Louise Bédard, pour moi, c’est l’artiste de toutes les audaces. Je me souviens du spectacle avec Félix-Antoine Boutin mis en scène par Jérémie Niel. Comment est-ce que ce genre d’expérience/expérimentation vous nourrit comme créatrice ?
Je ne sais pas si l’on peut dire que j’ose toutes les audaces, mais je traverse une phase où l’inconnu m’attire irrésistiblement. Chaque nouveau projet qui se présente me pousse vers d’autres ailleurs, au point où je me surprends parfois à me demander : qu’est-ce qui m’a pris d’accepter ?
Ce fut le cas avec Face-à-Face de Jérémie Niel. Lorsque j’ai commencé à travailler avec Jérémie, Catherine Gaudet et mon fabuleux partenaire de scène Félix-Antoine Boutin, je ne savais pas exactement ce que je pouvais apporter à ce projet. D’autant plus qu’au départ, je ne comprenais pas bien comment aborder cet objet hybride entre théâtre et danse. Une phrase de Clarice Lispector m’est alors revenue en mémoire : « Comprendre est toujours limité, mais ne pas comprendre peut ne pas avoir de frontières. Je suis bien plus complète quand je ne comprends pas. »
Finalement, cette expérience s’est révélée fantastique, malgré les doutes qui m’assaillaient. J’ai fini par accepter l’incertitude, en laissant mon corps s’adapter et trouver de nouveaux repères. Apprendre un texte tout en improvisant avec le langage était une approche totalement inédite pour moi. Certes, j’ai toujours joué avec les sons et les mots dans mes propres créations, mais c’était aux danseurs et danseuses que je lançais ces défis – pas à moi-même.
Le projet que je présenterai en mars à La Chapelle n’aurait sans doute pas pris la même forme sans cette expérience dans Face-à-Face. D’autres étapes ont aussi nourri ce processus, notamment l’intégration de courts extraits de Clarice Lispector, tirés de La découverte du monde.
Dans Sans collier, où je donne vie à des autoportraits réalisés en temps de pandémie, il me semblait essentiel que ces femmes puissent s’exprimer non seulement par le langage du corps – ce qui a toujours été mon moyen d’expression privilégié en tant que chorégraphe – mais aussi avec ma propre voix, celle que j’ai longtemps tenue à distance. Il m’est si facile de me taire… sauf quand je danse !
L’espace et les contraintes que je m’impose sont des catalyseurs essentiels de mon imaginaire. Ils façonnent ma créativité, qui a évolué au fil des ans avec l’envie d’explorer le corps dansant et performatif comme une matière à modeler. La chorégraphie, pour moi, demeure une friche en perpétuelle redéfinition, un terrain d’expérimentation sans limites.
Ah, La Chapelle ! Aussi le lieu de toutes les audaces. Vous avez un lien particulier, voire intime avec cette salle que plusieurs décrivent comme ayant une âme ?
Au début des années 1990, j’ai été la première à m’y produire en tant qu’artiste indépendante avec le spectacle Perspectives possibles. J’avais déjà présenté quelques performances dans des maisons de la culture, mais c’est à La Chapelle que j’ai ressenti une véritable avancée : celle de pouvoir présenter mon travail dans un théâtre, sans autre critère que ma propre volonté. Il suffisait de trouver une disponibilité, sans avoir à convaincre qui que ce soit de la pertinence de ma démarche. Tout était à construire.
Nous étions trois groupes à louer cet espace pendant trois mois avant qu’il ne devienne La Chapelle ce lieu de création si prisé. Pour ma part, je cherchais du renouveau, un espace différent de ceux où j’avais dansé pour d’autres chorégraphes. Il ne s’agissait pas tant de me distinguer que d’assouvir une soif de mouvement et d’exploration. C’était une période d’effervescence, où naissaient mille initiatives sans garantie d’un lendemain.
Entre 1990 et 2003, sept de mes œuvres ont vu le jour à La Chapelle, aux côtés de créations réalisées pour d’autres artistes qui y présentaient leurs spectacles. Ma compagnie a joué un rôle essentiel pour sensibiliser le public à la danse, en explorant toujours des territoires en marge des courants dominants.
Ces dernières années, j’ai voulu m’accorder la liberté de ne plus me contraindre à présenter mon travail en théâtre à tout prix. Je me suis donc tournée vers d’autres horizons, collaborant avec des organismes dédiés à la performance in situ, comme les Escales Improbables. Ces expériences m’ont offert une liberté inédite. En pleine pandémie, on m’a demandé de créer un petit solo que j’ai dansé dans des lieux extérieurs, une autre perche que j’ai attrapé au vol et qui m’a redonné confiance pour aller puiser de nouveau à la source de ma créativité pour développer et danser mon propre matériau.
Initialement, Sans collier était conçu hors des cadres traditionnels, afin d’envisager différemment les représentations. Mais en plongeant dans la matière, j’ai pris conscience de la complexité du projet : présenter trois soirées composées de trois solos différents, seule sur scène. C’est alors que La Chapelle m’est apparue comme l’écrin idéal pour accueillir ces solos dont j’assume la chorégraphie, l’interprétation et toutes les tâches connexes qui m’animent.
En 1996, Cartes postales de Chimère, un solo marquant pour moi, y a été présenté en grande première. Vingt-neuf ans plus tard, j’y danserai un autre solo, avec les années inscrites dans mon corps comme autant de perles et d’écueils. Cette expérience est aussi une manière de donner une visibilité à la maturité des femmes, dont la présence-absence a été si essentielle à mon cheminement artistique. J’ai appris à céder à la création le déploiement qu’elle réclamait, en connivence avec ma passion pour les arts visuels qui influence mon regard et ma façon d’aborder la chorégraphie, la dramaturgie, le travail physique, l’espace.
Je retourne à La Chapelle, un lieu vibrant et chaleureux, là où tout a commencé ou presque. Mon dernier solo d’envergure date de 2003. J’ai cessé de danser mon propre travail pour des raisons qui m’échappaient, notamment des évaluations négatives de jurys. Pourtant, j’ai continué à chorégraphier pour ma compagnie. Le solo est la forme la plus exigeante que je connaisse, un miroir qui se casse, se répare, se brise de nouveau, jusqu’à ce que le reflet change. Aujourd’hui, je ne cherche pas à comparer, mais à ressentir ce que me renvoie ce nouveau reflet.
Votre nouveau spectacle est la preuve que les artistes n’ont jamais arrêté de créer en pandémie. Qu’est-ce qui émerge sur scène des autoportraits que vous avez pris durant la crise ?
Je ne le sais pas encore tout à fait. Ce que je sais, c’est que ce travail m’a nourrie tout au long de la pandémie, un temps d’exploration solitaire dans un jardin intérieur. Paradoxalement, cette période a été très active, entre collaborations et projets personnels. Si créer au contact des autres est une source de joie, j’aime aussi ces grands espaces de solitude où je me retrouve entièrement.
Assembler des idées éparses en un chapelet de non-sens, les voir prendre forme sous un jour inattendu, accueillir à la fois la sobriété et la démesure, en sachant que tout sera bouleversé à un moment ou à un autre… Mais au fond, il n’y a pas de finalité prédéterminée. Incarner ces femmes, dévoiler leurs manies, leurs obsessions, leurs désirs et leurs transgressions me projette vers ma propre mémoire. Elle ne me dicte pas un chemin unique, mais une myriade de voies inexplorées.
Porter ces différences, ces énergies, ces élans me bouleverse et me conduit vers ce que je cherche en tant qu’artiste : une liberté reconquise. Explorer ces univers me plonge dans une hyper-sensibilité où chaque frisson, chaque trouble vibre jusque dans les interstices de mon âme et de ma peau. C’est un voyage aux côtés de Clarice Lispector et de toutes ces femmes qui m’ont tendu la main… ou peut-être est-ce moi qui les ai attirées dans mon monde. Un monde peuplé d’âmes errantes, illuminées par l’éveil d’une mémoire dormante, que je qualifierais de voyage incandescent.
Votre titre fait penser que la danse est un art éphémère comme le suggère un peu cette « physiographie d’existences ». Et le « collier » rappelle qu’il fallait le reprendre tôt ou tard après la pandémie. Comment votre pratique a changé depuis la crise ?
Travailler souvent seule a provoqué des changements auxquels je ne m’attendais pas. L’un des plus marquants a été de reprendre possession de mon corps dansant : le réhabiliter et réhabituer à la discipline, improviser avec une amie dans un parc, oser investir l’espace extérieur et m’y abandonner avec simplicité et plaisir.
Certains événements majeurs survenus à cette période m’ont poussée à dépasser mes peurs et à entrer en introspection. Et dans Sans collier, Physiographie d’existences, j’ai façonné ces existences imaginaires qui, en retour, m’ont habitée. En les prenant à bras le corps, une évidence s’est imposée : il était temps de danser.
Bien sûr, des tensions sont nées entre moi, la chorégraphe, et ces femmes surgissant en autoportraits, revendiquant leur droit à l’image et leur place sur scène. Mais peu à peu, l’équilibre se fait. Certaines comprennent ma démarche, d’autres résistent encore. Pourtant, ce qui importe, c’est cette cohabitation singulière : être à la fois seule et multiple.
À quelques jours du dévoilement du budget du CALQ, il est de mise de vous demander, justement, comment vous entrevoyez la suite pour la danse et les arts vivants ?
Ne sais trop que répondre sinon que c’est vraiment odieux (je ne suis pas la première à avoir écrit ce mot, concernant ce sujet) de ne pas reconnaître davantage l’apport de la culture dans la société. Je n’ai pu qu’acquiescer à la lettre écrite par Christian Lapointe dans le journal Le Devoir, il y a deux semaines déjà, relatant les multiples écueils de la situation qui prévaut à l’heure actuelle en lien avec le sous-financement de la culture et des arts en général.
Sans collier, Physiographie d’existences est présenté à La Chapelle Scènes Contemporaines les 25, 27 et 29 mars 2025.
Louise Bédard, pour moi, c’est l’artiste de toutes les audaces. Je me souviens du spectacle avec Félix-Antoine Boutin mis en scène par Jérémie Niel. Comment est-ce que ce genre d’expérience/expérimentation vous nourrit comme créatrice ?
Je ne sais pas si l’on peut dire que j’ose toutes les audaces, mais je traverse une phase où l’inconnu m’attire irrésistiblement. Chaque nouveau projet qui se présente me pousse vers d’autres ailleurs, au point où je me surprends parfois à me demander : qu’est-ce qui m’a pris d’accepter ?
Ce fut le cas avec Face-à-Face de Jérémie Niel. Lorsque j’ai commencé à travailler avec Jérémie, Catherine Gaudet et mon fabuleux partenaire de scène Félix-Antoine Boutin, je ne savais pas exactement ce que je pouvais apporter à ce projet. D’autant plus qu’au départ, je ne comprenais pas bien comment aborder cet objet hybride entre théâtre et danse. Une phrase de Clarice Lispector m’est alors revenue en mémoire : « Comprendre est toujours limité, mais ne pas comprendre peut ne pas avoir de frontières. Je suis bien plus complète quand je ne comprends pas. »
Finalement, cette expérience s’est révélée fantastique, malgré les doutes qui m’assaillaient. J’ai fini par accepter l’incertitude, en laissant mon corps s’adapter et trouver de nouveaux repères. Apprendre un texte tout en improvisant avec le langage était une approche totalement inédite pour moi. Certes, j’ai toujours joué avec les sons et les mots dans mes propres créations, mais c’était aux danseurs et danseuses que je lançais ces défis – pas à moi-même.
Le projet que je présenterai en mars à La Chapelle n’aurait sans doute pas pris la même forme sans cette expérience dans Face-à-Face. D’autres étapes ont aussi nourri ce processus, notamment l’intégration de courts extraits de Clarice Lispector, tirés de La découverte du monde.
Dans Sans collier, où je donne vie à des autoportraits réalisés en temps de pandémie, il me semblait essentiel que ces femmes puissent s’exprimer non seulement par le langage du corps – ce qui a toujours été mon moyen d’expression privilégié en tant que chorégraphe – mais aussi avec ma propre voix, celle que j’ai longtemps tenue à distance. Il m’est si facile de me taire… sauf quand je danse !
L’espace et les contraintes que je m’impose sont des catalyseurs essentiels de mon imaginaire. Ils façonnent ma créativité, qui a évolué au fil des ans avec l’envie d’explorer le corps dansant et performatif comme une matière à modeler. La chorégraphie, pour moi, demeure une friche en perpétuelle redéfinition, un terrain d’expérimentation sans limites.
Ah, La Chapelle ! Aussi le lieu de toutes les audaces. Vous avez un lien particulier, voire intime avec cette salle que plusieurs décrivent comme ayant une âme ?
Au début des années 1990, j’ai été la première à m’y produire en tant qu’artiste indépendante avec le spectacle Perspectives possibles. J’avais déjà présenté quelques performances dans des maisons de la culture, mais c’est à La Chapelle que j’ai ressenti une véritable avancée : celle de pouvoir présenter mon travail dans un théâtre, sans autre critère que ma propre volonté. Il suffisait de trouver une disponibilité, sans avoir à convaincre qui que ce soit de la pertinence de ma démarche. Tout était à construire.
Nous étions trois groupes à louer cet espace pendant trois mois avant qu’il ne devienne La Chapelle ce lieu de création si prisé. Pour ma part, je cherchais du renouveau, un espace différent de ceux où j’avais dansé pour d’autres chorégraphes. Il ne s’agissait pas tant de me distinguer que d’assouvir une soif de mouvement et d’exploration. C’était une période d’effervescence, où naissaient mille initiatives sans garantie d’un lendemain.
Entre 1990 et 2003, sept de mes œuvres ont vu le jour à La Chapelle, aux côtés de créations réalisées pour d’autres artistes qui y présentaient leurs spectacles. Ma compagnie a joué un rôle essentiel pour sensibiliser le public à la danse, en explorant toujours des territoires en marge des courants dominants.
Ces dernières années, j’ai voulu m’accorder la liberté de ne plus me contraindre à présenter mon travail en théâtre à tout prix. Je me suis donc tournée vers d’autres horizons, collaborant avec des organismes dédiés à la performance in situ, comme les Escales Improbables. Ces expériences m’ont offert une liberté inédite. En pleine pandémie, on m’a demandé de créer un petit solo que j’ai dansé dans des lieux extérieurs, une autre perche que j’ai attrapé au vol et qui m’a redonné confiance pour aller puiser de nouveau à la source de ma créativité pour développer et danser mon propre matériau.
Initialement, Sans collier était conçu hors des cadres traditionnels, afin d’envisager différemment les représentations. Mais en plongeant dans la matière, j’ai pris conscience de la complexité du projet : présenter trois soirées composées de trois solos différents, seule sur scène. C’est alors que La Chapelle m’est apparue comme l’écrin idéal pour accueillir ces solos dont j’assume la chorégraphie, l’interprétation et toutes les tâches connexes qui m’animent.
En 1996, Cartes postales de Chimère, un solo marquant pour moi, y a été présenté en grande première. Vingt-neuf ans plus tard, j’y danserai un autre solo, avec les années inscrites dans mon corps comme autant de perles et d’écueils. Cette expérience est aussi une manière de donner une visibilité à la maturité des femmes, dont la présence-absence a été si essentielle à mon cheminement artistique. J’ai appris à céder à la création le déploiement qu’elle réclamait, en connivence avec ma passion pour les arts visuels qui influence mon regard et ma façon d’aborder la chorégraphie, la dramaturgie, le travail physique, l’espace.
