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Le Front commun pour les arts exige 200 millions $ récurrents pour le CALQ

© Front commun des arts

Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) doit compter sur une enveloppe permanente de 200 millions $ dès le dépôt du prochain budget provincial, selon le Front commun pour les arts. Créée pour soutenir la culture québécoise en période de sous-financement, l’organisation regroupe 17 associations artistiques et culturelles, dont le Conseil québécois du théâtre (CQT), le Regroupement québécois de la danse (RQD) et En piste, représentant les arts du cirque.

Le Front commun lance une campagne de communication ayant comme slogan « Notre culture mérite mieux que d’être fauchée ». Il souligne que le budget du CALQ est passé de 185 millions $ en 2022-2023, à 160 millions $ pour 2024-2025. En soutien à la mission, les montants octroyés n’ont augmenté que de 4 % en 7 ans, alors que l’inflation s’est élevée à 24 % pour la même période. En 2024, la somme totale des demandes de subventions déposées au CALQ s’élevait à 151 millions $, alors que l’organisme ne disposait que de 94 millions $.

« Nous espérons que le gouvernement nous entendra, parce qu’en continuant la dévitalisation, des institutions fermeront, la relève sera moins soutenue, le public des régions aura moins accès à une forme diversifiée de manifestations culturelles, des formes d’art s’éteindront, notre rayonnement international s’amenuisera, nos expertises se perdront et des emplois issus de divers secteurs économiques seront abolis », estime Caroline Gignac, directrice générale du CQT.

La directrice de l’Association de diffuseurs de spectacles RIDEAU, Julie-Anne Richard, ajoute que « l’art compose une grande partie de la spécificité du Québec et de son rayonnement; il faut donc protéger la capacité de créer des artistes et offrir les moyens financiers aux organismes pour diffuser ces œuvres. On ne peut en toute conscience prétendre que la culture est une priorité et condamner ses porteurs à voir flétrir leurs ambitions. Il faut au contraire miser sur elle afin de la conserver et de la faire rayonner, autant dans les régions qu’à l’international ».

Le regroupement prévoit que, sans une augmentation du budget du CALQ, on assistera à la suspension ou à la réduction des projets artistiques et des activités de médiation et de développement des publics; à la dégradation des infrastructures culturelles et à la baisse de l’audace artistique surtout en danse, en cirque et dans les arts visuels; à la diminution du soutien aux artistes de la relève; à la diminution de l’accessibilité aux spectacles et de leur diversité, surtout en région; et à une perte de compétitivité sur la scène internationale ainsi qu’à une réduction du rayonnement de la culture québécoise à l’étranger.