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La saison 2013-2014 du Théâtre d’Aujourd’hui est dévoilée

Le Théâtre d’Aujourd’hui a dévoilé sa saison 2013-2014. Au menu : des pièces de Michael Mackenzie, Jennifer Tremblay, Simon Boudreault, Emmanuel Schwartz, Olivier Kemeid, Florence Longpré, Jean-Paul Daoust, Olivier Morin et Guillaume Tremblay, Dany Boudreault et Maxime Carbonneau, ainsi que Louis-Dominique Lavigne. Consultez le site web du Théâtre d’Aujourd’hui pour tous les détails.

La présentation de la saison par son directeur artistique, Sylvain Bélanger :

Si la finance est une mère qui bouffe ses enfants, Si les hommes quittent leurs familles, Si la charité est pervertie, Si la mémoire des autres est désespérée, Qu’avons-nous la volonté de transmettre? De quoi sommes-nous les héritiers?

Leurs prénoms : Michael, Jennifer, Simon, Emmanuel Leurs familles : Mackenzie, Tremblay, Boudreault, Schwartz

Ils ont mis les heures qu’il faut pour observer la haute finance de haut avec une parole documentée. À observer la force des femmes avec une parole sortie de la filiation, mémorisée, connue. À observer les revers de la charité, de l’institution de la bonté avec une parole vécue. La théâtralité de leur position tragique, récitée, dialoguée ou implorée. Des écritures personnelles, efficaces d’authenticité, travaillées. Inspirées des Grecs, des terres, des milieux de travail, de rencontres improbables. Des langues de cultures économique, sociale et morale. Des langues d’aujourd’hui pour affiner le regard sur la nature des héritages qui nous composent et nous influencent.

Assommés, nourris, initiés ou écorchés par les conflits éthiques d’une modernité qui se heurte à cette recherche d’une justice sociale en proie à l’incohérence, la tricherie, la lâcheté ou l’incompréhension, ces auteurs ont travaillé l’identite

Michael Mackenzie, la loupe appliquée sur les tragédies anonymes de la haute finance. Il est dramaturge (Baroness and the Pig), scénariste et réalisateur (Adam’s Wall). Sa langue est armée. Elle se repose sur des études en philosophie, en histoire et en socio-politique. Il a collaboré avec Marie Brassard et Robert Lepage (Dragon bleu, Kà). A été conseillé pour l’ONU et professeur honorifique aux labos d’IBM. Il a coécrit un ouvrage de référence sur les politiques économiques de l’Amérique latine. Sa vie professionnelle l’a conduit à New York, Mexico, Delhi et Londres, entre autres.

Jennifer Tremblay, la voix intérieure, celle qui se rappelle. Forestville, la Côte-Nord, le territoire et ces femmes qui restent, le territoire et ces hommes qui partent chercher de l’or depuis des générations. Chez elle, l’amour d’une littérature appliquée, sculptée dans le métronome naturel des souvenirs à la fois doux et accablants, le chant pénétrant et magique. On la connaît pour La liste (Prix du Gouverneur général 2008 en théâtre, prix Michel-Tremblay 2010 et Prix auteur dramatique Banque Laurentienne 2009-2010), scénariste à Radio-Canada (Les chatouilles), cofondatrice des Éditions de la Bagnole où elle publie son premier roman, Tout ce qui brille, et plusieurs albums jeunesse.

Simon Boudreault, la parole comme une caméra à l’épaule, témoigne. À observer de près et avec vérité un milieu de travail, celui des trieurs de l’Armée du Salut. À vouloir y changer les mœurs, à y chanter en chorale l’expiation ratée d’un jeune intellectuel, incursion dommageable pour les plus vulnérables. Théâtre du vrai, il prépare un théâtre dont les artifices nous échappent par son authenticité. (Sauce brune, Soupers, D pour dieu?). Il dirige Simoniaques Théâtre avec une écriture pour acteurs.

Le Théâtre d’Aujourd’hui produira ensuite la première initiative de sa protégée artiste en résidence, Alexia Bürger. En complicité avec l’auteur et acteur Emmanuel Schwartz, Alfred s’inspire de la vie réelle d’Alfred McMoore, un peintre afro- américain mort en 2009 à Akron, Ohio. Alfred interroge ce qu’il advient si nous refusons de nous soumettre au cours normal de l’existence. Un acteur tarde à se soumettre à une inévitable rencontre avec l’âme d’Alfred, qui ne sortait jamais de chez lui sans porter cinq manteaux les uns par-dessus les autres. Alfred McMoore entretenait aussi la curieuse habitude de se rendre aux enterrements de gens qu’il ne connaissait pas pour pleurer leur mort à grandes larmes. Ce pleureur professionnel a inspiré notre artiste en résidence et son complice…

Moi dans les ruines rouges du siècle d’Olivier Kemeid, qui a reçu le Prix de la critique saison 2011-2012 dans la catégorie Montréal, sera de retour dans la salle principale à l’automne. L’Association des critiques de théâtre, en a dit : « Si le théâtre est le lieu de la rencontre et des croisements culturels, Olivier Kemeid en est le maître. Dans ce spectacle, des événements marquants du siècle dernier sont revisités selon une approche tantôt intimiste, tantôt globalisante, entre le Québec et l’Ukraine d’hier et d’aujourd’hui. Cette longueur de vue, doublée d’un humour fin et d’une intelligente réinvention de la forme autofictionnelle, ont fait de ce spectacle un incontournable ». Ce spectacle, la saison prochaine, chez nous, est ce qu’on pourrait appeler une reprise évidente, essentielle et souhaitée. Par le public et par le Théâtre d’Aujourd’hui.