Je retourne à La Chapelle, un lieu vibrant et chaleureux, là où tout a commencé ou presque. Mon dernier solo d’envergure date de 2003. J’ai cessé de danser mon propre travail pour des raisons qui m’échappaient, notamment des évaluations négatives de jurys. Pourtant, j’ai continué à chorégraphier pour ma compagnie. Le solo est la forme la plus exigeante que je connaisse, un miroir qui se casse, se répare, se brise de nouveau, jusqu’à ce que le reflet change. Aujourd’hui, je ne cherche pas à comparer, mais à ressentir ce que me renvoie ce nouveau reflet.
Votre nouveau spectacle est la preuve que les artistes n’ont jamais arrêté de créer en pandémie. Qu’est-ce qui émerge sur scène des autoportraits que vous avez pris durant la crise ?
Je ne le sais pas encore tout à fait. Ce que je sais, c’est que ce travail m’a nourrie tout au long de la pandémie, un temps d’exploration solitaire dans un jardin intérieur. Paradoxalement, cette période a été très active, entre collaborations et projets personnels. Si créer au contact des autres est une source de joie, j’aime aussi ces grands espaces de solitude où je me retrouve entièrement.
Assembler des idées éparses en un chapelet de non-sens, les voir prendre forme sous un jour inattendu, accueillir à la fois la sobriété et la démesure, en sachant que tout sera bouleversé à un moment ou à un autre… Mais au fond, il n’y a pas de finalité prédéterminée. Incarner ces femmes, dévoiler leurs manies, leurs obsessions, leurs désirs et leurs transgressions me projette vers ma propre mémoire. Elle ne me dicte pas un chemin unique, mais une myriade de voies inexplorées.
Porter ces différences, ces énergies, ces élans me bouleverse et me conduit vers ce que je cherche en tant qu’artiste : une liberté reconquise. Explorer ces univers me plonge dans une hyper-sensibilité où chaque frisson, chaque trouble vibre jusque dans les interstices de mon âme et de ma peau. C’est un voyage aux côtés de Clarice Lispector et de toutes ces femmes qui m’ont tendu la main… ou peut-être est-ce moi qui les ai attirées dans mon monde. Un monde peuplé d’âmes errantes, illuminées par l’éveil d’une mémoire dormante, que je qualifierais de voyage incandescent.
Votre titre fait penser que la danse est un art éphémère comme le suggère un peu cette « physiographie d’existences ». Et le « collier » rappelle qu’il fallait le reprendre tôt ou tard après la pandémie. Comment votre pratique a changé depuis la crise ?
Travailler souvent seule a provoqué des changements auxquels je ne m’attendais pas. L’un des plus marquants a été de reprendre possession de mon corps dansant : le réhabiliter et réhabituer à la discipline, improviser avec une amie dans un parc, oser investir l’espace extérieur et m’y abandonner avec simplicité et plaisir.
Certains événements majeurs survenus à cette période m’ont poussée à dépasser mes peurs et à entrer en introspection. Et dans Sans collier, Physiographie d’existences, j’ai façonné ces existences imaginaires qui, en retour, m’ont habitée. En les prenant à bras le corps, une évidence s’est imposée : il était temps de danser.
Bien sûr, des tensions sont nées entre moi, la chorégraphe, et ces femmes surgissant en autoportraits, revendiquant leur droit à l’image et leur place sur scène. Mais peu à peu, l’équilibre se fait. Certaines comprennent ma démarche, d’autres résistent encore. Pourtant, ce qui importe, c’est cette cohabitation singulière : être à la fois seule et multiple.
À quelques jours du dévoilement du budget du CALQ, il est de mise de vous demander, justement, comment vous entrevoyez la suite pour la danse et les arts vivants ?
Ne sais trop que répondre sinon que c’est vraiment odieux (je ne suis pas la première à avoir écrit ce mot, concernant ce sujet) de ne pas reconnaître davantage l’apport de la culture dans la société. Je n’ai pu qu’acquiescer à la lettre écrite par Christian Lapointe dans le journal Le Devoir, il y a deux semaines déjà, relatant les multiples écueils de la situation qui prévaut à l’heure actuelle en lien avec le sous-financement de la culture et des arts en général.
Sans collier, Physiographie d’existences est présenté à La Chapelle Scènes Contemporaines les 25, 27 et 29 mars 2025.