Circassien depuis 25 ans, Thomas Niess est arrivé au Québec en 2020, après avoir fondé la compagnie In Toto. Polyvalent, il aime concevoir, mettre en scène et jouer pour le jeune public. Avec Cirk’Alors !, présenté jusqu’au 23 mars au Théâtre jeunesse Les Gros Becs à Québec, il revisite les codes du cirque traditionnel avec poésie et autodérision.
Cirk’Alors ! raconte l’histoire d’« un clown à tout faire dans un cirque miniature ». Comment doit-on se le représenter ?
C’est vraiment un cirque miniature du fait de la scénographie qui rappelle un petit chapiteau avec moi au centre — puisque c’est un solo — où le clown est à la fois présentateur (Monsieur Loyal), garçon de piste (celui qui installait les agrès de cirque pour les numéros), artiste, musicien…. Il enchaîne les numéros traditionnels à la sauce contemporaine.
Je m’interroge sur comment réinventer le cirque avec d’autres objets; j’aime détourner les objets de leur fonction. Dans Cirk’Alors !, j’utilise des sacs plastiques, une bouteille en plastique remplie d’eau, un bol tibétain… Je revisite les codes traditionnels en faisant aussi un clin d’œil aux animaux. À un moment, je veux faire passer un tigre dans un cerceau en feu et finalement c’est moi qui me brûle. Plus tard, mon euphonium se transforme en éléphant et fait un tour de piste. C’est une sorte de regard critique sur le cirque traditionnel et du dressage comme il s’en faisait par le passé.
Ce spectacle, créé pour la première fois en 2008, a été présenté plus de 600 fois et continue de tourner en Europe (avec un doublon) et en Amérique du Nord. Quelle est la recette de son succès ?
D’abord, du cirque pour le jeune public, il n’y en a pas tant que ça, surtout à partir de 3 ans. J’ai aussi l’avantage de pouvoir jouer n’importe où. Je suis autonome en son et en lumière, ce qui est apprécié des diffuseurs. La scénographie circulaire avec les enfants assis autour est assez atypique et plait énormément. En plus, les enfants peuvent voir les réactions de leurs amis.
J’utilise aussi des techniques circassiennes comme le jonglage, les acrobaties, la manipulation d’objet, le dressage de fauve, la magie et le clown et c’est drôle. C’est quand même un clown qui fait tout le spectacle. On rit beaucoup.
Au fil du temps, le spectacle a évolué, il s’est affiné. J’y ajoute des détails à chaque fois. Dernièrement, je me suis rajouté une petite moustache à poils jaunes lorsque je joue le dresseur dans le dernier numéro.
Vous avez le souci de faire « grand avec peu », est-ce avant tout pour des raisons financières ?
Oui, à la base. Parce que c’est toujours compliqué d’avoir des subventions pour créer lorsqu’on est une petite compagnie. Et puis, j’avais une autre contrainte : il fallait que ça rentre dans ma voiture et que tout soit démontable.
Quand je crée, je prends le parti de faire avec peu, de faire confiance à la créativité. C’est un moteur pour moi de faire avec cette contrainte, de rêver, de développer des choses qui soient grandes en trouvant des astuces pour remplir l’espace. Je peux me servir de grosses boites en carton, des tissus ou encore des sacs plastiques qui remplissent l’espace lorsqu’ils sont lancés dans les airs. Le cirque, c’est le monde des possibles. J’aime suggérer plutôt que de montrer une réalité.
Vous dites détourner les codes du cirque traditionnel. Comment s’y prend-on lorsqu’on s’adresse à des spectateurs âgés de 3 à 7 ans ?
C’est vrai qu’ils n’ont pas la référence du cirque traditionnel. Cette référence va venir après, lors de la discussion de groupe avec l’enseignant∙e. Et, en famille, cela permet aux parents de se remémorer des souvenirs et d’en parler. Ils peuvent attirer l’attention sur le fait que les animaux n’étaient pas si heureux que ça. J’ai espoir que ça ouvre des discussions.
Qu’est-ce qui accroche le plus les jeunes spectateurs de Cirk’Alors ! ?
Il y a le côté poétique où je m’attache à des techniques circassiennes. Les sacs plastiques gonflés ressemblent à des méduses dans les airs, c’est agréable à regarder. La trame sonore aussi, lorsqu’elle est douce, les plonge dans un univers poétique.
Mais ce qui les accroche le plus, c’est ce clown qui essaie de faire des choses. Parfois, il se fait prendre par les objets qu’il veut dompter. Il y a de l’autodérision. Ça donne à voir un être capable de faire des choses, mais qui peut les rater aussi et ce n’est pas grave. Ici, l’échec permet de rebondir.
