La première pièce de l’écrivain Samuel Archibald – révélé par le recueil de nouvelles Arvida (Prix des libraires 2012) – nous ramène dans sa région natale, le Saguenay, un soir d’orage terrible et inquiétant. Dans un bar-taverne frappé par une panne d’électricité, autour de la serveuse Loulou, quatre hommes se retrouvent de façon inusitée à attendre la fin de cette pluie torrentielle, en se racontant des histoires de peur.
Si la fable, ainsi narrée, peut paraître un peu facile et déjà vue, l’équipe de création a su lui insuffler assez de force pour qu’on ne s’ennuie pas une seconde. En s’inspirant de faits vécus et de légendes de son coin de pays qui ont nourri sa jeunesse, l’auteur a créé des personnages complexes et intrigants. Le rythme imposé par la mise en scène, illustrant l’attente et l’angoisse, avec des passages au ralenti pour marquer la lenteur des heures, ainsi que les ambiances sonores et les jeux de pénombre, attachent notre attention à la trame dramatique.
Loulou, interprétée avec beaucoup d’aplomb par Dominique Quesnel, a appelé le policier à la retraite Martial pour lui dire que Rénald, surnommé «Briquet», s’est présenté au bar, seul, et qu’il ne veut plus en partir. Loulou semble avoir peur de cet étrange jeune homme, qui sort de l’asile, après avoir commis un acte d’une gravité innommable. Mais comme dans tout bon suspense, on nous en révèle juste assez pour titiller notre intérêt.
Comme les deux autres personnages en présence, Mario, le mari inconsolable de la perte de sa femme, et le mystérieux homme en noir, Robert Albert Gilbert, chacun, ici, a vécu au moins une aventure qui a laissé un doute, une crainte, une inquiétude que certains préfèreraient garder enfouis. Faire revivre la frayeur d’un soir, d’un jour lointain serait comme attirer le malheur. Et c’est évidemment ce qui va arriver…
Dans la grande salle du bar, aux nombreuses tables et chaises, les narrations se suivent sans se ressembler, chaque nouvelle histoire semblant plus terrifiante, plus louche que la précédente. De la légende lointaine de la Marie sans tête au récit de la disparition d’aviateurs français ayant réussi à traverser l’Atlantique avant Lindberg, et qui auraient péri dans la forêt saguenéenne, on passe aux angoissants rêves de chacun. Celui de Rénald rappelle le drame de Chapais, où des dizaines de personnes réunies dans une salle communautaire moururent dans les flammes en janvier 1980. Peu à peu, l’étau se resserre autour du garçon, jusqu’à l’irréparable.
Les comédiens offrent de bonnes prestations, tous justes et jouant avec une belle cohérence malgré que la pièce, très narrative, leur donne peu d’occasions d’être en action. Sauf à la fin, où le drame prend des allures de thriller au dénouement tragique un peu forcé. On passe un agréable moment à ce théâtre de l’épouvante, qui demeure un intéressant exercice de style, mais porte peu à conséquence.
Texte de Samuel Archibald. Mise en scène de Patrice Dubois. Une coproduction du Théâtre PàP, des Productions À tour de rôle et du Théâtre La Rubrique. À l’Espace GO jusqu’au 12 mars 2016.
La première pièce de l’écrivain Samuel Archibald – révélé par le recueil de nouvelles Arvida (Prix des libraires 2012) – nous ramène dans sa région natale, le Saguenay, un soir d’orage terrible et inquiétant. Dans un bar-taverne frappé par une panne d’électricité, autour de la serveuse Loulou, quatre hommes se retrouvent de façon inusitée à attendre la fin de cette pluie torrentielle, en se racontant des histoires de peur.
Si la fable, ainsi narrée, peut paraître un peu facile et déjà vue, l’équipe de création a su lui insuffler assez de force pour qu’on ne s’ennuie pas une seconde. En s’inspirant de faits vécus et de légendes de son coin de pays qui ont nourri sa jeunesse, l’auteur a créé des personnages complexes et intrigants. Le rythme imposé par la mise en scène, illustrant l’attente et l’angoisse, avec des passages au ralenti pour marquer la lenteur des heures, ainsi que les ambiances sonores et les jeux de pénombre, attachent notre attention à la trame dramatique.
Loulou, interprétée avec beaucoup d’aplomb par Dominique Quesnel, a appelé le policier à la retraite Martial pour lui dire que Rénald, surnommé «Briquet», s’est présenté au bar, seul, et qu’il ne veut plus en partir. Loulou semble avoir peur de cet étrange jeune homme, qui sort de l’asile, après avoir commis un acte d’une gravité innommable. Mais comme dans tout bon suspense, on nous en révèle juste assez pour titiller notre intérêt.
Comme les deux autres personnages en présence, Mario, le mari inconsolable de la perte de sa femme, et le mystérieux homme en noir, Robert Albert Gilbert, chacun, ici, a vécu au moins une aventure qui a laissé un doute, une crainte, une inquiétude que certains préfèreraient garder enfouis. Faire revivre la frayeur d’un soir, d’un jour lointain serait comme attirer le malheur. Et c’est évidemment ce qui va arriver…
Dans la grande salle du bar, aux nombreuses tables et chaises, les narrations se suivent sans se ressembler, chaque nouvelle histoire semblant plus terrifiante, plus louche que la précédente. De la légende lointaine de la Marie sans tête au récit de la disparition d’aviateurs français ayant réussi à traverser l’Atlantique avant Lindberg, et qui auraient péri dans la forêt saguenéenne, on passe aux angoissants rêves de chacun. Celui de Rénald rappelle le drame de Chapais, où des dizaines de personnes réunies dans une salle communautaire moururent dans les flammes en janvier 1980. Peu à peu, l’étau se resserre autour du garçon, jusqu’à l’irréparable.
Les comédiens offrent de bonnes prestations, tous justes et jouant avec une belle cohérence malgré que la pièce, très narrative, leur donne peu d’occasions d’être en action. Sauf à la fin, où le drame prend des allures de thriller au dénouement tragique un peu forcé. On passe un agréable moment à ce théâtre de l’épouvante, qui demeure un intéressant exercice de style, mais porte peu à conséquence.
Saint-André-de-l’Épouvante
Texte de Samuel Archibald. Mise en scène de Patrice Dubois. Une coproduction du Théâtre PàP, des Productions À tour de rôle et du Théâtre La Rubrique. À l’Espace GO jusqu’au 12 mars 2016.