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Lauréat·es des prix de la critique 2017-2018

Lauréat·es des prix de la critique

L’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) a remis ce mardi devant public, lors d’un 5 à 8 à la Maison de la littérature, ses Prix de la critique pour la saison 2017-2018 à Québec. Voici la liste des lauréates et des lauréats.

Dans la catégorie « Meilleur spectacle jeunesse » :

L’HÔPITAL DES POUPÉES, texte Isabelle Hubert; mise en scène Jean-Philippe Joubert; une production Nuages en pantalon.

Pièce sur la quête de sens, sur la maturité, sur l’art du raisonnement et de la critique, sur l’ouverture vers l’autre et la force de grandir, L’Hôpital des poupées de la compagnie Nuages en pantalon a su poser de grandes questions tout en dépeignant avec ludisme ce qui se passe dans la tête et dans la vie d’une enfant. Une jeune fille qui, après avoir malencontreusement brisé sa poupée, s’interroge sur la vérité et la provenance des idées. À l’écriture, le trio composé de Claudia Gendreau, Jean-Philippe Joubert et Isabelle Hubert a su faire sien les propos du roman philosophique du même titre de l’autrice américaine Ann Margaret Sharp. Audacieuse, pertinente, la pièce se veut sereine, lumineuse, imaginative et fantaisiste, et ce, grâce au décor fragmenté et coloré conçu par Alain Gagné, à la musique de Nicolas Jobin et au superbe jeu de Mélissa Merlo et Nicolas Drolet.

Les autres finalistes étaient :

LES MATINÉES BERÇANTES, idéation Josiane Bernier, Audrey Marchand et Laurence P Lafaille; écriture scénique Josiane Bernier et Audrey Marchand; une production Les Incomplètes;

RIPOPÉE, idée originale, direction artistique et mise en scène Christine Rossignol; une production L’Aubergine.

Dans la catégorie « Hors Québec » :

COLD BLOOD, une production associée Théâtre de Namur; coproduction Charleroi Danses, la Fondation Mons 2015, KVS, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, le Printemps des comédiens, Torino Danza, Canadian Stage Toronto, Théâtre de Carouge, Théâtre des Célestins, présenté au Carrefour de théâtre de Québec.

Ce spectacle fabuleux aspire le public dans l’univers magique du cinéma. Virtuoses de la scène, les comédiens-manipulateurs mettent en branle une machinerie en miniature, dévoilant trucs et astuces cinématographiques que des caméras captent et projettent sur grand écran. Ainsi, le spectateur assiste à la première d’un film et voit simultanément les dessous de la production. Remarquable jeu de perception, précision de la mise en scène, attendrissante complicité entre les acteurs et le dispositif, angles de vue entrelacés, Cold Blood, sur fond musical de grands succès, nous rend complice de la fabrication du rêve.

Les autres finalistes étaient :

LA NUIT DES TAUPES, une coproduction Nanterre-Amandiers, centre dramatique national, steirischer herbst, Kunstenfestivaldesarts, Théâtre Vidy – Lausanne, La filature – Scène nationale, Künstlerhaus Mousonturm, Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, Kaaïtheater, Centre d’art Le Parvis, présenté au Carrefour international de théâtre de Québec;
OBLIVION, une coproduction CAMPO, HAU, Göteborgs Dans & Teater Festival, Noorderzon et Kunstenfestivaldesarts, présentée au Carrefour international de théâtre de Québec.

Dans la catégorie « Meilleure mise en scène » :

ALEXANDRE FECTEAU pour Amadeus; une production du Trident.

En continuité avec son travail antérieur, Alexandre Fecteau a cherché à rapprocher le drame viennois de notre époque et de son public afin, comme il l’affirme, de « soulever de nouvelles questions » : voltige réussie entre tradition et modernité. Au-delà de la rivalité entre Mozart et Salieri et de la soif de rédemption de chacun, le spectateur saisit les pans de vie à l’origine de la composition des œuvres musicales majeures de Mozart ainsi que le destin cruel de tous les artistes.

Les autres finalistes étaient :

MARIE-JOSÉE BASTIEN pour Closer – Tout contre toi; une production du Théâtre Niveau Parking;

MARIE-JOSÉE BASTIEN pour Incendies; une production du Trident;

L’ORCHESTRE D’HOMMES-ORCHESTRES pour Tomates; une production L’orchestre d’hommes-orchestres.

Dans la catégorie « Meilleur texte original » :

P.O.R.N. PORTRAIT OF RESTLESS NARCISSISM, de Christian Lapointe et Nadia Ross, une coproduction Carte Blanche et STO Union.

Le texte de Lapointe et Ross porte sur l’obsession des désirs que même le monde virtuel ne peut assouvir. Cette plongée dans le deep Web nous entraîne dans les abysses les plus sombres d’une humanité en quête de bonheur. Le jeu du désir et des promesses non tenues devient une tragédie où les humains s’abîment dans une solitude infinie. Ce texte percutant construit à partir des codes du Web et d’une syntaxe elliptique souligne l’impossible communication, tous les mots dépossédés de leur sens.

