Nouvelles

Message d’Andrew Tay pour la Journée internationale de la danse

Je vois la danse comme une bâtisseuse de communautés. En fait, je la vois créer des communautés chaque jour. Les gens se réunissent par la danse pour incarner les besoins et les valeurs qui leur sont propres. Que ce soit en répétition, dans une boîte de nuit, dans la rue, au centre communautaire, des amitiés et des alliances se forment sur la piste de danse et se prolongent dans la vie au quotidien.

Je vois la danse comme un champ en expansion. Cela me stimule que la danse, la chorégraphie, redéfinisse constamment ce qu’elle est, où elle se pratique et qui elle inclut. La danse survient non seulement dans les salles de spectacle, mais aussi dans les galeries, dans les espaces publics. De plus en plus, la danse se partage et s’apprend en ligne, se taillant une place dans le monde virtuel, apparaissant même lors de manifestations politiques. C’est inspirant de voir des artistes repousser les limites de la forme, pour créer des expériences indéfinissables qui élargissent nos esprits quant au devenir de la danse.

Je vois la danse comme une critique incarnée. Parce qu’elle fait directement appel au corps, la danse a le pouvoir de repenser les stéréotypes de la beauté et la place de notre corps dans la société d’aujourd’hui. Cela m’encourage de voir de plus en plus de danses qui défient avec audace la notion de genre et qui mettent à mal les idéaux de beauté physique démodés et les préjugés culturels. C’est évident, de nos jours, que tout le monde peut danser, que la danse n’est pas réservée à ceux et à celles qui sont physiquement aptes ou aux privilégiés.

Mais surtout, je vois la danse comme une forme de résistance ! Et la chorégraphie comme un outil pour contester les problèmes systémiques et fracasser les hiérarchies dans un sens physique. Quand nous dansons, nous expérimentons différemment le monde autour de nous. Nous apprenons de nouvelles choses à propos de nous-mêmes et à propos des personnes avec qui nous dansons. Je crois que la danse, à son meilleur, nous donne la liberté de proposer de nouvelles manières d’être, d’expérimenter et de vivre ensemble en ce monde.

Andrew Tay

Chorégraphe et directeur artistique de Wants&Needs danse et commissaire du Centre de création O Vertigo.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *