Montage photo de Denis Marleau (©Stéphanie Jasmin) et Christian Lapointe (©Katya_Konioukhova) et, en mortaises, les livres qu'ils adapteront pour la scène au FIL
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Denis Marleau et Christian Lapointe portent la littérature sur les planches à la 32e édition du FIL

Le Festival international de la littérature (FIL) a dévoilé la programmation complète de sa 32e édition, qui se tiendra du 23 septembre au 3 octobre à Montréal. Onze jours durant lesquels près de 200 écrivain·es et artistes participeront à plus de 40 événements, entre lectures, spectacles, concerts et parcours dans l’espace public — avec, du côté des formes qui font passer la littérature par le corps et la scène, des propositions mises en scène par de grands noms du milieu théâtral : Denis Marleau, Christian Lapointe, mais aussi Anne-Marie Olivier et Marie-Thérèse Fortin, entre autres.

Le metteur en scène Denis Marleau, figure marquante du théâtre québécois, signe coup sur coup deux propositions portées par des voix littéraires en pleine effervescence. Il dirigera d’abord Mattis Savard-Verhoeven, jeune acteur et auteur dont l’ascension s’est accélérée avec la parution remarquée d’Une certaine tristesse : celui-ci lira lui-même son texte, plongée dans la parole urgente d’un enfant où se mêlent gravité, tendresse et malice. Avec sa complice Stéphanie Jasmin, Marleau retrouvera ensuite Laura-Ève Lambert pour une adaptation de Cumul 1 (la vie coupable), court roman inspiré de la sculpture Cumul I de Louise Bourgeois, interprété par Pascale Drevillon.

Mattis Savard-Verhoeven ©Eva-Maude TC

Autre proposition à surveiller : Hubris : une histoire des années 2010, où Christian Lapointe — habitué des projets inusités au FIL — et Catherine Dorion, lunettes prompteurs à l’appui, retraversent une décennie charnière, du printemps arabe à Donald Trump en passant par les promesses de la Silicon Valley et l’écoanxiété, dans une performance oscillant entre cynisme, vertige et jubilation.

D’autres créations portées par la scène

Le Festival s’ouvrira avec La surface blanche, spectacle conçu par Mylène Bouchard (directrice littéraire de La Peuplade, qui souligne cette année ses 20 ans) à partir de la trilogie sur la solitude et la création de l’auteur islandais Gyrðir Elíasson. Eric Jean signe la mise en lecture et en espace, avec Maxim Gaudette, James Hyndman et Emmanuel Schwartz, le piano de Viviane Audet et la vidéo de Julien Blais.

Plus de 80 ans après sa publication, Bonheur d’occasion trouvera à son tour le chemin de la scène : Marie-Thérèse Fortin reprend la langue de Gabrielle Roy, épaulée par la conseillère littéraire et scénique Dominique Fortier, pour redonner voix à Florentine, Rose-Anna, Azarius, Emmanuel et Jean.

Marie-Thérèse Fortin ©Melany Bernier

Véronique Côté et Anne-Marie Olivier orchestrent quant à elles Résister — bibliothèque de combat, un spectacle-happening réunissant une dizaine d’écrivain·es et d’artistes — dont Hugo Latulippe, David Paquet et Marie-Hélène Voyer — autour d’un potluck de mots de résistance, rythmé par la conception musicale de Josué Beaucage.

Du côté du cabaret, les Hurlantes éditrices présentent une troisième édition de leur soirée déjantée, cette fois intitulée Fake foraine : mascarade, faux départs et autres défilements, mise en scène par Pénélope Jolicoeur et Hugo Mudie, dans une ambiance de bal masqué portée par une quinzaine d’interprètes et la musique d’Alexander Ortiz.

Le reste de la programmation

La musique et la parole se croisent aussi ailleurs : Queen Ka présente le concert littéraire Je vous aime tant; la Salle Bourgie accueille Sentiers intérieurs, un cycle de lieder de Simon Leclerc sur des poèmes de Gilles Vigneault interprété par Hugo Laporte et Olivier Godin; et le jeune public est convié à Minime rencontre les grands compositeurs, conte musical mis en scène par Benoît Brière.

Plusieurs hommages ponctuent cette édition : le centenaire d’Ingeborg Bachmann, celui de René Depestre, la mémoire de Mahmoud Darwich (avec un brunch littéraire au restaurant KazaMaza) et de Marie Cardinal, ainsi qu’une reprise de Rien ne tuera ma lumière, de la poète innue Maya Cousineau Mollen, présentée à la mémoire de la compositrice Cris Derksen.

Les chantiers de la création donneront à voir des œuvres en devenir : le passage à la scène de L’habitude des ruines, de Marie-Hélène Voyer, avec Jérémie Niel; un cabaret de traduction autour de poèmes de Dionne Brand; le passage à l’écran de Créatures du hasard, de Lula Carballo; et un nouveau projet de Tristan Malavoy sur le corps et la mémoire.

Dans l’espace public, une brigade littéraire en patins à roulettes animera l’esplanade Tranquille sous la direction d’Alix Dufresne, tandis que la cinéaste Jennifer Alleyn proposera une déambulation sonore dans les traces de son film Kaïros. S’ajoutent de grands entretiens (avec l’écrivain catalan Joan-Lluís Lluís et la traductrice Linda Gaboriau), une nouvelle série de rencontres, les Exercices d’admiration, les traditionnels Midis littéraires, un dialogue entre littérature et photographie autour du travail d’Eric Jean et d’Angelo Barsetti, ainsi qu’un projet de médiation avec des adultes en francisation, en partenariat avec Ma parole !

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