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Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui dévoile sa saison 2017/2018

« Le Québec n’a pas besoin de sauveurs, mais je revendique le besoin de créer de nouveaux héros. Qu’ils soient aventuriers ou dissidents. Qu’ils soient opportunistes, traqués, 
résilients ou tragiques. Ils et elles se tiennent droits. Ils et elles sont debout. La fierté est au cœur de cette saison, vous verrez. »

Le directeur artistique Sylvain Bélanger dévoile une saison qui a pour ligne directrice la force de nos systèmes et la capacité de l’individu à s’en émanciper. Pour ce faire, il a réuni des créations portées par des individus qui ont à s’affranchir des systèmes qui les régissent, dans des confrontations épiques avec plus fort et plus grand que soi.

Nous soulignons, sur les scènes du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en 17/18, une majorité de paroles de femmes et la présence de gens issus des peuples fondateurs et de l’immigration. Mais surtout, des artistes aux projets francs et engageants, qui convoquent notre appétit de rassemblements, notre force individuelle et collective.

Bashir Lazhar

La saison débute avec la recréation d’un texte percutant d’Evelyne de la Chenelière. 10 ans après sa création et une adaptation cinématographique couronnée de succès, Bashir Lazhar met en lumière un répertoire québécois qui, au cœur de la crise migratoire et du repli identitaire, se révèle d’une vibrante actualité. C’est le comédien Rabah Aït Ouyahia, faisant ses premiers pas sur les planches, qui interprète cet immigré nouvellement arrivé au Québec qui remplace au pied levé une institutrice qui s’est suicidée dans l’enceinte de l’école. Rappeur charismatique, Rabah ajoute ici une nouvelle corde à son arc alors qu’il nourrit une brillante carrière au cinéma et à la télévision depuis 2001.

Wild West Show de Gabriel Dumont

L’équipe du Wild West Show de Gabriel Dumont investit ensuite le CTD’A pour nous faire vivre un spectacle extravagant, riche et lumineux. Les auteurs Jean-Marc Dalpé, Alexis Martin, Yvette Nolan répondent au souhait inexaucé de Gabriel Dumont, chef métis et comparse de Louis Riel, de raconter la lutte des Métis pour la reconnaissance de leurs droits. Ils réunissent pour cela une équipe d’une trentaine d’auteurs, comédiens et artistes descendant des quatre communautés impliquées dans ces événements et s’allient au metteur en scène Mani Soleymanlou pour livrer une représentation percutante, décomplexée et divertissante qui emprunte tant aux spectacles à grand déploiement qu’à la dramaturgie contemporaine.

Nyotaimori

Dans Nyotaimori, Sarah Berthiaume et Sébastien David déconstruisent le système économique qui transforme les humains en machines et les femmes en objets. Christine Beaulieu interprète une travailleuse autonome qui, prétendant jouir d’une liberté absolue compose avec l’absence de frontière entre sa vie personnelle et professionnelle. Mêlant des temporalités fragmentées, des éléments surréalistes et beaucoup d’humour, ils questionnent nos habitudes de consommation à l’ère de la mondialisation. La distribution est également composée des comédiens Macha Limonchik et Philippe Racine.

Jean dit

La politique vient teinter la saison avec Jean dit, l’homme qui dit la vérité. Ou du moins, sa vérité. C’est elle qui lui donne tout son pouvoir et qui hypnotise ses fidèles. Dans cette nouvelle création d’Olivier Choinière, 20 interprètes se suivent dans la ronde de Jean sur la musique d’un band sur scène. Des auditions se tiendront pour permettre au plus grand nombre d’interprètes de tenter leur chance de participer à cette dénonciation mordante d’une société qui, n’ayant plus foi en elle-même et en ses institutions, se tourne vers un homme providentiel, tout absurde et despotique soit-il.

Les Harding

La pièce clôturant la saison de la salle principale, Les Harding, est la deuxième création d’Alexia Bürger dans le cadre de son programme d’artiste associée au CTD’A. Inspirée par la matière documentaire d’existences marginales ou ordinaires bien réelles, elle entremêle les trajectoires de vie de trois hommes qui partagent le même nom Thomas Harding. Les comédiens Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil se donneront la réplique dans cette création qui questionne le conformisme et la part de responsabilité des individus face au dérèglement du monde.

À la salle Jean-Claude-Germain

Un véritable bataillon féminin plein de convictions et d’espoirs s’est formé pour la saison 17/18. Quatre nouvelles résidentes aux trajectoires uniques et innovantes inscrivent leurs voix dans notre salle dédiée à la recherche de nouvelles dramaturgies.

Rachel Graton, lauréate du prix Gratien-Gélinas 2017, présente son texte La nuit du 4 au 5. Dans une mise en scène chorale de Claude Poissant, elle y relate l’évolution d’une jeune fille depuis l’agression qu’elle a subie jusqu’à ses premiers pas vers la résilience et la liberté.

Marianne Dansereau, jeune dramaturge pleine de surprises, raconte dans Savoir compter la vie grave et poétique d’un couple maudit dans un monde pas plus conventionnel que lui.

Pour sa part, le duo Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent étudie dans Chienne(s) la genèse des peurs et de l’anxiété dans notre société pour en peindre la guérison par l’art.

Vous pourrez aussi voir le travail de Gabrielle Lessard qui, fascinée par le premier roman acclamé par la critique de Fanie Demeule, en signe une adaptation poignante. Déterrer les os raconte le trouble alimentaire d’une jeune fille au cours de son voyage vers l’âge adulte.

Enfin, Le Brasier s’offre une reprise bien méritée ! L’occasion de voir ou revoir cette véritable révélation de la saison 16/17 dans laquelle l’auteur David Paquet et sa distribution exceptionnelle s’attaquent à notre conscience collective défaillante, avec franchise, humour et humanité.

Deux évènements : le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) revient pour la 4e année consécutive au CTD’A avec Dramaturgies en dialogue. Le Festival du Jamais Lu fait lui aussi honneur de sa présence pour la 2e édition de son immanquable événement « Vendre ou rénover : combat théâtral autour des classiques de la dramaturgie ».

Communiqué de presse | Centre du Théâtre d’Aujourd’hui

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