L’inclusion des technologies numériques à la scène mène à un élargissement des perceptions du corps, laissant présager de nouvelles avenues pour le milieu de la danse. Alors amené à intégrer des corps alternatifs à ses créations, le rôle du chorégraphe mute au contact des nouvelles technologies qui nourrissent sa créativité et ouvrent le champ des possibles.
Andrea Peña fait partie des chorégraphes émergentes travaillant de près avec les nouvelles technologies. Dans VIUN, présenté à Zone Homa, la danse trouve son essence aux abords d’une savante architecture numérique. La pièce vise à créer un dialogue entre les interprètes et un dispositif composé de multiples luminaires (signées Omar Al Faleh et Nikolaos Chandolias), qui réagissent à la fois au mouvement du danseur, mais réciproquement l’initient. Une installation impliquant caméras infrarouges et lumières interactives pour une scénographie minimaliste et épurée.
Originaire de Bogota, Andrea Peña a grandi à Vancouver. Il y a trois ans, elle s’est établie au Québec afin de travailler en tant qu’interprète pour les Ballets Jazz de Montréal. D’importantes blessures l’obligent à abandonner sa carrière de danseuse. Elle se réoriente alors vers le métier de chorégraphe et entreprend parallèlement des études en design industriel à l’université de Concordia, une discipline qu’elle intègre continuellement à sa démarche artistique.
Première pièce composée par la chorégraphe, VIUN garde une place bien particulière dans sa jeune carrière. Depuis sa présentation l’année dernière à Quartiers Danses, la pièce a été retravaillée et remaniée. Dans cette nouvelle version, son objectif était de pousser encore plus loin l’interaction objet/corps humain.
« Quand on travaille avec les technologies, on ajoute un corps étranger à la chorégraphie. C’est un alien qu’il faut apprivoiser. Pouvoir combiner le mouvement humain à celui de la matière technologique, faire en sorte qu’il puisse y avoir une véritable communication entre ces deux corps et que le tout soit organique, c’est un processus qui prend du temps et de nombreuses étapes, » dit Andrea Peña.
Les aller et retours de la pensée introspective
« Imaginez que vous essayez de danser avec un luminaire. Ça peut paraître un peu absurde ou, du moins, assez suffisant comme approche. Dans la vie courante, nous n’avons pas l’habitude d’interagir avec les objets de cette manière. Alors le plus gros défi pour les interprètes, c’est d’être honnête dans cette interaction, de prendre en compte ce que le cerveau et le corps déclenchent face aux signaux émis par l’objet et pour chacun de trouver sa propre relation à celui-ci, » déclare la chorégraphe.
Dans VIUN, l’artiste compose à partir des réponses-réactions des interprètes placés au cœur de cette architecture lumineuse. Un procédé créatif qui laisse une importante place à l’improvisation et où la musique électronique, composée live, vient jouer un rôle de catalyseur.
À l’origine de la création, ce sont des notions de physique quantique telles que les principes d’action-réaction et de dynamique des objets qui guident l’artiste dans son exploration chorégraphique : « Ces principes peuvent s’appliquer à nos relations avec les autres, mais aussi à l’introspection, lorsqu’on dialogue avec soi-même par exemple. Les lumières représentent subtilement les aller et retours de la pensée introspective. Cette version de la pièce se penche spécifiquement sur l’intériorité, sur ce qu’on peut trouver à l’intérieur de soi : la part « sale » de la pensée, la frustration, l’inconfort. »
Au-delà des dynamiques de mouvement, le thème de l’individualité est omniprésent dans les créations de la chorégraphe. « Dans mon travail, je fais référence aux systèmes sociaux qui nous construisent, nous structurent et nous contraignent en tant qu’individu », affirme-t-elle. Dans son œuvre plus récente, Kairos, il est ainsi question de possibilités d’expression de soi dans une société homogène.
L’année à venir s’avère prolifique pour l’artiste émergente s’apprêtant à présenter 0110 durant le festival Quartiers Danses – une pièce pour cinq danseurs résultant de sa résidence au Spingboard Danse Montréal – et à partir en tournée avec Kairos en Amérique latine. Un travail que la jeune chorégraphe porte à bout de bras, alors qu’elle rêve de pouvoir créer officiellement sa propre compagnie.
Création de Laura Toma, Katherine Ng, Emilie Durville, Laurence Dufour, Morgane Le Tiec, Nikolaos Chandolias et Andrea Peña. Présentée le 24 août à la Maison de la culture Maisonneuve, à l’occasion de Zone Homa.
