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Diane Boucher invite la jeune danse japonaise

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Diane Boucher connaît bien la scène chorégraphique nippone. Dès 1982, elle présente le danseur butō Min Tanaka au Musée d’art contemporain. Un hommage à la danse japonaise s’ensuit en 1989. Pionnier de la danse contemporaine dans son pays, Saburo Teshigawara, qui se produit en 1989 à Montréal, séduit un large public occidental. Par trois fois on le retrouve programmé dans des festivals montréalais.

Cet artiste est à l’origine d’une relève chorégraphique nippone dont on va découvrir trois signatures singulières au Wilder. Initié par Diane Boucher, présenté par l’Agora de la danse et Tangente, l’événement chorégraphique et filmique Dansu se tiendra du 18 au 28 octobre.

ST Spot

Invitée au Japon en 2005, 2013, 2014 et 2016, Diane Boucher siège sur des jurys internationaux. Grâce à l’International Dance Network Programme et au Yokohama Dance Collections, où elle présente la danse contemporaine québécoise, elle assiste à l’émergence de jeunes chorégraphes nippons. Les échanges se poursuivent.

«En 2006, explique Diane Boucher, la danse japonaise c’était surtout le butō et un sous-butō classique. Il y avait de jeunes chorégraphes qui imitaient les danseurs occidentaux. Par la suite, ils ont développé leur personnalité chorégraphique. Le Festival New Air, actuellement dirigé par Maki Miyakubo, a vu émerger depuis six ans une nouvelle génération, qui a trouvé son esthétique.»

Soleil levant

Pour l’événement Dansu, Diane Boucher a retenu trois artistes originaux, représentatifs des tendances actuelles au Japon. Plusieurs fois primée, Kaori Seki se concentre sur la lenteur, les odeurs et toutes sortes de mouvements primitifs. Connu pour son approche du texte, Zan Yamashita, de Kyoto, met ici en scène le danseur Kim Itoh, qu’on a pu voir à Montréal dans son travail alliant électronique et corps. Finalement Mikiko Kawamura, pratiquant la street dance, livre un solo qu’on nous promet foudroyant, sous le signe de la culture pop.

Bozzo

Après les maîtres du butō, qui ont présenté leurs œuvres au cours des ans − les Kazuo Ohno, Sankai Juku, Ushio Amagatsu, Yoshito Ohno, Tanaka Min – ces artistes inspireront-ils le public et les créateurs québécois, comme les précédents l’ont fait pour Jocelyne Montpetit ou Lucie Grégoire?

On verra aussi des films et des vidéos de Saburo Teshigara, des œuvres qui ne sont pas des captations, précise Diane Boucher: «Ce sont des créations visuelles, qui font le lien avec ses pièces. Saburo est non seulement un performeur, mais aussi un sculpteur. Voir ses films, c’est comme voir les films d’Édouard Lock, ce sont des créations en soi.» Saburo travaille souvent sur le double. Chorégraphe, il est aussi l’auteur d’installations et de pièces pour de grandes compagnies de danse internationales.

Dansu

Portrait de la nouvelle danse japonaise: Alphard de Mikiko Kawamura, Amigrecta de Kaori Seki, Namae ga Nai de Zan Yamashita. Ciné-danse: films et vidéos de Saburo Teshigawara. Une présentation de l’Agora de la danse et de Tangente. Au Wilder du 18 au 28 octobre 2017.

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