Certaines cultures autour du monde célèbrent leurs morts de manière joyeuse et ludique. La prémisse de Les grand-mères mortes, une fête de Karine Sauvé, s’inspire de ces rituels différents des nôtres. L’objectif de ce spectacle, conçu pour les 9 à 14 ans, est de transformer en un cérémonial théâtral les derniers instants de sa grand-mère Thérèse, et ses deux meilleures amies, Simone et Lucille, au cours d’une soirée de fête où se mélangent humour, tendresse et musique.
Débarquant simplement sur scène pour raconter ses souvenirs, Karine Sauvé a choisi une trame narrative linéaire, faisant le tour de chaque personne l’une après l’autre. Elle ne joue pas de personnage, il n’y a pas de quatrième mur, elle s’adresse directement aux spectateurs. La première, Simone, était une vieille dame qui s’habillait chic, avec sa robe blanche et ses talons hauts, pour regarder des documentaires animaliers à la télé. Plusieurs objets servent à évoquer la mémoire de chacune de ces femmes disparues, que ce soit un manteau de fourrure, des tresses de cheveux, ou un trognon de pomme.
On passe ensuite à Lucille dont la vie tournait autour de sa cuisine, et qui offrait des sandwichs contre des câlins de 20 secondes. Jusqu’à sa mort, le soir de Noël, après avoir cuisiné le réveillon pour tous ses amis, sa vie a été faite de rituels gastronomiques, pas toujours ragoûtants. Enfin, Karine évoque sa grand-mère Thérèse qui pouvait tout entendre grâce à son oreille bionique. Une forme humaine grandeur nature en pâte à modeler, qui était au sol, va alors être décollée pour finir assise sur une chaise, rompue à l’effet de la gravité sur la matière. Une symbolique d’un goût douteux qui fait écho à la déliquescence de la mémoire de Thérèse, qui finira par ne plus reconnaître sa petite-fille.
Une performance musicale
Le synopsis de départ semblait intéressant, mais il manque de mots dans ces histoires, plus suggérées que racontées. Certains tableaux sont réussis, comme les deux souliers qui marchent, mais puisque les manipulations se font à vue, on perd souvent la magie qui est censé transparaitre. On sent que Karine Sauvé, une artiste multidisciplinaire, a privilégié le côté performance plutôt que la profondeur de la dramaturgie. Durant la création, elle a discuté avec de nombreux enfants et des personnes âgées sur le thème de la mort, conversations qui lui ont servi d’inspiration et qu’elle a ensuite choisi de traduire en objets, marionnettes et installations. Il y a d’ailleurs beaucoup trop de matériel sur scène dont on se demande l’utilité, ce qui vient brouiller notre lecture de la scénographie.
La musique est omniprésente avec Nicolas Letarte, derrière sa batterie, qui alterne entre différents styles musicaux (techno, disco, jazz ou métal). Il est aussi un beatbox incroyable. Sa représentation sonore d’un chat qui se fait frapper par un camion va rester dans bien des petites têtes. Après le récit du décès de chacune des grands-mères, Karine Sauvé leur adresse une carte postale qui résume ses souvenirs. Plus qu’une fête, ce spectacle est surtout rempli de nostalgie, du souvenir des moments de bonheurs avec nos chers disparus. On reste quand même loin des rites mexicains festifs et colorés.
Texte: Karine Sauvé et David Paquet. Scénographie et installation: Karine Sauvé. Musique: Nicolas Letarte. Éclairages: Thomas Godefroid. Conseil à la scénographie: Julie Vallée-Léger. Avec Karine Sauvé et Nicolas Letarte. Une production de Mammifères. À la Maison Théâtre jusqu’au 25 février 2017. À la Nouvelle Scène Gilles Desjardins (Ottawa) le 17 février 2018.
Certaines cultures autour du monde célèbrent leurs morts de manière joyeuse et ludique. La prémisse de Les grand-mères mortes, une fête de Karine Sauvé, s’inspire de ces rituels différents des nôtres. L’objectif de ce spectacle, conçu pour les 9 à 14 ans, est de transformer en un cérémonial théâtral les derniers instants de sa grand-mère Thérèse, et ses deux meilleures amies, Simone et Lucille, au cours d’une soirée de fête où se mélangent humour, tendresse et musique.
Débarquant simplement sur scène pour raconter ses souvenirs, Karine Sauvé a choisi une trame narrative linéaire, faisant le tour de chaque personne l’une après l’autre. Elle ne joue pas de personnage, il n’y a pas de quatrième mur, elle s’adresse directement aux spectateurs. La première, Simone, était une vieille dame qui s’habillait chic, avec sa robe blanche et ses talons hauts, pour regarder des documentaires animaliers à la télé. Plusieurs objets servent à évoquer la mémoire de chacune de ces femmes disparues, que ce soit un manteau de fourrure, des tresses de cheveux, ou un trognon de pomme.
On passe ensuite à Lucille dont la vie tournait autour de sa cuisine, et qui offrait des sandwichs contre des câlins de 20 secondes. Jusqu’à sa mort, le soir de Noël, après avoir cuisiné le réveillon pour tous ses amis, sa vie a été faite de rituels gastronomiques, pas toujours ragoûtants. Enfin, Karine évoque sa grand-mère Thérèse qui pouvait tout entendre grâce à son oreille bionique. Une forme humaine grandeur nature en pâte à modeler, qui était au sol, va alors être décollée pour finir assise sur une chaise, rompue à l’effet de la gravité sur la matière. Une symbolique d’un goût douteux qui fait écho à la déliquescence de la mémoire de Thérèse, qui finira par ne plus reconnaître sa petite-fille.
Une performance musicale
Le synopsis de départ semblait intéressant, mais il manque de mots dans ces histoires, plus suggérées que racontées. Certains tableaux sont réussis, comme les deux souliers qui marchent, mais puisque les manipulations se font à vue, on perd souvent la magie qui est censé transparaitre. On sent que Karine Sauvé, une artiste multidisciplinaire, a privilégié le côté performance plutôt que la profondeur de la dramaturgie. Durant la création, elle a discuté avec de nombreux enfants et des personnes âgées sur le thème de la mort, conversations qui lui ont servi d’inspiration et qu’elle a ensuite choisi de traduire en objets, marionnettes et installations. Il y a d’ailleurs beaucoup trop de matériel sur scène dont on se demande l’utilité, ce qui vient brouiller notre lecture de la scénographie.
La musique est omniprésente avec Nicolas Letarte, derrière sa batterie, qui alterne entre différents styles musicaux (techno, disco, jazz ou métal). Il est aussi un beatbox incroyable. Sa représentation sonore d’un chat qui se fait frapper par un camion va rester dans bien des petites têtes. Après le récit du décès de chacune des grands-mères, Karine Sauvé leur adresse une carte postale qui résume ses souvenirs. Plus qu’une fête, ce spectacle est surtout rempli de nostalgie, du souvenir des moments de bonheurs avec nos chers disparus. On reste quand même loin des rites mexicains festifs et colorés.
Les grands-mères mortes, une fête
Texte: Karine Sauvé et David Paquet. Scénographie et installation: Karine Sauvé. Musique: Nicolas Letarte. Éclairages: Thomas Godefroid. Conseil à la scénographie: Julie Vallée-Léger. Avec Karine Sauvé et Nicolas Letarte. Une production de Mammifères. À la Maison Théâtre jusqu’au 25 février 2017. À la Nouvelle Scène Gilles Desjardins (Ottawa) le 17 février 2018.