Entrevues

La revue finale aux BJM : 5 questions à Alexandra Damiani

Aidan Tooth

Après y avoir évolué comme danseuse, Alexandra Damiani assume la direction des Ballets Jazz de Montréal. Pendant qu’elle prépare ses prochaines programmations, les JBM accueillent le chorégraphe, metteur en scène et artiste multidisciplinaire norvégien Jo Strømgren avec sa création La revue finale.

Vous voilà depuis près de cinq ans à la direction artistique, et générale depuis août dernier, de cette institution cinquantenaire que sont Les Ballets Jazz. Après la pandémie et les papillons de départ, vous avez sans doute des idées pour la suite des choses ?

Oui, en effet. Il m’a fallu du temps pour mieux comprendre non seulement les Ballets Jazz, mais aussi tout l’écosystème dans lequel la compagnie évolue. Ces dernières années ont été marquées par de nombreux changements, tant à l’interne qu’au sein du conseil d’administration. Cela me permet aujourd’hui de sentir que nous entrons véritablement dans un nouveau chapitre.

Présenté an août 2025 à Saint-Sauveur, le spectacle La revue finale représente-t-il, en ce sens, un exemple concret de ce que vous voulez faire ?

Oui… et non. Oui, dans le sens de la prise de risque, de la mise en valeur de la polyvalence et de l’unicité de cette compagnie hors norme, à mes yeux. Mais j’aime toutes les facettes de la danse, et j’ai donc hâte de vous présenter un tout autre programme, avec un langage de ballet contemporain différent de celui de Jo Strømgren.

Une scène de La revue finale, de Jo Strømgren © Raphaël Ouellet

En ces temps difficiles pour le financement des arts vivants, voyez-vous cette coproduction avec le festival comme une voie d’avenir ?

Nous sommes très reconnaissants du soutien du Festival des Arts de Saint-Sauveur. Plus que jamais, les collaborations et les partenariats judicieux — voire multidisciplinaires — sont essentiels pour l’avenir.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le travail de Jo Strømgren pour que vous le programmiez cette saison ?

Son intelligence, son humour très scandinave, son intégrité, sa prise de risque, sa dramaturgie, son ouverture, son humanité et sa générosité.

Certains décrivent ses créations comme étant non-traditionnelles tout en restant accessibles, quelque peu inquiètes face à l’état de notre monde, mais empreintes d’empathie pour l’humanité, un peu comme l’ADN diversifié des Ballets Jazz, non ?

Ha ! J’aime beaucoup cette description de son travail. Oui, je suis tout à fait en accord avec cela.

La revue finale est présentée au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du 17 au 21 février 2026.

Mario Cloutier

À propos de

En 35 ans de journalisme, Mario Cloutier a œuvré à Radio-Canada, au Devoir et à La Presse. Il collabore avec la revue Jeu depuis 2019 comme membre de la rédaction, chef de pupitre et rédacteur en chef (jusqu’en 2025). Il est membre des conseils d’administration des revues Séquences et Les écrits, ainsi que de l’Association des journalistes indépendants du Québec.