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« Ceci n’est pas du théâtre » : le CQT prend la parole

Marc-Antoine Zouéki

Dans un geste inédit, en cette période sans précédent où les milieux du théâtre et des arts du spectacle vivant sont frappés de plein fouet, sans savoir quand ils pourront à nouveau vivre pleinement leur raison d’être, le Conseil québécois du théâtre (CQT) publie une lettre ouverte, signée par les membres de son conseil d’administration, intitulée « Ceci n’est pas du théâtre ». On y déplore notamment les prises de position du directeur du Conseil des arts du Canada, Simon Brault, en faveur d’un virage numérique présenté comme une panacée pour l’avenir du théâtre.

« La nature directe des arts vivants est, en général, incompatible avec le numérique », rappelle le CQT, qui reconnaît que les récentes initiatives artistiques en ligne, qui permettent aux artistes de garder le contact avec le public, sont un réconfort momentané, « un diachylon que nous apprécions pour ce qu’il est », écrit-on, avant de préciser : « Une initiative spontanée née en état de choc n’est pas garante de la volonté, ni de la capacité, d’un artiste à poursuivre dans cette voie – voie presque systématiquement bénévole, il faut le dire. »

Convaincu que le théâtre survivra à la crise – mais aussi que nous ne sommes qu’au début d’un long passage à vide –, le CQT réitère le rôle fondamental de cet art : « Le théâtre est l’art du rassemblement. Sans la rencontre directe avec le public, le théâtre n’est pas. Sans cette conscience délicieuse et dangereuse de la faillibilité de l’humain là devant soi, le théâtre n’est pas. Sans la mystique conscience de partager un moment unique, aussitôt enfui, le théâtre n’est pas. Sa qualité existentielle repose sur son éphémérité. C’est ce qui survient entre les corps rassemblés qui est théâtre. Ce sont les idées et les sensations qui circulent entre les esprits présents qui sont théâtre. Nous construisons des univers multiformes, intégrons les nouvelles technologies, nous unissons parfois à d’autres disciplines, mais rien de cela n’affecte la nature profonde des arts vivants, qui répondent au besoin préhistorique de l’humain d’être au milieu des siens, de s’observer être en la présence cathartique de ses semblables. »

Pour lire la lettre en entier, c’est ici.

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