L’impulsion du dossier de ce numéro est venue des États généraux de l’improvisation, organisés par la Ligue nationale d’improvisation (LNI) au printemps de 2010 afin de marquer son trentième anniversaire. La présence à ce colloque de plusieurs artisans ou vedettes de l’impro, comme de pédagogues et d’analystes de divers horizons, appelait un prolongement par une publication. C’est une des missions de Jeu d’en être partie prenante. Mais, tout en donnant la parole, de diverses façons, à des participants qui utilisent l’impro dans la formation, dans le processus de création ou encore qui en font la matière même d’un spectacle, nous avons voulu déborder des cadres de la LNI et de ce colloque.

Dans notre dossier, des réflexions contradictoires se manifestent, que ce soit sous la plume acérée de Raymond Cloutier, celle pince-sans-rire d’Alain Knapp, qui signe pour Jeu un impromptu inédit dans la Carte blanche du numéro, ou encore celle de François-Étienne Paré, dont la description de la méthode tient du procès-verbal notarié. Des enseignants invités par Hélène Beauchamp nous disent si l’impro est une formation ou une déformation et révèlent son importance au jour le jour dans leur pratique : Gilbert Sicotte, Michel Nadeau, Francine Alepin et Bernard Lavoie. Robert Dion, dans un entretien avec Alexandre Cadieux, évoque une carrière de créateur et d’enseignant nourrie par l’improvisation. Quant à Robert Lepage, interrogé par Irène Roy au colloque de la LNI, il raconte la part importante de l’impro dans son parcours et son travail actuel. De son côté, le directeur général de la LNI, Étienne St-Laurent, explique à Étienne Bourdages en quoi cet organisme se trouve « à la croisée des chemins ». Nous touchons également à la « création en direct » grâce à Stéphanie Valois, qui vient de terminer un mémoire sur le sujet, et à l’impro au cirque, grâce à notre experte Françoise Boudreault.

Ailleurs dans ce numéro, un double hommage est rendu à Jean Dalmain, sous la plume d’un critique et celle d’un artiste, Robert Lévesque et Marcel Pomerlo (il s’agit des allocutions qu’ils ont prononcées lors de la cérémonie-hommage qui s’est tenue au TNM le 10 mai 2010) ; l’œuvre-choc de Lars Norén fait l’objet d’une analyse fouillée de Marion Boudier ; Yan Hamel explique les enjeux de l’entrée fracassante de Dario Fo à la Comédie-Française ; Alexandre Cadieux rend compte d’une table ronde à Ottawa sur l’exercice de la critique ; Patricia Belzil donne une appréciation d’Incendies transposée au cinéma ; Marie-Andrée Brault nous amène en ballade nocturne avec Wajdi Mouawad ; enfin, des comptes rendus de spectacles et de festivals (Petits Bonheurs, le FTA, le Carrefour et Avignon) pour petits et grands nous renseignent sur des moments marquants de la vie théâtrale ici et ailleurs, que nous avons peut-être manqués, pour le meilleur ou pour le pire.

Michel Vaïs

À propos de

Docteur en études théâtrales, membre de la rédaction de JEU, il écrit dans la revue depuis le premier numéro. Secrétaire-général de l'Association internationale des critiques de théâtre depuis 1998, il voyage beaucoup à l’étranger.

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