Jasmine Dubé a vécu beaucoup de premières dans sa carrière de dramaturge, mais celle-ci, Jardins d’enfances, revêt un caractère particulier. Il s’agit d’un collage de plusieurs de ses textes sélectionnés et mis en scène par Benoit Vermeulen. En outre, c’est la première fois que l’École supérieure de théâtre de l’UQAM collabore avec la Maison Théâtre.
Ce projet représente, entre autres, un bel hommage à votre carrière exceptionnelle de dramaturge. Comment avez-vous été approchée pour ce faire ?
C’est Anne Nadeau, professeure au département de théâtre de l’UQAM, qui m’a parlé de ce projet impliquant l’UQAM et la Maison Théâtre; l’objectif de ce partenariat étant de faire valoir les œuvres du répertoire théâtral jeune public québécois. J’ai l’honneur d’être la dramaturge choisie pour cette première édition. Benoit Vermeulen est le metteur en scène désigné pour relire l’ensemble de mon œuvre et faire la sélection des extraits qui serviront à la production des finissant∙es de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. La Maison Théâtre accueille la production.
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Jardins d’enfances © Maison Théâtre
Avez-vous été impliquée dans le choix des pièces et des extraits ?
C’est Benoit Vermeulen qui en a fait le choix après en avoir discuté avec moi. Comme il souhaitait rejoindre des publics d’enfants du 2e et du 3e cycle du primaire, son choix s’est porté vers mes pièces pour les plus grands, exception faite de Petit Monstre qui s’adresse à des plus jeunes, à partir de 4 ans. On y retrouvera donc aussi des extraits de Pierrette Pan, ministre de l’Enfance et des Produits dérivés, Les mauvaises herbes et Le pingouin.
Est-ce que cette mise au jour a pu vous surprendre par moments et, si oui, de quelle façon ?
Oui. Bien qu’un collage peut parfois être « douloureux » pour l’autrice, parce que forcément, on fait des choix et on coupe des répliques qu’on aime, j’ai été agréablement surprise dans l’ensemble. Ce n’était pas évident de mettre en scène les personnages de quatre de mes pièces sur un même plateau ! Ce sont justement ces liens entre les différentes scènes et les personnages qui se répondent qui m’ont le plus étonnée. De plus, pour assurer des rôles d’importance à chacun∙e des étudiant∙es, certains personnages ont été dégenrés.
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Jardins d’enfances © Maison Théâtre
Jeu a parlé récemment du fait que les artisans d’aujourd’hui semblent parfois négliger les œuvres du répertoire québécois. Est-ce que cet oubli des pièces d’hier vous chicote aussi ?
Au Québec, nous sommes très portés sur la création ce dont on ne peut pas se plaindre, bien sûr. Mais c’est dommage en effet qu’on ne revisite pas suffisamment notre répertoire qui est très riche, et ce tant du côté du théâtre pour adultes que celui du théâtre jeunes publics. En ce sens, je me sens choyée que ce projet impliquant l’UQAM et la Maison Théâtre, mette en lumière des pièces de mon répertoire. Je constate qu’elles sont toujours d’actualité ; les personnages, les situations et les enjeux résonnent encore très fort ici et maintenant. Il faut dire que mes thèmes de prédilection sont les relations égalitaires entre les adultes et les enfants et que ça ne vieillira jamais.
Un hommage, aussi bienvenu soit-il, ne veut pas dire qu’on arrête d’écrire, n’est-ce pas ? Que retrouve-t-on sur votre planche à dessin ?
Je reviens du Bic où j’étais de la cohorte des participant∙es à la résidence d’écriture de Théâtre pour les jeunes publics, organisée par le CEAD grâce à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec, en partenariat avec le Théâtre du Bic – Théâtre Les gens d’en bas et la Maison Théâtre. Cette résidence baptisée « Du Fleuve à la Maison » m’a permis d’écrire une nouvelle pièce Barbe-Rose ou le grand ménage. Il s’agit de la première pièce que j’écris depuis mon départ de la direction artistique du Théâtre Bouches Décousues, en août dernier. Je retrouve plus de temps pour écrire et pour jouer, ce que j’aime faire par-dessus tout. J’ai aussi des projets d’albums en littérature jeunesse.
Jardins d’enfances est présentée à la Maison Théâtre du 17 au 21 avril 2024.