L’inclusion des technologies numériques à la scène mène à un élargissement des perceptions du corps, laissant présager de nouvelles avenues pour le milieu de la danse. Alors amené à intégrer des corps alternatifs à ses créations, le rôle du chorégraphe mute au contact des nouvelles technologies qui nourrissent sa créativité et ouvrent le champ des possibles.
Andrea Peña fait partie des chorégraphes émergentes travaillant de près avec les nouvelles technologies. Dans VIUN, présenté à Zone Homa, la danse trouve son essence aux abords d’une savante architecture numérique. La pièce vise à créer un dialogue entre les interprètes et un dispositif composé de multiples luminaires (signées Omar Al Faleh et Nikolaos Chandolias), qui réagissent à la fois au mouvement du danseur, mais réciproquement l’initient. Une installation impliquant caméras infrarouges et lumières interactives pour une scénographie minimaliste et épurée.
Originaire de Bogota, Andrea Peña a grandi à Vancouver. Il y a trois ans, elle s’est établie au Québec afin de travailler en tant qu’interprète pour les Ballets Jazz de Montréal. D’importantes blessures l’obligent à abandonner sa carrière de danseuse. Elle se réoriente alors vers le métier de chorégraphe et entreprend parallèlement des études en design industriel à l’université de Concordia, une discipline qu’elle intègre continuellement à sa démarche artistique.
Première pièce composée par la chorégraphe, VIUN garde une place bien particulière dans sa jeune carrière. Depuis sa présentation l’année dernière à Quartiers Danses, la pièce a été retravaillée et remaniée. Dans cette nouvelle version, son objectif était de pousser encore plus loin l’interaction objet/corps humain.
« Quand on travaille avec les technologies, on ajoute un corps étranger à la chorégraphie. C’est un alien qu’il faut apprivoiser. Pouvoir combiner le mouvement humain à celui de la matière technologique, faire en sorte qu’il puisse y avoir une véritable communication entre ces deux corps et que le tout soit organique, c’est un processus qui prend du temps et de nombreuses étapes, » dit Andrea Peña.
« Imaginez que vous essayez de danser avec un luminaire. Ça peut paraître un peu absurde ou, du moins, assez suffisant comme approche. Dans la vie courante, nous n’avons pas l’habitude d’interagir avec les objets de cette manière. Alors le plus gros défi pour les interprètes, c’est d’être honnête dans cette interaction, de prendre en compte ce que le cerveau et le corps déclenchent face aux signaux émis par l’objet et pour chacun de trouver sa propre relation à celui-ci, » déclare la chorégraphe.
Dans VIUN, l’artiste compose à partir des réponses-réactions des interprètes placés au cœur de cette architecture lumineuse. Un procédé créatif qui laisse une importante place à l’improvisation et où la musique électronique, composée live, vient jouer un rôle de catalyseur.
À l’origine de la création, ce sont des notions de physique quantique telles que les principes d’action-réaction et de dynamique des objets qui guident l’artiste dans son exploration chorégraphique : « Ces principes peuvent s’appliquer à nos relations avec les autres, mais aussi à l’introspection, lorsqu’on dialogue avec soi-même par exemple. Les lumières représentent subtilement les aller et retours de la pensée introspective. Cette version de la pièce se penche spécifiquement sur l’intériorité, sur ce qu’on peut trouver à l’intérieur de soi : la part « sale » de la pensée, la frustration, l’inconfort. »
Au-delà des dynamiques de mouvement, le thème de l’individualité est omniprésent dans les créations de la chorégraphe. « Dans mon travail, je fais référence aux systèmes sociaux qui nous construisent, nous structurent et nous contraignent en tant qu’individu », affirme-t-elle. Dans son œuvre plus récente, Kairos, il est ainsi question de possibilités d’expression de soi dans une société homogène.
L’année à venir s’avère prolifique pour l’artiste émergente s’apprêtant à présenter 0110 durant le festival Quartiers Danses – une pièce pour cinq danseurs résultant de sa résidence au Spingboard Danse Montréal – et à partir en tournée avec Kairos en Amérique latine. Un travail que la jeune chorégraphe porte à bout de bras, alors qu’elle rêve de pouvoir créer officiellement sa propre compagnie.
Viun
Création de Laura Toma, Katherine Ng, Emilie Durville, Laurence Dufour, Morgane Le Tiec, Nikolaos Chandolias et Andrea Peña. Présentée le 24 août à la Maison de la culture Maisonneuve, à l’occasion de Zone Homa.