Les autres finalistes étaient :

HYPO, texte de Nicola-Frank Vachon; mise en scène Maryse Lapierre; une production Les Hébertistes;

MADE IN BEAUTIFUL (LA BELLE PROVINCE), un texte d’Olivier Arteau ainsi que d’Ariel Charest, David Bouchard, Frédérique Bradet, Gabriel Cloutier Tremblay, Jonathan Gagnon, Léa Aubin, Lucie M. Constantineau, Marc-Antoine Marceau, Marie-Josée Bastien, Nathalie Séguin et Vincent Roy; mise en scène Olivier Arteau; une production du Théâtre Kata.

Dans la catégorie « Meilleure scénographie » :

KEVEN DUBOIS ET MARIANNE LEBEL pour Hypo; une production Les Hébertistes.

Keven Dubois, Marianne Lebel et l’équipe de conception d’Hypo ont réussi avec ingéniosité et beaucoup de réalisme à recréer, dans la petite salle de Premier Acte, les paysages lunaires de l’Islande : des volcans, des geysers, des falaises, un orage, des vagues géantes et des ciels immenses. Les éclairages, les projections vidéo, les prises de vue en direct et les effets sonores faisant parfois vibrer les sièges donnait au public l’impression d’être dans ce « grand dehors ».

Les autres finalistes étaient :

MARIE-RENÉE BOURGET HARVEY pour Incendies, une production du Trident;

MICHEL GAUTHIER pour Amadeus, une production du Trident;

L’ORCHESTRE D’HOMMES-ORCHESTRES, pour Tomates, une production de L’orchestre d’hommes-orchestres.

Dans la catégorie « Interprétation masculine » :

JACQUES LEBLANC dans Amadeus, du Trident.

Avec le Salieri d’Amadeus, Jacques Leblanc s’est vu offrir un rôle qui a permis de mesurer l’ampleur de son talent. Séduisant dans ses interactions avec le public et capable de meubler seul une scène pourtant vaste, il nous a aspiré avec une aisance remarquable dans son récit. Déployant une vaste gamme d’émotions, du ressentiment profond à l’admiration sincère, toujours avec la même profondeur, le comédien s’est hissé à la hauteur du personnage de Peter Shaffer. Il a su en tirer une ambivalence profondément humaine, livrant une interprétation mémorable, et un Salieri imposant.

Les autres finalistes étaient :

JONATHAN GAGNON dans Extras et ordinaires, du Théâtre de passage;

PIERRE-OLIVIER GRONDIN dans Amadeus, du Trident.

Dans la catégorie « Interprétation féminine » :

ARIANE BELLAVANCE-FAFARD, dans Une bête sur la lune; une production La Bordée.

De Seta, cette victime du génocide arménien d’Une bête sur la lune, Ariane Bellavance-Fafard livre un portrait en nuances, lequel oscille entre gratitude et réticence, fragilité et indocilité. La justesse de son interprétation suggère sans les imposer les souffrances liées au déracinement, et son jeu modulé avec les années qui passent restitue le patient murissement de son personnage, de la jeunesse à l’âge adulte. Au personnage de Richard Kalinoski, la comédienne a su insuffler une lumière vive, et une indéniable soif de liberté.

Les autres finalistes étaient :

FRÉDÉRIQUE BRADET, dans Lucky Lady; une production La Bordée;

MARIE-HÉLÈNE LALANDE, dans Titus; une production Les Écornifleuses;

JOANIE LEHOUX, dans Titus; une production Les Écornifleuses.

Dans la catégorie « Meilleur spectacle » :

AMADEUS, mise en scène Alexandre Fecteau; texte Peter Shaffer; traduction Pol Quentin; direction musicale Anne-Marie Bernard; une production du Trident. (photo)

Le Théâtre du Trident a offert au public de Québec une production grandiose, un spectacle total intégrant d’une manière remarquable le théâtre, la danse, la musique et le chant. L’inventivité des différents créateurs (Michel Gauthier à la conception scénique, Anne-Marie Bernard à la direction musicale, Jean-François Labbé aux éclairages, Kate Lecours aux costumes) a permis de servir à merveille la vision d’Alexandre Fecteau et de proposer au public une expérience théâtrale à la fois divertissante et riche de réflexions.

Les autres finalistes étaient :

HÔTEL-DIEU, une production Nous sommes ici;

INCENDIES, une production du Trident;

TOMATES, une production de L’orchestre d’hommes orchestres.

Un Prix spécial a également été remis cette année à L’ORCHESTRE D’HOMMES-ORCHESTRES pour son travail soutenu et exceptionnel depuis sa création en 2002.

Ce collectif à configuration variable ne cesse de patenter les formes inouïes d’un spectacle total, sorte d’opéra baroque en forme de dérèglement du rationnel. Chaque production de L’orchestre d’hommes-orchestres devient un événement, une expérience sensorielle et cérébrale qui échappe aux conventions usuelles des arts de la scène. […] Entre musique, théâtre, structure polymorphe et multidisciplinaire, mixité des langages et interaction avec le public, L’orchestre d’hommes-orchestres construit avec humour et cynisme une nouvelle narrativité en miroir critique de la société actuelle.

Les Prix de la critique remis par l’AQCT

Les Prix de la critique sont remis annuellement depuis 1985 par l’intermédiaire d’un vote des membres de l’Association québécoise des critiques de théâtre suivi d’une discussion. L’AQCT compte une trentaine de membres œuvrant dans une dizaine de médias à Montréal et à Québec.

www.facebook.com/aqctheatre

Communiqué de presse | AQCT

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