Salle Jean-Claude-Germain

Deux nouvelles résidences qui s’amorcent, une autre qui se poursuit, le début des initiatives de notre artiste en résidence, la reprise d’une voix nouvellement remarquée et la nouvelle mouture d’un classique du théâtre pour enfants, la petite salle du Théâtre d’Aujourd’hui est entre bonnes mains. Les paroles des artistes de la salle Jean-Claude-Germain sont multiples et originales, multiformes, toniques et riches! Et comme le Théâtre d’Aujourd’hui est le leur, nous avons intérêt à prêter l’oreille à leurs nouveautés, leurs malaises profonds, leurs idées claires, leurs coups de gueules et à l’originalité de leur compassion.

Dès le début de l’automne, la satire irrévérencieuse de nos mœurs politiques, L’assassinat du président de Guillaume Tremblay et Olivier Morin, mettra en scène le Québec en 2022. Alors que la province est figée dans le statu quo, Gilles Duceppe (exilé en Suisse depuis sa défaite politique de 2011) revient au pays pour mener le Québec à son indépendance. À peine élu, il se fait assassiner par une souffleuse. Le peuple se révolte, envahit les rues et réclame une commission d’enquête. C’est donc à une leçon d’Histoire que le trio du Théâtre du Futur nous convie!

Suivra le travail à découvrir d’une nouvelle compagnie résidente, l’Homme- Allumette, atelier de recherche du jeune metteur en scène Philippe Cyr. Les cendres bleues fait le récit d’une enfance volée et nous dévoile les sentiments troublants qui lient une victime à son agresseur. À travers un long poème d’une seule strophe (Prix du Gouverneur Général 1990), ce récit poignant de Jean-Paul Daoust sonde la beauté et la noirceur d’un sentiment amoureux à priori immoral pour en révéler l’universalité.

Rendez-vous de Noël pour les toujours nouveaux spectateurs du Théâtre d’Aujourd’hui, le Théâtre de Quartier présentera une nouvelle version de son classique Les petits orteils de Louis-Dominique Lavigne. Mathilde apprivoise les heures, les minutes, les secondes en attendant un évènement extraordinaire qui viendra bouleverser sa vie : la naissance de ce qui se cache dans le ventre de sa mère. Gardée par son grand-père, elle fait avec lui un voyage dans le temps et apprend que tous ceux qu’elle connait ont aussi été de tout petits bébés. Les petits orteils s’adresse aux enfants de 4 à 8 ans.

En janvier, le Théâtre d’Aujourd’hui accueille une nouvelle voix forte à découvrir, celle de Florence Longpré. Sa pièce, Chlore, forte d’une première diffusion au Théâtre La Licorne, poursuivra son parcours avec le public de notre théâtre. Chlore raconte l’histoire de deux jeunes garçons qui, à neuf ans ont forcé Sarah à avaler du chlore, la laissant lourdement handicapée pour le reste de ses jours. Dix ans plus tard, alors qu’elle vit recluse dans le sous-sol de sa maison familiale, un jeune voisin se met à la visiter chaque semaine. De ces tête-à-tête nait une amitié tissée de liens à la fois forts et fragiles, à l’image des deux jeunes êtres. La pièce, inspirée d’un fait réel survenu il y a plusieurs années dans la ville de Mascouche, interroge l’ascendant que nous avons sur la vie des autres.

Les créateurs Dany Boudreault et Maxime Carbonneau poursuivront leur étude profonde et contemporaine de l’errance de l’identité avec l’inspirant projet Descendance. Lors d’une réunion de famille du Jour de l’an, où l’ennui règne en maître et où le passé constitue le seul sujet de conversation, l’hôte (qui filme depuis l’arrivée de ces invités) propose de regarder la captation vidéo de la soirée en cours. Tous sont donc forcés à être témoin des moments qu’ils viennent tout juste de vivre. En mettant en scène les personnages désunis d’une famille québécoise ordinaire, la pièce Descendance s’interroge sur la survie artificielle d’un groupe et sur ce qui nous rassemble en tant que famille.

La saison pose une réflexion sur certains aspects de notre héritage collectif. Avec ses quatre créations, ses résidences, ses accueils et ses évènements rassembleurs, le Théâtre d’Aujourd’hui inscrit son activité au sein des enjeux historiques, personnels et sociaux des héritiers et porteurs de mythes que nous sommes. La saison 2013-14 célèbre une parole qui s’inscrit dans une actualité sociale et théâtrale, avec originalité, et qui vous propose un dialogue franc sur la nature des enjeux collectifs qui nous animent.

Venir au Théâtre d’Aujourd’hui, c’est participer à une histoire en cours, qui ne demande que nous pour se poursuivre!

Sylvain Bélanger, codirecteur général et directeur artistique // Théâtre d’Aujourd’hui

 

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