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Les Laboratoires, une autre histoire du théâtre

Une autre histoire du théâtre! C’est ainsi que Jean-Manuel Warnet sous-titre son ouvrage, quui vient de paraître en 2014 à l’Entretemps: Les Laboratoires. La pertinence de cette autre histoire est en phase avec la nécessité contemporaine de changer nos modèles. Si la société tout entière doute de son assise et voudrait se rénover, le théâtre, lui, n’a cessé d’inventer tout au long du XXe siècle de nouvelles voies pour les acteurs, leurs histoires et leur public. C’est cette longue aventure, que raconte en 624 pages Les Laboratoires.

Ce livre raconte une histoire, une autre histoire du théâtre. C’est une histoire de famille.

Le grand ancêtre s’appelle Constantin Stanislavski, qui invente en 1905 un nouvel espace-temps théâtral, «ni théâtre, ni école»: un Studio d’expérimentation dont il confie la direction à son premier fils rebelle, Vsevolod Meyerhold. Ainsi, sur le double modèle des sciences et des arts plastiques, s’ouvre l’ère des laboratoires: un collectif ad hoc y mène, sous la direction d’un maître, un projet de recherche dans différents domaines de la pratique théâtrale, indépendamment de la nécessité de produire un spectacle devant un public.

C’est d’abord l’incroyable aventure des Studios du «système»: Leopold Soulerjitski, Mikhaïl Tchekhov, Richard Boleslavski, Evgueni Vakhtangov, et d’autres, mettent à l’épreuve les intuitions de Stanislavski, les révisent, les diffusent à travers le monde. Au même moment, Vsevolod Meyerhold, Edward Gordon Craig, Jacques Copeau, mêlent l’enseignement et la recherche dans une forme réalisée ou utopique d’école expérimentale plus centrée sur «un théâtre théâtral». Dans cette première moitié du vingtième siècle, le mode d’organisation du collectif s’inspire de la communauté artistique ou religieuse, ou bien, comme chez Meyerhold en URSS, de l’avant-garde politique.

Après la Seconde Guerre mondiale, «l’esprit de studio» rejaillit malgré les scléroses et les interdits totalitaires. Maria Knebel, puis Jerzy Grotowski, retrouvent le chemin rigoureux et libérateur du laboratoire, donnant ainsi l’élan aux aventures ultérieures de Peter Brook, d’Eugenio Barba ou d’Anatoli Vassiliev.

Suivre cette notion de laboratoire à travers le siècle et les continents, c’est s’intéresser à des aventures singulières, mais aussi tenter de reconstituer une lignée qui, par-delà l’éphémère des spectacles, inscrit le travail théâtral dans le temps long de la recherche, et de ce fait propose les expériences parmi les plus fécondes de celles qui ont émaillé l’histoire du théâtre de 1905 à nos jours.

L’auteur

Jean-Manuel Warnet vit et travaille dans le Finistère, à Brest. Agrégé de Lettres, il a soutenu en 2005 une thèse qui, largement remaniée, devient le présent livre. Maître de conférences en Études théâtrales à l’université de Bretagne occidentale (Brest), il y enseigne la littérature et le théâtre et y dirige le master Management du spectacle vivant. Dans cette même ville, il est membre d’un collectif de création artistique, Le Maquis, et a récemment mis en scène avec sa compagnie Les Filles de la pluie : La Crosse en l’air de Jacques Prévert et Un Mystère-Bouffe de Vladimir Maïakovski.

Communiqué // Éditions L’Entretemps

 

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