Damien a dix amis et autant de chocolats, ce qui fait un chocolat par ami. Oui mais lui, il n’en aura pas, ce qui n’est pas juste. S’il élimine un ami, il aura son chocolat, et franchement, ça ne fait pas une grande différence, neuf amis au lieu de dix. Et huit au lieu de neuf, non plus. Tout en boulottant ses chocolats, Damien arrive à la conclusion que, entre zéro et un ami, là, ça fait une grosse différence. Quand Patricia est saisie par la poésie, elle ne parle plus qu’avec un seul mot: crotte. Une idée en tête? Elle l’enfonce avec un clou dans une oreille jusqu’à ce qu’à la faire ressortir par l’autre oreille.
En huit chapitres, Patricia et Damien, «deux petits vauriens à qui on n’apprend rien», convoquent les peurs enfantines pour en jouer, les déjouer et en rire. Sur un texte d’Étienne Lepage, auteur québécois, la mise en scène d’Anne Thuot, de Belgique, se construit à partir d’accessoires en carton découpé, quelques boites qu’on empile, une créature d’Halloween. Ludique et décalée, elle revendique une facture «broche à foin», que les comédiens assument parfaitement. Les éclairages sont faits avec des lampes de poche, une lampe de chevet et un bloc de tubes fluorescents, commandés par des interrupteurs manipulés par les deux comédiens. Tout se joue à vue, l’histoire se monte et se démonte sous les yeux (et parfois les cris) des jeunes spectateurs.
«Je ne suis pas de ceux qui pensent que le théâtre jeune public doit donner l’exemple. Je crois en l’intelligence des enfants, et à leur capacité à développer un rapport riche face à une matière problématique», prévient Étienne Lepage. Auteur reconnu pour «vieux public», Lepage a fait du décapant sa marque, notamment avec Rouge gueule, monté par Claude Poissant, ou L’enclos de l’éléphant, mis en scène par Sylvain Bélanger. Il est également le coauteur de Éclats et autres libertés, pièce pour adolescents mis en scène par Benoît Vermeulen. Pour sa première incartade en théâtre jeune public, Lepage a merveilleusement bien traduit l’univers des enfants qui, le soir avant de s’endormir, font des pieds et des mains pour que la lumière reste allumée. Le langage de la narration, très châtié, presque pompeux, contraste avec celui de l’action, plus trash, voire carrément punk.
Et tout cela fait le bonheur des enfants. Surtout de ceux qui n’ont même pas eu peur, enfin, pas vraiment… Non, seulement un petit peu…
Histoires pour faire des cauchemars
Texte d’Étienne Lepage
Mise en scène par Anne Thuot
Une production des compagnies Barakha et Fastabl (Belgique)
Damien a dix amis et autant de chocolats, ce qui fait un chocolat par ami. Oui mais lui, il n’en aura pas, ce qui n’est pas juste. S’il élimine un ami, il aura son chocolat, et franchement, ça ne fait pas une grande différence, neuf amis au lieu de dix. Et huit au lieu de neuf, non plus. Tout en boulottant ses chocolats, Damien arrive à la conclusion que, entre zéro et un ami, là, ça fait une grosse différence. Quand Patricia est saisie par la poésie, elle ne parle plus qu’avec un seul mot: crotte. Une idée en tête? Elle l’enfonce avec un clou dans une oreille jusqu’à ce qu’à la faire ressortir par l’autre oreille.
En huit chapitres, Patricia et Damien, «deux petits vauriens à qui on n’apprend rien», convoquent les peurs enfantines pour en jouer, les déjouer et en rire. Sur un texte d’Étienne Lepage, auteur québécois, la mise en scène d’Anne Thuot, de Belgique, se construit à partir d’accessoires en carton découpé, quelques boites qu’on empile, une créature d’Halloween. Ludique et décalée, elle revendique une facture «broche à foin», que les comédiens assument parfaitement. Les éclairages sont faits avec des lampes de poche, une lampe de chevet et un bloc de tubes fluorescents, commandés par des interrupteurs manipulés par les deux comédiens. Tout se joue à vue, l’histoire se monte et se démonte sous les yeux (et parfois les cris) des jeunes spectateurs.
«Je ne suis pas de ceux qui pensent que le théâtre jeune public doit donner l’exemple. Je crois en l’intelligence des enfants, et à leur capacité à développer un rapport riche face à une matière problématique», prévient Étienne Lepage. Auteur reconnu pour «vieux public», Lepage a fait du décapant sa marque, notamment avec Rouge gueule, monté par Claude Poissant, ou L’enclos de l’éléphant, mis en scène par Sylvain Bélanger. Il est également le coauteur de Éclats et autres libertés, pièce pour adolescents mis en scène par Benoît Vermeulen. Pour sa première incartade en théâtre jeune public, Lepage a merveilleusement bien traduit l’univers des enfants qui, le soir avant de s’endormir, font des pieds et des mains pour que la lumière reste allumée. Le langage de la narration, très châtié, presque pompeux, contraste avec celui de l’action, plus trash, voire carrément punk.
Et tout cela fait le bonheur des enfants. Surtout de ceux qui n’ont même pas eu peur, enfin, pas vraiment… Non, seulement un petit peu…
Histoires pour faire des cauchemars
Texte d’Étienne Lepage
Mise en scène par Anne Thuot
Une production des compagnies Barakha et Fastabl (Belgique)
Dans le cadre des Coups de Théâtre, les 20 et 21 novembre à la Maison de la culture du Plateau