984 (George Orwell, Robert Icke et Duncan Macmillan, Guillaume Corbeil, Édith Patenaude, Théâtre du Trident et Théâtre Denise-Pelletier, 2015).

Tout en développant une riche esthétique réaliste en théâtre jeunes publics, le scénographe voit à collaborer à d’autres productions qui lui permettent d’épouser une certaine abstraction. Ses conceptions, parfois de véritables expérimentations scéniques s’édifiant en même temps que les autres aspects de la représentation, sont nourries par des recherches sur les mécanismes de l’hypnose, les neurosciences et les mystères de la perception. Elles s’appuient sur une savante utilisation de l’écran et, plus largement, des codes du cinéma.

Elen Ewing

Biographie

Née en 1981

Formée au cégep de Saint-Hyacinthe (2002)

Réalisations marquantes : Mommy (Olivier Choinière, L’Activité, 2013), Les Deux voyages de Suzanne W. (Marc Lainé, La Boutique Obscure et Espace GO, 2015), Pélleas et Mélisande (Maurice Maeterlinck, Christian Lapointe, Théâtre du Nouveau Monde, 2016).

D’abord conceptrice de costumes, elle signe aussi très souvent la scénographie et les accessoires des spectacles sur lesquels elle travaille. Elle apprécie tout particulièrement l’idée de contribuer à une œuvre qui ne peut naître que des efforts conjugués d’une collectivité. Débrouillarde, pleine d’imagination, elle affirme trouver une grande motivation dans ses échanges avec les autres. Ses réalisations, pétries de références historiques, esthétiques ou sociologiques, se distinguent tout en étant toujours au service de la représentation.

 

Romain Fabre

Biographie

Né en 1977

Formé à l’École nationale de théâtre, 2003

Réalisations marquantes : Je voudrais me déposer la tête (Jonathan Harnois, Claude Poissant, Théâtre PÀP, 2007), Moi, dans les ruines rouges du siècle (Olivier Kemeid, Théâtre d’Aujourd’hui, 2012), 4.48 Psychose (Sarah Kane, Guillaume Corbeil, Florent Siaud, Les Songes turbulents, 2016).

Quand il dessine l’espace, c’est pour que les comédiens puissent l’habiter, le hanter. Ainsi le théâtre lui permet d’élargir son horizon, de concrétiser l’abstrait, de fabriquer quelque chose de plus grand que lui, même s’il faut pour cela flirter avec l’imprévu. Il se dit accoucheur d’idées, qu’il met au service du metteur en scène, en pensant à créer une complicité avec le public. Étonnantes, ses scénographies sont des écrins qui magnifient le jeu et amplifient le texte, afin de – peut-être – révéler la beauté du monde…

Max-Otto Fauteux

Biographie

Né en 1984

Formé à l’École nationale de théâtre, 2010

Réalisations marquantes : Blanche-Neige et La Belle au bois dormant (Elfriede Jelinek, Martin Faucher, Espace GO, 2010), Unité modèle (Guillaume Corbeil, Sylvain Bélanger, Théâtre d’Aujourd’hui, 2016), Tartuffe (Molière, Denis Marleau, Théâtre du Nouveau Monde, 2016).

Oui, il aime le théâtre, mais il n’hésite pas à lui être infidèle, en s’offrant des excursions créatives du côté de la danse, du cinéma ou des installations in situ. Figuratifs ou abstraits, bâtis ou déconstruits, les espaces qu’il imagine s’inspirent de la nature, de l’architecture, de l’art contemporain. Il privilégie les lignes pures et les matériaux transparents, qui lui permettent de déjouer les perspectives… et les attentes du public. Ainsi, ménageant la surprise, il n’en finit pas de nous surprendre.

 

Odile Gamache

Biographie

Née en 1989

Formée à l’École nationale de théâtre, 2013

Réalisations marquantes : Koalas (Félix-Antoine Boutin, Création Dans la chambre, 2014), Un animal (mort) (Félix-Antoine Boutin, Création Dans la chambre, 2016), J’aime Hydro (Christine Beaulieu, Philippe Cyr, Porte Parole et Champ Gauche, 2016).

Ses univers poétiques, oniriques ou architecturaux agissent sur le destin des personnages, en les plongeant dans le confort ou le danger, dans le concret ou l’abstrait, dans l’action ou la paralysie. Plutôt que d’imaginer un décor, elle s’attache à concevoir un lieu où tous les possibles peuvent se rencontrer. Constamment en recherche, elle privilégie l’aventure au quotidien, quand découverte et apprentissage sont au rendez-vous. Entre le rêve et la réalité, elle refuse de choisir, poursuivant sa quête de nouveaux langages et de nouveaux espaces à conquérir, à illustrer, à sublimer.

