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Le CQT s’exprime sur la loi 78

Communiqué de presse: Le Conseil québécois du théâtre (CQT) exprime une grande préoccupation et une vive inquiétude quant à la possible dérive autocratique de la Loi 78 qui impose des limites aux droits de s’exprimer, de s’associer et de manifester. Tel qu’énoncé par l’article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne en vigueur au Québec depuis 36 ans : «Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association ». La Loi 78, adoptée pour précipiter la fin du conflit étudiant, transgresse à plus d’un titre les préceptes de la Charte garante d’une saine démocratie pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois. Aussi, le CQT y voit-il une réponse disproportionnée et un dangereux précédent législatif pour juguler toute expression citoyenne critique à l’égard du pouvoir politique. 

À titre d’organisme national dont la mission est de défendre les intérêts supérieurs de l’art théâtral, le CQT organise des actions politiques et peut inviter ses membres à prendre position sur la place publique. La Loi 78 vient museler les différentes associations et les artistes dans l’exercice de leur droit d’émettre des opinions, de s’associer, de manifester et de protester contre certaines décisions gouvernementales susceptibles d’affecter les pratiques artistiques et culturelles. De manière fondamentale, cette loi peut réduire au silence celles et ceux pour qui la prise de parole constitue l’essence même de l’art qu’ils pratiquent.

Le CQT estime que cette loi représente une véritable régression dans l’expression des droits et libertés qui constituent les piliers fondamentaux de toute société démocratique. Elle bâillonne les opinions citoyennes critiques et contraires envers le gouvernement. Que l’on soit pour ou contre les revendications des différentes franges du mouvement étudiant, il est néanmoins impératif de protéger les cadres législatifs qui permettent à tous de s’exprimer librement. Dans la perspective de la prochaine campagne électorale où le bilan du mandat du gouvernement libéral est déjà matière à critiques, cette loi pourrait contribuer à endiguer insidieusement toutes formes de protestation sur les grandes orientations gouvernementales et à étouffer la parole citoyenne.

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