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Rachel Graton obtient le prix Gratien-Gélinas 2017

Julie Artacho

Le prix Gratien-Gélinas, remis annuellement par la Fondation du Centre des auteurs dramatiques, est le plus important prix canadien décerné aux auteurs dramatiques francophones de la relève. Il est remis cette année à Rachel Graton pour son texte La nuit du 4 au 5.

Le prix est constitué de la Bourse Françoise-Berd, d’un montant de 10 000 $, destinée à l’auteure, alors qu’un montant de 15 000 $ est remis à la compagnie théâtrale qui portera le texte à la scène. Rachel Graton, 23e lauréate du prix, est diplômée de l’École nationale de théâtre. La nuit du 4 au 5 est son premier texte pour la scène. Artiste en résidence au Théâtre d’Aujourd’hui, elle travaille présentement sur son second texte, qui s’articule autour de la relation entre une adolescente et une intervenante dans un centre jeunesse.

Le CEAD produira une lecture publique du texte à l’occasion du festival Dramaturgies en dialogue qui se déroulera du 23 au 30 août 2017 au Théâtre d’Aujourd’hui. L’auteure recevra son prix lors de la remise des prix de la Fondation du CEAD qui aura lieu l’automne prochain.

La Nuit du 4 au 5

Une jeune femme subit une attaque, un soir d’hiver, tout près de chez elle. Dans le récit des événements se mêlent les voix des voisins et des témoins, celles des gens qui pensent savoir et de ceux qui aimeraient comprendre. Il y a aussi sa voix, à elle, et son corps, à elle, qui tentent de retracer le fil de l’histoire, au moyen des gestes, des mots, des sensations. Plus important encore, sa mémoire fuyante cherche à reconstruire le visage de l’assaillant. Parce que c’est bien de ça dont elle doit se souvenir, non ? Pour que ce soit vrai. Pour qu’il soit arrêté. Pour pouvoir en revenir. Non ?

Les commentaires du jury

« L’auteure réussit une plongée sensible et complexe dans un sujet important, trop souvent relégué à l’anecdotique ou au scabreux. Elle nous offre une version démultipliée du réel, une véritable partition théâtrale dont on devine chaque signe soigneusement choisi. Elle nous entraîne dans une enquête où se mêlent habilement le banal et le tragique, où elle se joue des préjugés et où les morceaux de bravoure ont comme contrepoint un ludisme maîtrisé. En abordant la question de l’agression dans une forme aussi riche et aboutie, l’auteure parvient réellement à mettre en jeu l’« être ensemble » d’aujourd’hui – celui de la salle de théâtre comme celui des villes que nous habitons. »

Une mention spéciale pour Benjamin Pradet

Le jury a tenu à décerner une mention au texte Schefferville pendant l’extinction de la race blanche de Benjamin Pradet, récit où trois périples s’entrecroisent : celui d’un orphelin autochtone qui veut se venger de son abandon, celui de sa famille qui n’arrive pas à accéder à ses territoires de chasse et celui de Duplessis qui rêve de retrouver Félix, son amour d’adolescence. « Il s’agit d’une proposition dramatique brillante et audacieuse. La langue est d’une splendeur, le mélange des temporalités est astucieux : cet auteur est visiblement en train de trouver une forme artistique de qualité et d’envergure pour réfléchir au Québec d’aujourd’hui et en faire un joyeux procès, fort nécessaire. » L’auteur recevra une bourse de 1 000 $.

Communiqué de presse | CEAD

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