Jasmine Dubé a vécu beaucoup de premières dans sa carrière de dramaturge, mais celle-ci, Jardins d’enfances, revêt un caractère particulier. Il s’agit d’un collage de plusieurs de ses textes sélectionnés et mis en scène par Benoit Vermeulen. En outre, c’est la première fois que l’École supérieure de théâtre de l’UQAM collabore avec la Maison Théâtre.
Ce projet représente, entre autres, un bel hommage à votre carrière exceptionnelle de dramaturge. Comment avez-vous été approchée pour ce faire ?
C’est Anne Nadeau, professeure au département de théâtre de l’UQAM, qui m’a parlé de ce projet impliquant l’UQAM et la Maison Théâtre; l’objectif de ce partenariat étant de faire valoir les œuvres du répertoire théâtral jeune public québécois. J’ai l’honneur d’être la dramaturge choisie pour cette première édition. Benoit Vermeulen est le metteur en scène désigné pour relire l’ensemble de mon œuvre et faire la sélection des extraits qui serviront à la production des finissant∙es de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. La Maison Théâtre accueille la production.
Jardins d’enfances © Maison Théâtre
Avez-vous été impliquée dans le choix des pièces et des extraits ?
C’est Benoit Vermeulen qui en a fait le choix après en avoir discuté avec moi. Comme il souhaitait rejoindre des publics d’enfants du 2e et du 3e cycle du primaire, son choix s’est porté vers mes pièces pour les plus grands, exception faite de Petit Monstre qui s’adresse à des plus jeunes, à partir de 4 ans. On y retrouvera donc aussi des extraits de Pierrette Pan, ministre de l’Enfance et des Produits dérivés, Les mauvaises herbes et Le pingouin.
Est-ce que cette mise au jour a pu vous surprendre par moments et, si oui, de quelle façon ?
Oui. Bien qu’un collage peut parfois être « douloureux » pour l’autrice, parce que forcément, on fait des choix et on coupe des répliques qu’on aime, j’ai été agréablement surprise dans l’ensemble. Ce n’était pas évident de mettre en scène les personnages de quatre de mes pièces sur un même plateau ! Ce sont justement ces liens entre les différentes scènes et les personnages qui se répondent qui m’ont le plus étonnée. De plus, pour assurer des rôles d’importance à chacun∙e des étudiant∙es, certains personnages ont été dégenrés.
Jardins d’enfances © Maison Théâtre
Jeu a parlé récemment du fait que les artisans d’aujourd’hui semblent parfois négliger les œuvres du répertoire québécois. Est-ce que cet oubli des pièces d’hier vous chicote aussi ?
Au Québec, nous sommes très portés sur la création ce dont on ne peut pas se plaindre, bien sûr. Mais c’est dommage en effet qu’on ne revisite pas suffisamment notre répertoire qui est très riche, et ce tant du côté du théâtre pour adultes que celui du théâtre jeunes publics. En ce sens, je me sens choyée que ce projet impliquant l’UQAM et la Maison Théâtre, mette en lumière des pièces de mon répertoire. Je constate qu’elles sont toujours d’actualité ; les personnages, les situations et les enjeux résonnent encore très fort ici et maintenant. Il faut dire que mes thèmes de prédilection sont les relations égalitaires entre les adultes et les enfants et que ça ne vieillira jamais.
Un hommage, aussi bienvenu soit-il, ne veut pas dire qu’on arrête d’écrire, n’est-ce pas ? Que retrouve-t-on sur votre planche à dessin ?
Je reviens du Bic où j’étais de la cohorte des participant∙es à la résidence d’écriture de Théâtre pour les jeunes publics, organisée par le CEAD grâce à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec, en partenariat avec le Théâtre du Bic – Théâtre Les gens d’en bas et la Maison Théâtre. Cette résidence baptisée « Du Fleuve à la Maison » m’a permis d’écrire une nouvelle pièce Barbe-Rose ou le grand ménage. Il s’agit de la première pièce que j’écris depuis mon départ de la direction artistique du Théâtre Bouches Décousues, en août dernier. Je retrouve plus de temps pour écrire et pour jouer, ce que j’aime faire par-dessus tout. J’ai aussi des projets d’albums en littérature jeunesse.
Jardins d’enfances est présentée à la Maison Théâtre du 17 au 21 avril 2024.