Jean-François Labbé

Biographie

Né en 1977

Formé au Conservatoire d’art dramatique de Québec, 2002

Réalisations marquantes : C.H.S. (Christian Lapointe, Théâtre Péril et CINAPS, 2007), Mes enfants n’ont pas peur du noir (Jean-Denis Beaudoin, La Bête Noire, 2014), Sauvageau, Sauvageau (Yves Sauvageau, Christian Lapointe, Théâtre d’Aujourd’hui, 2015).

Qui se ressemble s’assemble ? Fidèle collaborateur de Christian Lapointe, il a l’intensité et la créativité chevillées au corps. Qu’il signe, au fil des créations, les décors, les lumières ou les costumes, l’exigence artistique qui est la sienne est toujours présente. Il a su, au fil des nombreux spectacles auquel il a participé, développer un langage scénographique singulier, qui sculpte l’espace, sert le texte et traverse les personnages. Concepteur généreux, il partage depuis plus de 10 ans sa passion avec les étudiants des cégeps de la région de Québec.

 

Geneviève Lizotte

Biographie

Née en 1981

Formée au Cégep de Saint-Hyacinthe, 2002

Réalisations marquantes : Le Malade imaginaire (Molière, Carl Béchard, TNM, 2006), Le monde est fou (Jean-Guy Legault, Cirque du Soleil, 2015), Pelléas et Mélisande (Maurice Maeterlinck, Christian Lapointe, TNM, 2016).

Créatrice de décors et de costumes, elle assume pleinement et totalement le mot « conceptrice ». Elle a des idées, des émotions et un langage. L’espace est un corps, le théâtre, un habitacle, l’acteur, un lieu où les tissus dansent. Ses conceptions se lisent comme des paysages où le regard et les sens entrent en contact avec l’infinité des formes et des possibles, et se parcourt comme une ville avec ses grandes avenues et ses espaces ouverts, ses coins à découvrir et ses cordes à linge où battent les tissus et les couleurs. Ainsi, crée-t-elle des scènes habitées.

Alexandre Pilon-Guay

Biographie

Né en 1980

Formé à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, 200

Réalisations marquantes : Un peu de tendresse bordel de merde (Dave St-Pierre, 2006), Le Grand Cahier (Agota Kristof, Catherine Vidal, Groupe Bec-de-Lièvre, 2009), Andreï ou le frère des trois sœurs (Anton Tchekhov, Olivier Aubin, Justin Laramée, Bobik, 2013).

À la lumière, il préfère l’ombre. Celle qu’il sculpte, qu’il colore, qu’il découpe. Plutôt que les feux des projecteurs, il a choisi la discrétion de l’arrière scène, là où tout se conçoit, se discute, s’illumine. Créateur d’ambiances, il prend soin de ne pas choquer l’œil, mais de caresser le jeu. Il travaille dans une grande simplicité, animé d’un instinct à l’état brut qui le rend efficace. Ses éclairages soigneux modulent les espaces et nimbent les personnages d’une aura qui, même invisible, signale d’une touche discrète le talent de son concepteur.

 

Julie Vallée-Léger

Biographie

Née en 1979

Formée à l’École nationale de théâtre du Canada, 2002

Réalisations marquantes : Gestes impies et rites sacrés (Mathieu Gosselin, Marc Mauduit et Francis Monty, Théâtre de la Pire Espèce, 2009), Appels entrants illimités (David Paquet, Benoît Vermeulen, Théâtre le Clou, 2012), Villes, collection particulière (Olivier Ducas, Théâtre de la Pire Espèce, 2014).

Fascinée par les objets, elle est de la Pire Espèce des scénographes : experte en la matière, bricoleuse, patenteuse, auteure scénique, elle fait tout cela et même un peu plus. Entre ses mains, l’objet se transforme et devient signifiant. Pour elle, c’est un moyen d’atteindre l’abstraction, la pureté de l’idée créatrice, afin de surprendre le spectateur. Elle invente, elle cherche, elle travestit, elle détourne : avec elle, les objets inanimés découvrent leur âme, et la force d’aimer…

Metteur(e)s en scène

Marc Beaupré

Biographie

Né en 1976

Formé à l’École nationale de théâtre, 1999

Réalisations marquantes : Caligula (Remix) (Albert Camus, Terre des Hommes, 2010), Dom Juan_Uncensored (Molière, Terre des Hommes, 2012), Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël (Michael Mackenzie et Alexis Martin, Théâtre d’Aujourd’hui, 2013).

