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L’automne 2015 à l’Agora de la danse

Une fois encore, incursion en terre de créations qui dope les imaginaires, cette saison fustige les représentations évidentes et les pensées convenues. Un portait sans complaisance de la diversité des pratiques, mélange d’exigence, de grâce et de virtuosité qui permet à la danse de s’ancrer durablement dans la tête, le corps et le cœur des gens.

Pluton

Les 16, 17, 18 et 19 septembre découvrez Pluton et ses relations entrelacées. Entre confrontations, interférences et héritages, des générations dialoguent donnant naissance à une florissante coopération. Reconnue pour son talent à proposer des spectacles qui bousculent et questionnent les codes, le rapport au spectateur et à l’espace, La 2e Porte à Gauche met en scène les corps de danseurs aguerris pris dans l’orbite de jeunes créateurs visionnaires. Nicolas Cantin avec Michèle Febvre a choisi la voie autobiographique, Jean-Sébastien Lourdais avec Linda Rabin l’organique, Catherine Gaudet avec Louise Bédard l’ambiguïté de la perception et Virginie Brunelle avec Daniel Soulières et Ginette Laurin le viscéral. Ce qui les sépare est sidéral, ce qui les relie est vertigineux.

Les enchaînés

Empruntant l’identité visuelle au film noir, Karina Champoux et le musicien compositeur et interprète Philippe B investissent le Café Bar de l’Agora de la danse pour une performance éloquente et sombre avec Les enchaînés les 22, 23, 24, 25 septembre. Accueilli dans l’espace en formule cabaret, le public assiste à la quête de ces deux êtres blessés, statufiés par l’amour perdu et l’abandon. Composition originale interprétée en direct, les notes du piano s’égrènent graves et puissantes comme autant d’hommages au maître du suspens Alfred Hitchcock et à l’architecture du lieu.

Situations

George Stamos vous invite les 30 septembre, 1er et 2 octobre dans un « Boot camp » chorégraphique hors norme pour déconstruire les nouveaux stéréotypes masculins. Dans une atmosphère qui ouvre l’esprit et l’espace, Situations voit cinq hommes (et des artistes invités) qui cherchent leur place et proposent des éclairages différents sur la masculinité contemporaine loin des  conceptions aseptisées. Assez des visions simplistes ! Une pluralité de modèles sexuels existe, pourtant le discours reste le même. On tient pour acquis de vieilles conventions de plus en plus floues et dépassées. Pourtant, les hommes demeurent dominants dans les postes de pouvoirs. Cela se traduit aussi de façon plus insidieuse dans la manière dont des produits allant des camions à la lotion pour le corps sont commercialisés. La désinformation est partout. Les rasoirs sont roses pour les filles, bleu pour les garçons. Situations met à jour l’absurdité et la tyrannie de notre environnement et pose les questions : C’est quoi être un homme aujourd’hui et que pourrait avoir à dire les femmes sur le sujet ?

Matière Blanche

Puis les 7, 8, 9 octobre Matière Blanche de Caroline Laurin-Beaucage léve le voile sur deux femmes semblables, mais pas identiques comme l’hémisphère droit et gauche se complètent qui déroulent le mystérieux fil de la pensée. Soumises à l’intensité des flux qui parcourent la matière blanche, élément clé de notre cerveau responsable de la propagation rapide des informations dans le système nerveux, elles se partagent l’arène, se joignent et s’arrachent. Mi-humaines mi-matières, leurs corps subissent accélération et décélération, ondulent, se frayant un passage dans les méandres de l’esprit, au cœur sa fabuleuse complexité.. Au-delà des limites des corps, au-delà de l’isolement de nos fors intérieurs, Caroline Laurin-Beaucage, poursuivant sa trilogie sur la dissection rituelle des corps, cherche à tisser une seule expérience, sensorielle, viscérale.

L’échappée

Venez ensuite partager L’échappée de Karine Denault les 21, 22 et 23 octobre. Qui n’a pas souhaité un jour prendre le large pour oublier un instant l’emprise implacable de la logique, oser une parenthèse, un moment volé à la vie ? Karine Denault s’offre une escapade dans un solo intimiste et lumineux. L’étrange personnage qui s’invente là cherche les intervalles, les ouvertures, les écarts. S’absente parfois. Insaisissable, elle danse comme on s’évade, emportée par ses propres élans, composant son monde au fur et à mesure qu’elle l’expérimente, glissant vers un ultime abandon. Elle s’infiltre dans cet espace libre, bien que très étroit, entre deux obstacles, cette trouée à travers les nuages. Aisance saisissante de l’interprète qui habite seule la scène. La signature est instinctive. Les figures s’enchaînent. Librement, danser. À tout prix.

Tendre

Prenez rendez vous avec ce spectacle familial attachant à plus d’un titre le 7 novembre. Tendre est porté par deux personnages farfelus qui se retrouvent bien malgré eux unis par un lien élastique. Se jouant de cette nouvelle contrainte qui vient tout à coup bouleverser leur univers, ils vivent, à travers cette intimité forcée quelque peu absurde, une étonnante dépendance. Captifs, ils n’ont d’autres choix que de composer avec cet élément perturbant qui leur impose des situations aussi touchantes que drôles. Espiègles et malicieux, tout de bleu vêtus, ils convient les jeunes à partir de 5 ans à une réjouissante expérience à la croisée de la danse, du théâtre et du travail de clown. Fantaisie artistique magnifiquement porté par les deux interprètes cette création inédite d’Estelle Clareton fait la part belle à l’humour sous toutes ses coutures avec une grande sensibilité. Un spectacle pour tous puisque quel que soit l’âge, l’enfance n’est jamais loin.

Nouvelle création de Frédérick Gravel

Suivez Frédérick Gravel dans sa nouvelle création les 11, 12 et 13 novembre. Chorégraphe, musicien, danseur et touche-à-tout aussi inspirant qu’inclassable, Frederick Gravel nous livre un duo à l’allure de tableau réaliste. Avec la vivifiante Brianna Lombardo, il partage la scène et une complicité qui permet toutes les inventions. Elle est le contrepoint à sa maladresse assumée. Émancipés des codes traditionnels d’un spectacle de danse, ils construisent un langage dramatique original où de légers accidents se transforment en autant d’arguments de mouvement. Sous son allure simple et décontractée, le duo évolue doucement entre les états et à travers un jeu de présence d’un naturel troublant, ils poétisent le banal. Moment rare et précieux qui ne cesse de surprendre et déstabiliser par son apparente désinvolture cette nouvelle création se révèle pétri d’humanité et de vulnérabilité.

Communiqué de presse | Agora de la danse

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