Enjeux JEU 183 ∙ Le silence

De l’usage des micros au théâtre

Interpellée usage récurrent voire© Yanick Macdonald

Interpellée par l’usage récurrent, voire incontournable aujourd’hui, de l’amplification des voix au théâtre, l’autrice a fait enquête sur les tenants et aboutissants de cette pratique, et en dévoile certains enjeux.

Depuis quelque temps, on peut s’étonner de voir autant de micros sur nos scènes, dans des contextes aussi nombreux que diversifiés – micros apparents ou dissimulés, avec ou sans fil, dans les solos comme dans les productions à multiples interprètes, dans les pièces expérimentales ou de répertoire, dans les grandes ou les petites salles, pour intensifier comme pour altérer la voix des comédien·nes. Ainsi y avait-il des micros, récemment, dans Un ennemi du peuple, Intérieur, Mythe, The One Dollar Story, Atteintes à sa vie, Les Dix Commandements de Dorothy Dix, pour ne nommer que quelques spectacles vus depuis le début de 2022 à Montréal.

Un ennemi du peuple de Henrik Ibsen, adaptation de Sarah Berthiaume, mise en scène d’Édith Patenaude, présentée au TNM en mars et en avril 2022. Sur la photo : Dominique Pétin et Noémie O’Farrell © Yves Renaud

Cette tendance est-elle nouvelle ? Qu’est-ce qui motive les metteur·es en scène et les concepteurs et conceptrices sonores à accentuer les voix ? Lors d’un petit sondage, plusieurs pistes sont ressorties : l’âge élevé du public montréalais, l’acoustique défaillante de nos salles, la présence d’interprètes non professionnel·les sur scène, l’influence du mumblecore, la volonté de ne pas brûler la voix d’un·e interprète dans un solo, les possibilités sonores qu’offre cette amplification (murmurer, chuchoter, etc.), l’omniprésence de la technologie dans nos vies, la virtualisation de nos rapports.

Ce sondage informel a par ailleurs permis de constater que le micro polarise, voire qu’il engage un réel débat…

(Le sujet vous intéresse? Lisez la suite dans JEU 183.)

Sarah-Louise Pelletier-Morin

Sarah-Louise Pelletier-Morin est candidate au doctorat en études littéraires à l’UQAM. Sa thèse porte sur la politisation du théâtre au Québec. Elle se consacre à l’étude de trois polémiques théâtrales récentes (« l’Affaire Cantat », « l’Affaire SLÀV » et « l’Affaire Kanata »). Elle collabore à différentes revues québécoises et a dirigé le collectif Mythologies québécoises paru à l’automne 2021 aux éditions Nota Bene.