Critiques

Espace Go : Saison 2013-2014

Les artistes à l’œuvre dans nos murs cette saison nous entraînent dans les univers littéraires d’auteurs qui, chacun à leur manière, sont ou ont été à l’avant-garde des courants de leur société. Neuf spectacles sont proposés au public: cinq portraits de femmes aux couleurs d’Espace Go, dont deux productions en complicité artistique avec Ubu et Sibyllines, trois créations qui portent la signature originale du Théâtre PÀP, compagnie en résidence, et une première invitation faite à Pigeons International.

Les femmes au cœur des productions d’Espace Go cherchent à faire éclater le cadre trop étroit de leur existence, dans laquelle elles ne se reconnaissent plus. Dans VILLA DOLORASA, Irina, Olga et Mascha songent à un idéal de liberté affranchi du mirage qu’est le cocon familial; dans UNE VIE POUR DEUX, Simone invente une fable pour qu’elle et Jean puissent renouer leur serment amoureux; dans LA VILLE, Clair plonge au cœur de son imaginaire pour se sentir enfin vivante; dans TU IRAS LA CHERCHER, une femme abandonne tout pour partir dans un pays étranger à la recherche d’elle-même; et finalement, MOLLY BLOOM défie l’ordre moral pour laisser enfin jaillir une part d’intime par trop longtemps retenue.

Du côté du Théâtre PÀP, une famille presque parfaite voit son unité chamboulée par l’arrivée d’une personne extérieure (LES CHAMPS PÉTROLIFÈRES); des jeunes se créent une existence parallèle dans les réseaux sociaux (CINQ VISAGES POUR CAMILLE BRUNELLE); un homme emprunte une langue étrangère pour se libérer d’un lourd secret (THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI).

Enfin, dans L’ARCHITECTURE DE LA PAIX de Pigeons International, un couple tente de reconstruire, à la manière des architectes des villes détruites par la guerre, les ruines d’un amour dévasté.

Comme tous ces personnages, il nous arrive de nous sentir étrangers à notre propre existence. Or, la poésie du théâtre, à travers les vies qu’il met en scène, nous permet de nous rapprocher de notre propre vérité, celle qui échappe aux apparences, celle par laquelle nous souhaiterions tant exister dans le regard de l’autre.

Artiste en résidence, Sophie Cadieux nous invite à prêter l’oreille à de courts récits dans la cadre d’une installation intitulée LES AGGLOMÉRATS ÉMOTIFS (tout au long de la saison) avant de conclure sa résidence de trois ans par un PYJAMA PARTY dont tout doit demeurer secret pour l’instant.

Communiqué de presse // www.espacego.com

 

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