Bon nombre de metteurs en scène revisitent les classiques, mais lui les déconstruit pour leur donner une forme résolument actuelle, dans un exercice de relecture à la fois radical et technologique, qui bouscule l’histoire et l’époque. Jouant avec la narration et le sens de la représentation, il réinvente avec audace les codes du théâtre, n’hésitant pas à déstabiliser ses personnages (et certainement ses acteurs) afin de leur rendre un hommage puissant et libérateur. Une démarche rare, originale et terriblement dramatique.

 

Geneviève L. Blais

Biographie

Née en 1978

Formée à l’École nationale de théâtre, 2003

Réalisations marquantes : Empreintes (Annie Ernaux, Luis de Miranda et Hélène Delmotte, Théâtre à corps perdus, 2013), Himmelweg (chemin du ciel) (Juan Mayorga et Yves Lebeau, Théâtre à corps perdus, 2014), Si les oiseaux (Erin Shields et Maryse Warda, Théâtre à corps perdus, 2015).

Elle fait émerger le théâtre tantôt de lieux urbains, tantôt de lieux consacrés qu’elle faire voir autrement. Avec elle, les murs bruissent, les coulisses fourmillent de sensations, les espaces réservés au public vibrent d’anciennes présences qui murmurent et parfois crient. Un texte à la langue poétique sera râpé contre le ciment d’un parking, une dramaturgie du témoignage sera revêtue sur scène de beauté élaborée, poétisée. Par son jeu d’échos qui rebondissent entre le rude et le soyeux, entre l’ailleurs, l’avant et l’ici maintenant, elle continuera de ne pas nous laisser tranquilles.

Catherine Bourgeois

Biographie

Née en 1978

Formée à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM, 2001

Réalisations marquantes : The Baroness and The Pig (Michael Mackenzie, Imago Theatre, 2008), Just Fake It (Joe Jack et John, 2012), AVALe (Joe Jack et John, 2014).

Directrice de la compagnie Joe Jack et John, la metteure en scène est mue par le désir de briser les tabous sociaux. Elle crée des œuvres multidisciplinaires bouleversantes, explorant des thèmes comme les apparences, la colère ou la peur, spectacles qui mettent en scène des acteurs ayant une déficience intellectuelle ou encore qui sont issus de l’immigration. Son exigence a amené le public à reconnaître la valeur de ces artistes professionnels, qui peuvent porter des œuvres belles et dérangeantes.

Félix-Antoine Boutin

Biographie

Né en 1989

Formé à l’École nationale de théâtre, 2012

Réalisations marquantes : Un animal (mort) (Création dans la chambre, 2016), Orphée Karaoké (Création dans la chambre, 2014), Koalas (Création dans la chambre, 2014).

Cet auteur et metteur en scène, formé en interprétation, est d’une espèce à part. Cultivant les paradoxes, son théâtre s’enrichit d’allers-retours entre le tragique et le comique, la parole et le silence, le kitsch et le sacré, le fantasme et la réalité. Originales, lyriques et excentriques, ses réalisations explorent la symbolique du langage et l’importance du geste qui donne un sens poétique aux choses. Il sait créer des univers singuliers, où la beauté le dispute à l’absurde. Un peu comme dans les rêves…

Ève-Chems de Brouwer

Biographie

Née en 1980

Formée à l’École supérieure d’art dramatique de Strasbourg, 2007

Réalisations marquantes : Le Gène de l’amour fou (au Théâtre 71, à Paris, 2011), J’entends les murs (au Théâtre la Chapelle, 2013), Docteur B. (au Festival TransAmériques, 2015).

L’humain est son terrain de jeu, l’intime son inspiration et le quotidien sa zone d’exploration. Partant du réel, elle invente des spectacles qui puisent dans la beauté du geste et le mouvement des corps pour raconter l’indicible, pour sonder les détails et s’inonder de poésie brute. Faisant fi des artifices, elle n’est jamais aussi vraie que dans le minimal et l’essentiel. D’elle, on dirait qu’elle enchante la vie, dans sa grandeur et ses petites misères, par la pertinence de son regard et la richesse de ses voyages intérieurs.

 

Philippe Cyr

Biographie

Né en 1980

Formé à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM, 2004

Réalisations marquantes : Norway.today (Igor Bauersima et Réjane Dreifuss, Groupe de la Veillée, 2010), Les Cendres bleues (Jean-Paul Daoust, l’Homme allumette, 2013), Selfie (Sarah Berthiaume, l’Homme allumette, 2015).

