Dans une chambre à coucher où tout est blanc, un homme et une femme à demi vêtus se dévorent des yeux, avant de grimper sur le lit et de s’embrasser passionnément. Voici comment débute Éden, une réflexion sur le couple et l’engagement à travers le temps qui passe.
Après Beauté, chaleur et mort, un spectacle poignant où lui-même et sa conjointe relataient la mort de leur enfant, Pascal Brullemans poursuit son travail sur l’intimité. Il dépeint ici 25 ans de vie commune à travers une collection de moments, telles des photos dans un album. Une relation aussi longue, ce n’est pas le jardin d’Éden évoqué par le titre. Baisse du désir, infidélité, maladie… Qu’est-ce qui explique que les gens restent ensemble malgré les épreuves ? L’engagement est-il une marque de courage ou de lâcheté ? Finalement, qu’est-ce que l’amour ? Les instantanés choisis pour tenter de répondre à ces questions existentielles que nous nous posons tous et toutes sont malheureusement sans surprise et peinent à sortir des lieux communs.
Le personnage du narrateur-témoin, incarné par Dany Boudreault, vise à insuffler une petite dose d’humour : tantôt il débite les événements sociopolitiques qui ponctuent la vie du couple, tantôt il commente les conversations voire s’y immisce. Outre nous donner des repères chronologiques, ce fil conducteur historique nous rappelle à quel point notre mémoire intime peut être liée à certains faits marquants de l’actualité.
Brullemans, probablement soucieux que l’intimité qu’il voulait montrer sur scène sonne juste, a choisi, pour jouer les conjoints, un véritable couple dit « de longue date », formé d’Émilie Gilbert et de Justin Laramée, désignés dans la pièce par leurs vrais noms. C’est par un travail d’improvisation à partir d’un canevas proposé par l’auteur que la pièce a été écrite, mêlant des morceaux de l’histoire personnelle des protagonistes à des scènes fictionnelles. Ce processus créatif a conduit l’auteur à endosser aussi le rôle de metteur en scène, un choix qui s’avère mal avisé : l’ensemble manque de rythme et d’originalité (l’orchidée autrefois fleurie qui fane avec l’arrivée de la maladie) et le systématisme des procédés (déplacements lents autour du lit pour signifier les changements de tableau), couplés à la banalité des scènes, lasse. À l’exception d’un moment émouvant, où Justin lave les bras et de cou d’Émilie à la débarbouillette, c’est la désorientation des comédiens que l’on ressent au lieu de leur intimité.
Texte et mise en scène : Pascal Brullemans. Assistance à la mise en scène et régie : Amélie-Claude Riopel. Dramaturgie :Émilie Martz-Kuhn. Scénographie : Geneviève Lizotte. Costumes : Olivia Pia Audet. Éclairages : David-Alexandre Chabot. Musique originale : Ben Shemie. Direction de production : Camille Robillard. Direction technique : Jean-Benoit Mongeau. Avec Dany Boudreault, Émilie Gilbert et Justin Laramée. Une création du collectif Petits Lapins en codiffusion avec le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, présentée jusqu’au 7 décembre 2019.
Dans une chambre à coucher où tout est blanc, un homme et une femme à demi vêtus se dévorent des yeux, avant de grimper sur le lit et de s’embrasser passionnément. Voici comment débute Éden, une réflexion sur le couple et l’engagement à travers le temps qui passe.
Après Beauté, chaleur et mort, un spectacle poignant où lui-même et sa conjointe relataient la mort de leur enfant, Pascal Brullemans poursuit son travail sur l’intimité. Il dépeint ici 25 ans de vie commune à travers une collection de moments, telles des photos dans un album. Une relation aussi longue, ce n’est pas le jardin d’Éden évoqué par le titre. Baisse du désir, infidélité, maladie… Qu’est-ce qui explique que les gens restent ensemble malgré les épreuves ? L’engagement est-il une marque de courage ou de lâcheté ? Finalement, qu’est-ce que l’amour ? Les instantanés choisis pour tenter de répondre à ces questions existentielles que nous nous posons tous et toutes sont malheureusement sans surprise et peinent à sortir des lieux communs.
Le personnage du narrateur-témoin, incarné par Dany Boudreault, vise à insuffler une petite dose d’humour : tantôt il débite les événements sociopolitiques qui ponctuent la vie du couple, tantôt il commente les conversations voire s’y immisce. Outre nous donner des repères chronologiques, ce fil conducteur historique nous rappelle à quel point notre mémoire intime peut être liée à certains faits marquants de l’actualité.
Brullemans, probablement soucieux que l’intimité qu’il voulait montrer sur scène sonne juste, a choisi, pour jouer les conjoints, un véritable couple dit « de longue date », formé d’Émilie Gilbert et de Justin Laramée, désignés dans la pièce par leurs vrais noms. C’est par un travail d’improvisation à partir d’un canevas proposé par l’auteur que la pièce a été écrite, mêlant des morceaux de l’histoire personnelle des protagonistes à des scènes fictionnelles. Ce processus créatif a conduit l’auteur à endosser aussi le rôle de metteur en scène, un choix qui s’avère mal avisé : l’ensemble manque de rythme et d’originalité (l’orchidée autrefois fleurie qui fane avec l’arrivée de la maladie) et le systématisme des procédés (déplacements lents autour du lit pour signifier les changements de tableau), couplés à la banalité des scènes, lasse. À l’exception d’un moment émouvant, où Justin lave les bras et de cou d’Émilie à la débarbouillette, c’est la désorientation des comédiens que l’on ressent au lieu de leur intimité.
Éden
Texte et mise en scène : Pascal Brullemans. Assistance à la mise en scène et régie : Amélie-Claude Riopel. Dramaturgie :Émilie Martz-Kuhn. Scénographie : Geneviève Lizotte. Costumes : Olivia Pia Audet. Éclairages : David-Alexandre Chabot. Musique originale : Ben Shemie. Direction de production : Camille Robillard. Direction technique : Jean-Benoit Mongeau. Avec Dany Boudreault, Émilie Gilbert et Justin Laramée. Une création du collectif Petits Lapins en codiffusion avec le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, présentée jusqu’au 7 décembre 2019.