Critiques

Foirée Montréalaise volume 4 : du théâtre de Noël

la foirée montréalaise

Désormais devenue un rendez-vous du temps des fêtes, la foirée montréalaise du Théâtre Urbi et Orbi revient cette année à La Licorne avec les contes du Plateau-Mont-Royal. 

La foirée montréalaiseCourtoisie théâtre Urbi et Orbi

Cette année encore Martin Desgagné, le metteur en scène, donne la parole à une nouvelle bande de comédiens et de musiciens pour explorer un quatrième quartier de Montréal, et pas des moindres. À l’entrée de la salle, le public est accueilli en musique, le ton festif étant immédiatement donné à la soirée. Les échappées musicales ponctuent en effet le spectacle, par autant des reprises que des créations originales. L’influence des émissions de télévision est indéniable et les Soirées canadiennes ne sont jamais très loin. S’il ne nous apprend pas grand-chose de nouveau sur la ville en tant que telle, le spectacle se présente plutôt comme un moment « feel good » pour ceux qui reconnaîtront leur quotidien ou autres instants de leur passé. Une pièce pour reconnecter avec sa ville et ceux qui la partagent. Chacun sur la scène y va de ses petites anecdotes liées au quartier, allant de l’intime au plus fictionnel, et le public est régulièrement appelé à prendre part à la discussion. Car tout le monde est passé à un moment de sa vie par le Plateau-Mont-Royal, mais surtout, tout le monde a un avis sur le quartier ! Le Plateau, la dernière fantaisie que Montréal se soit autorisée, comme le décrit l’un des comédiens. 

La foirée montréalaiseCourtoisie théâtre Urbi et Orbi

Heureusement, Michel Tremblay n’est jamais trop loin quand il s’agit du Plateau-Mont-Royal même si les « chroniques d’Urbi et Orbi » n’ont pas toujours la saveur de l’auteur bien-aimé. Vie d’artistes, rencontres de gentils immigrants, invasion des Français, crise des loyers, les anecdotes restent malheureusement souvent un peu clichées. L’histoire de la voisine portugaise qui chante du fado à ses tomates laisse un peu pantoise. Puis, Geneviève Labelle se met à la guitare et nous entonne Estranha forma de vida et là l’émotion prend place dans le théâtre. Car les créations musicales des comédiens sont, elles, savoureuses. L’interprétation de Brigitte Saint-Aubin de sa composition L’arbre de la rue Durocher en hommage à Armand Vaillancourt​ est un de ces moments.

la foirée montréalaiseCourtoisie théâtre Urbi et Orbi

Autre idée originale à noter, toutes les pièces du décor sont à vendre afin d’éviter de gaspiller du mobilier de théâtre à usage quasi unique. Tout à fait dans l’air du temps, mais très malin ! C’est sympathique. Est-ce du théâtre ? Du théâtre documentaire ? Difficile à dire… Ce qui est sûr c’est que la série de spectacles draine un public enjoué devenu un vrai fidèle du rendez-vous. 

Foirée Montréalaise

Textes : Brigitte Saint-Aubin, Eugénie Beaudry, Fabien Dupuis, François Parenteau, Geneviève Labelle, Mélodie Noël Rousseau, Marcel Pomerlo, Julie-Anne Ranger-Beauregard et Tatiana Zinga Botao. Mise en scène : Martin Desgagné. Animation : Pascal Contamine. Avec : Brigitte Saint-Aubin, Eugénie Beaudry, Fabien Dupuis, François Parenteau, Geneviève Labelle, Marcel Pomerlo et Tatiana Zinga Botao. Musique : Robin Boulianne et Claude Fradette. Assistance à la mise en scène : Hélène Rioux. Direction artistique du spectacle : Yvan Bienvenue. Illustration : Tresnormal (Joern Schmidt). Une production du Théâtre Urbi et Orbi en codiffusion avec La Manufacture, présentée à La Licorne du 4 au 21 décembre.

Un commentaire

  1. Samule Pradier
    Samule Pradier

    En effet, beaucoup trop de clichés, des dialogues malaisants à la limite du racisme, une impression d’improvisation constante, des comédiens pas toujours à leur meilleur, et surtout un manque abyssal de substance et de contenu. Le concept de “Foirée” semble avoir atteint son plus bas niveau.

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