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Circassien depuis 25 ans, Thomas Niess est arrivé au Québec en 2020, après avoir fondé la compagnie In Toto. Polyvalent, il aime concevoir, mettre en scène et jouer pour le jeune public. Avec Cirk’Alors !, présenté jusqu’au 23 mars au Théâtre jeunesse Les Gros Becs à Québec, il revisite les codes du cirque traditionnel avec poésie et autodérision.
Cirk’Alors ! raconte l’histoire d’« un clown à tout faire dans un cirque miniature ». Comment doit-on se le représenter ?
C’est vraiment un cirque miniature du fait de la scénographie qui rappelle un petit chapiteau avec moi au centre — puisque c’est un solo — où le clown est à la fois présentateur (Monsieur Loyal), garçon de piste (celui qui installait les agrès de cirque pour les numéros), artiste, musicien…. Il enchaîne les numéros traditionnels à la sauce contemporaine.
Je m’interroge sur comment réinventer le cirque avec d’autres objets; j’aime détourner les objets de leur fonction. Dans Cirk’Alors !, j’utilise des sacs plastiques, une bouteille en plastique remplie d’eau, un bol tibétain… Je revisite les codes traditionnels en faisant aussi un clin d’œil aux animaux. À un moment, je veux faire passer un tigre dans un cerceau en feu et finalement c’est moi qui me brûle. Plus tard, mon euphonium se transforme en éléphant et fait un tour de piste. C’est une sorte de regard critique sur le cirque traditionnel et du dressage comme il s’en faisait par le passé.
Ce spectacle, créé pour la première fois en 2008, a été présenté plus de 600 fois et continue de tourner en Europe (avec un doublon) et en Amérique du Nord. Quelle est la recette de son succès ?
D’abord, du cirque pour le jeune public, il n’y en a pas tant que ça, surtout à partir de 3 ans. J’ai aussi l’avantage de pouvoir jouer n’importe où. Je suis autonome en son et en lumière, ce qui est apprécié des diffuseurs. La scénographie circulaire avec les enfants assis autour est assez atypique et plait énormément. En plus, les enfants peuvent voir les réactions de leurs amis.
J’utilise aussi des techniques circassiennes comme le jonglage, les acrobaties, la manipulation d’objet, le dressage de fauve, la magie et le clown et c’est drôle. C’est quand même un clown qui fait tout le spectacle. On rit beaucoup.
Au fil du temps, le spectacle a évolué, il s’est affiné. J’y ajoute des détails à chaque fois. Dernièrement, je me suis rajouté une petite moustache à poils jaunes lorsque je joue le dresseur dans le dernier numéro.
Vous avez le souci de faire « grand avec peu », est-ce avant tout pour des raisons financières ?
Oui, à la base. Parce que c’est toujours compliqué d’avoir des subventions pour créer lorsqu’on est une petite compagnie. Et puis, j’avais une autre contrainte : il fallait que ça rentre dans ma voiture et que tout soit démontable.
Quand je crée, je prends le parti de faire avec peu, de faire confiance à la créativité. C’est un moteur pour moi de faire avec cette contrainte, de rêver, de développer des choses qui soient grandes en trouvant des astuces pour remplir l’espace. Je peux me servir de grosses boites en carton, des tissus ou encore des sacs plastiques qui remplissent l’espace lorsqu’ils sont lancés dans les airs. Le cirque, c’est le monde des possibles. J’aime suggérer plutôt que de montrer une réalité.
Vous dites détourner les codes du cirque traditionnel. Comment s’y prend-on lorsqu’on s’adresse à des spectateurs âgés de 3 à 7 ans ?
C’est vrai qu’ils n’ont pas la référence du cirque traditionnel. Cette référence va venir après, lors de la discussion de groupe avec l’enseignant∙e. Et, en famille, cela permet aux parents de se remémorer des souvenirs et d’en parler. Ils peuvent attirer l’attention sur le fait que les animaux n’étaient pas si heureux que ça. J’ai espoir que ça ouvre des discussions.
Qu’est-ce qui accroche le plus les jeunes spectateurs de Cirk’Alors ! ?
Il y a le côté poétique où je m’attache à des techniques circassiennes. Les sacs plastiques gonflés ressemblent à des méduses dans les airs, c’est agréable à regarder. La trame sonore aussi, lorsqu’elle est douce, les plonge dans un univers poétique.
Mais ce qui les accroche le plus, c’est ce clown qui essaie de faire des choses. Parfois, il se fait prendre par les objets qu’il veut dompter. Il y a de l’autodérision. Ça donne à voir un être capable de faire des choses, mais qui peut les rater aussi et ce n’est pas grave. Ici, l’échec permet de rebondir.
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