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Les lauréats des prix de la critique 2010-2011 de l’AQCT

Par voie de communiqué, l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) a le plaisir d’annoncer les huit lauréats de ses Prix de la critique pour la saison 2010-2011. Bravo à tous!

Dans la catégorie Montréal, le Prix de la critique est remis à CHANTE AVEC MOI, d’Olivier Choinière, dans une mise en scène d’Olivier Choinière et Alexia Bürger, une production de L’Activité.

En s’appuyant sur la force du nombre et la tyrannie du refrain, en mettant la forme au service de la dénonciation, en dévoilant les rouages absurdes et terrifiants de la société du spectacle, en donnant à contempler le kitsch galopant et le conformisme dévorant, Olivier Choinière a frappé en plein dans le mille. Nous saluons haut et fort cette démonstration par l’absurde, irréfutable, réjouissante en même temps que repoussante de notre soumission aux mille et un diktats qui régissent chaque jour davantage notre vie en société.

Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Montréal, étaient : JACKIE, d’Elfriede Jelinek, traduit par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke, dans une mise en scène de Denis Marleau et Stéphanie Jasmin, une production de la compagnie Ubu et du Théâtre Espace Go, et LES MUTANTS, œuvre collective, dans une mise en scène de Sylvain Bélanger, une production du Théâtre de la banquette arrière.

Dans la catégorie Québec, le Prix de la critique est remis à L’OPÉRA DE QUAT’SOUS, de Bertolt Brecht, musique de Kurt Weill, texte français de René-Daniel Dubois, dans une mise en scène de Martin Genest, une production du Théâtre du Trident.

Parce que les comédiens circulent parmi les spectateurs, donnent des directives au public, évoquent une multitude de lieux et de contextes sociaux à partir d‘une simple roulotte, mais aussi parce que l’orchestre offre une prestation des plus festives, on peut affirmer que ce spectacle épouse et même prolonge l’esprit de Brecht. Nous avons été séduits par cette oeuvre à la fois déjantée et touchante, mais surtout propre à éveiller les consciences.

Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Québec, étaient : ROMÉO ET JULIETTE, de William Shakespeare, traduit par Yves Bonnefoy, dans une mise en scène d’Olivier Lépine, une production du Théâtre de la Bordée, et LES TROIS EXILS DE CHRISTIAN E., de Philippe Soldevila et Christian Essiambre, dans une mise en scène de Philippe Soldevila, une production du Théâtre Sortie de Secours et du Théâtre l’Escaouette.

Dans la catégorie Hors-Québec, le Prix de la critique est remis à HOT PEPPER, AIR CONDITIONER, AND THE FAREWELL SPEECH, de Toshiki Okada, dans une mise en scène de l’auteur, une production de Chelfitsch (Tokyo, Japon) présentée à l’occasion du FTA.

Ce spectacle, percée tout à fait originale dans le quotidien d‘une entreprise japonaise, un univers aliénant où les communications sont aussi abondantes que défaillantes, a suscité chez nous un engouement quasi immédiat. C‘est que le sujet, aussi grave soit-il, est traité avec une dérision irrésistible, servi avec un absurde consommé, magnifié par une riche combinatoire de paroles et de gestes qui rendent l‘oeuvre singulière en même temps qu‘universelle.

Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Hors-Québec, étaient : YUME NO SHIRO, dans une mise en scène de Daisuke Miura, une production de Potudo-ru (Tokyo, Japon) présentée à l’occasion du FTA, et THE SILICONE DIARIES, de Nina Arsenault, dans une mise en scène de Brendan Healy, une production de Buddies In Bad Times Theatre (Toronto, Canada) présentée au Théâtre La Chapelle.

Dans la catégorie Jeunes publics, le Prix de la critique est décerné à ÉCLATS ET AUTRES LIBERTÉS, de Marie-Josée Bastien, Mathieu Gosselin, Étienne Lepage et Jean-Frédéric Messier, dans une mise en scène de Benoît Vermeulen, une production du Théâtre Le Clou.

Un spectacle qui incite à la curiosité intellectuelle et à l’engagement citoyen, un condensé de poésie, de philosophie et de douce folie, un hymne à l’adolescence comme lieu de tous les possibles, de tous les soulèvements. Nous estimons que le monde a infiniment besoin de ces ateliers où les identités se construisent, de ces chaos de la pensée où les idéaux se forgent.

Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Jeunes publics, étaient : LE VOYAGE, de Marie-Christine Lê-Huu, dans une mise en scène de l’auteure, une production du Théâtre de l’Avant-Pays, et LE TEMPS DE MUFFINS, de Joël da Silva, dans une mise en scène de l’auteur, une production du Théâtre Magasin.

Dans la catégorie Interprétation féminine – Montréal, le Prix de la critique est remis à SYLVIE LÉONARD, pour son rôle dans Jackie, d’Elfriede Jelinek, traduit par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke, dans une mise en scène de Denis Marleau et Stéphanie Jasmin, une production de la compagnie Ubu et du Théâtre Espace Go.

