Critiques

Antarctique solo : Rires et frissons

Antarctique solo est l’adaptation théâtrale du livre portant le même titre, dans les pages duquel l’auteur Bryan Perro raconte le périple effectué par l’aventurier Frédéric Dion sur les terres inhospitalières du pôle Sud en 2015.

Ce spectacle pour un seul comédien, Rémi-Pierre Paquin en l’occurrence, est présenté au sein des murs historiques de la magnifique Maison de la culture Francis-Brisson, à Shawinigan. Pour l’occasion, la scène est recouverte de neige et de glace factices qui constitueront un écrin efficace au récit épique, teinté d’humour, d’émotions et d’un brin de suspense, dans lequel nous emporte l’alter ego du conquistador contemporain.

Le solo adopte un ton bon-enfant qui, d’une part, apporte humanité et accessibilité respectivement au héros et à sa quête et, d’autre part, en fait un événement culturel qui se partage à merveille avec de grands enfants ou des adolescents. Ceux-ci se sentiront certainement interpellés par les nombreuses péripéties que comporte la trame narrative. D’autant plus qu’elles sont racontées de manière très convaincante par Rémi-Pierre Paquin. Peut-être ce ton «familial» s’explique-t-il par le fait que le texte soit signé par le père du célèbre Amos d’Aragon.

Relation amoureuse

L’auteur arrive à tenir l’auditoire en haleine en faisant alterner des scènes où le protagoniste cherche éperdument le traîneau garant de sa survie avec d’autres épisodes clés de l’expédition, tels les quelques jours où l’absence de vent a freiné les progrès de l’explorateur ou encore les déboires entourant le bris du premier véhicule de l’aventurier, celui qui sera par la suite remplacé par la luge blanche qui sera égarée dans le blizzard.

L’attachement de Frédéric Dion envers son premier traîneau est d’ailleurs dépeint d’une façon fort amusante, soit grâce à une échappée fantaisiste où le public est témoin de moments quasi amoureux partagés par l’explorateur et son moyen de transport, le tout au son de la chanson kitsch Sarà Perché Ti Amo du groupe italien Ricchi e Poveri, célèbre dans les années 1970 et 1980. Un joli clin d’œil adressé au public par le metteur en scène Pierre-François Legendre.

Si l’équilibre entre aventures, confessions intimes du héros solitaire et parenthèses humoristiques se révèle généralement assez adroit, la scène insistant indûment sur le fait que l’aventurier est tenu de ne pas souiller le territoire antarctique de ses excréments s’avère néanmoins lourde et fastidieuse.

Autre déception : la fin moralisatrice, rappelant sans aucune subtilité qu’il faut croire en ses rêves et nourrir le côté positif de sa psyché afin de pouvoir les accomplir. Dommage, car une chute plus habile et imaginative permettrait au spectateur de quitter la salle avec un souvenir qui soit davantage à la hauteur du reste de cette sympathique production.

Antarctique solo

Texte et adaptation : Bryan Perro. Mise en scène : Pierre-François Legendre. Musique : Jeannot Bournival. Avec Rémi-Pierre Paquin. Une production de Culture Shawinigan. À la Maison de la culture Francis-Brisson (Shawinigan) jusqu’au 19 août 2017. En tournée au Québec du 22 septembre au 28 octobre.

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