Des corps morcelés, sublimés, transcendés, baignant dans la pénombre… Un matériau brut, mais une matière infinie pour le metteur en scène. S’interrogeant sur les enjeux inhérents à notre époque, il aime explorer les limites de la confusion née entre la réalité augmentée et l’image projetée, celle que l’on propulse dans l’espace virtuel, celle qui se tient en équilibre instable sur la délicate frontière entre le public et l’intime. Le nom de sa compagnie, l’Homme allumette, évoque les silhouettes finement sculptées de Giacometti. Pas de doute, le créateur est un homme qui marche…

Alexandre Fecteau

Biographie

Né en 1981

Formé à l’Université du Québec à Chicoutimi, 2007, et à l’Université Laval, 2010

Réalisations marquantes : Changing Room (Nous sommes ici, 2011), Le NoShow (Nous sommes ici/Théâtre DuBunker, 2013), Les fées ont soif (Denise Boucher, Théâtre de la Bordée, 2014).

Le metteur en scène donne au théâtre documentaire ses lettres de noblesse en proposant des spectacles qui sont de véritables voyages immersifs au cœur d’un univers particulier. Son approche humaniste, voire politique, son regard vif et juste font de chacune de ses œuvres un lieu de rencontre entre acteurs et spectateurs. Pour lui, le théâtre doit faire vivre des histoires et tomber les barrières. Mais pas seulement : il s’agit aussi, en invitant l’imprévu, de mettre à mal certains préjugés. Ce qu’il réussit admirablement.

 

Christian Lapointe

Biographie

Né en 1978

Formé à l’École nationale de théâtre, 2006

Réalisations marquantes : C.H.S. (Théâtre Péril, 2007), Oxygène (Ivan Viripaev, Élisa Gravelot, Tania Moguilevskaia et Gilles Morel, Groupe de la Veillée, 2013), Pelléas et Mélisande (Maurice Maeterlinck, Théâtre du Nouveau Monde, 2016).

Brûlant d’un feu intérieur, le metteur en scène embrase tout ce qu’il touche. Réputé pour s’attaquer à des textes injouables, il s’est fait une spécialité des auteurs symbolistes. Partisan d’un théâtre où la vidéo occupe une large place, toute son œuvre est marquée par une réflexion philosophique sur la mort, comme en témoigne son cycle intitulé « Théâtre de la disparition ». Acteur d’une remarquable intensité, son regard fracasse et fascine. Il est de ces artistes dont l’inquiétante étrangeté séduit autant qu’elle dérange.

Édith Patenaude

Biographie

Née en 1982

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Québec, 2006

Réalisations marquantes : L’Absence de guerre (David Hare, David Laurin, les Écornifleuses, 2011), Le monde sera meilleur (les Écornifleuses, 2015), Disparaître ici (Jocelyn Pelletier, tectoniK_ et les Écornifleuses, 2015).

Elle est comédienne, auteure et metteure en scène, et le théâtre est pour elle une drogue dure dont elle ne peut se passer. Multipliant les aventures artistiques, elle aime prendre des risques, se mettre en danger pour sans cesse se réinventer, en plaçant le texte au cœur de son œuvre. Son regard lucide sur le monde qui nous entoure lui donne pertinence et lucidité, qu’elle cultive généreusement en « écorniflant » ses congénères, pour récolter un matériau brut et vrai qu’elle malaxe sur scène avec une grande dextérité.

 

Catherine Vidal

Biographie

Née en 1976

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, 1999

Réalisations marquantes : Le Grand Cahier (Agota Kristof, Groupe Bec-de-Lièvre, 2008), Des couteaux dans les poules (David Harrower et Jérôme Hankins, Groupe de la Veillée, 2013), Le miel est plus doux que le sang (Philippe Soldevila et Simone Chartrand, Théâtre Denise-Pelletier, 2015).

D’abord comédienne, elle s’impose désormais comme metteure en scène. Elle prend à bras le corps des textes exigeants, qu’elle adapte parfois de romans ou de contes, pour en extraire la substantifique moelle. Personnages marginaux et figures féminines fortes habitent ses spectacles, toujours d’une grande justesse. Son travail précis et inventif sur les accessoires, nourri de son expérience avec les marionnettes, lui permet de créer des univers mystérieux, délicats et poétiques. Enfin, sa direction d’acteurs, fine et intelligente, sait magnifier les qualités de ses interprètes.