La comédienne a confondu tous les sceptiques, d’abord en relevant haut la main le défi posé par une première collaboration avec Denis Marleau, puis en s’appropriant la matière textuelle exigeante de Jelinek avec une poigne peu commune. Sa Jackie Kennedy était inébranlable, séduisante, toujours en contrôle en même temps que prête à se briser, à voler en éclats, à s’effondrer tragiquement.

Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Interprétation féminine – Montréal, étaient : MARIE BRASSARD, pour son rôle dans Le fusil de chasse, de Serge Lamothe, d’après Yasushi Inoué, dans une mise en scène de François Girard, une production de l’Usine C, et SYLVIE DRAPEAU, pour son rôle dans Vassa, de Maxime Gorki, traduit par Anne-Catherine Lebeau, dans une mise en scène d’Alexandre Marine, une production du Théâtre du Rideau Vert.

Dans la catégorie Interprétation masculine – Montréal, le Prix de la critique est remis à BENOÎT McGINNIS, pour son rôle dans Hamlet, de William Shakespeare, traduit par Jean Marc Dalpé, dans une mise en scène de Marc Béland, une production du Théâtre du Nouveau Monde.

Pour incarner ce rôle on ne peut plus mythique, le comédien a fait preuve d’un investissement physique et émotif considérable; en résulte une composition d’une redoutable efficacité. Perméable, vulnérable et pourtant déterminé, toujours sur le fil du rasoir, les deux pieds dans l’instant présent, livré corps et âme à la folie dans ce qu’elle a de plus imprévisible, de plus vertigineux, McGinnis nous a donné un prince du Danemark que nous ne sommes pas près d’oublier.

Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Interprétation masculine – Montréal, étaient : CHRISTIAN LAPOINTE, pour son rôle dans Le 20 novembre, de Lars Norén, traduit par Katrin Ahlgren, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens, une production de la compagnie Sibyllines, et SÉBASTIEN RICARD, pour son rôle dans La nuit juste avant les forêts, de Bernard-Marie Koltès, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens, une production de la compagnie Sibyllines.

Dans la catégorie Interprétation féminine – Québec, le Prix de la critique est remis à MARIE-JOSÉE BASTIEN, pour son rôle dans Temps, de Wajdi Mouawad, dans une mise en scène de l’auteur, une production du Théâtre du Trident. 

Portant pour ainsi dire le spectacle sur ses épaules, la comédienne est parvenue à insuffler énormément d’âme à son personnage, une femme privée de voix et d’ouïe, terriblement tourmentée, mais surtout déterminée, habitée par une dévorante soif de justice. De ce rôle difficile, pour ne pas dire périlleux, Bastien s’est saisie avec sensibilité, incarnant la blessure de manière vibrante, laissant transparaître une violence intérieure d’une intensité peu commune.

 Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Interprétation féminine – Québec, étaient : MARIE-GINETTE GUAY, pour son rôle dans Le cardigan de Gloria Esteban, de Joëlle Bond, dans une mise en scène d’Ann-Sophie Archer, une production de la compagnie Le petit luxe, MARIANNE MARCEAU, pour son rôle dans Un sofa dans le jardin, œuvre collective, dans une mise en scène de Michel Nadeau, une production du Théâtre Niveau Parking.

Dans la catégorie Interprétation masculine – Québec, le Prix de la critique est remis à CHRISTIAN ESSIAMBRE, pour son rôle dans Les trois exils de Christian E., de Philippe Soldevila et Christian Essiambre, dans une mise en scène de Philippe Soldevila, une production du Théâtre Sortie de Secours et du Théâtre l’Escaouette.

Doté d’une grande maîtrise physique, tirant fort ingénieusement profit de l’espace, capable de petits miracles à partir d’une simple chaise, le comédien incarne une multitude de personnages avec une aisance fascinante. On se réjouit de le voir emprunter avec autant de virtuosité, dans une Acadie bien contemporaine, des sentiers aussi contrastés, tour à tour désopilants et dramatiques. Une performance époustouflante, réglée au quart de tour.

Rappelons que les autres finalistes, dans la catégorie Interprétation masculine – Québec, étaient : JEAN-MICHEL DÉRY, pour son rôle dans Dom Juan, de Molière, dans une mise en scène de Jean-Sébastien Ouellette, une production du Théâtre du Trident et ISRAËL GAMACHE, pour son rôle dans L’emmerdeur, de Francis Veber, dans une mise en scène de Marie-Josée Bastien, une production du Théâtre Voix d’accès.

Les Prix de la critique sont décernés annuellement, maintenant dans huit catégories, par le biais d’un vote des membres de l’Association québécoise des critiques de théâtre suivi d’une discussion. L’AQCT compte en ce moment 24 membres œuvrant dans 14 médias différents à Montréal, Québec et Gatineau.

 

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