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Chroniques

Le manifeste des marionnettistes

Les marionnettistes québécois – ils sont nombreux et travaillent dans toutes les régions du Québec – sont réunis ce weekend à Montréal pour discuter de l’état de la situation des arts de la marionnette au Québec et détailler leurs souhaits pour l’avenir et les revendications qu’ils désirent mettre de l’avant pour une meilleure santé des arts de la marionnette au Québec. Pratiquant un art souvent marginalisé, méconnu, mais pourtant très vivant chez nous, les marionnettistes militent pour que la marionnette soit reconnue en tant qu’art majeur et essentiel. Je publie ici leur manifeste, lu vendredi soir pendant le gala de l’Association québécoise des marionnettistes (AQM), qui célèbre cette année son trentième anniversaire. De quoi mettre la table pour le dossier sur la marionnette que prépare la revue JEU pour juin 2012 (numéro 143). À suivre.

 

MANIFESTE

Pour la reconnaissance de la marionnette en tant qu’art majeur et essentiel.

Parce que la marionnette est un art ancestral qui participe à l’évolution des mouvements artistiques actuels ;

Parce que la marionnette honore la matière et la vie, transpose le réel et incarne les rêves et qu’elle revendique un monde pensant, imaginatif et meilleur ; 

Parce que la marionnette est présente au théâtre, au cinéma, au petit écran, à la maison, à l’école et dans la rue ;

Parce que l’art de la marionnette a besoin de créateurs spécialisés, d’artisans, de formateurs et de penseurs ;

Parce qu’il n’y a pas de marionnettes sans marionnettistes ;

Parce que des milliers de spectateurs adultes et enfants d’ici et de l’étranger sont transportés par la qualité des créations des marionnettistes québécois ;

Parce que les marionnettistes ont besoin de matériaux, d’espace et de temps pour pratiquer leur art ;

Nous, les artistes et artisans québécois du milieu de la marionnette revendiquons la reconnaissance de cet art en tant qu’art majeur et essentiel. 

Conséquemment, il est impératif… 

Que nous soit accordée une meilleure compréhension de nos modes de création ;  

Que l’expérimentation, la documentation, la formation ainsi que les échanges professionnels nationaux et internationaux soient reconnus comme intrinsèques à notre pratique ; 

Que se décloisonnent les lieux de diffusion en s’ouvrant aux arts de la marionnette dédiés au jeune public et au public adulte ;

Que nous soient reconnus notre savoir-faire et notre rôle dynamique d’ambassadeur culturel ; 

Que nous soit reconnue la nécessité d’implanter un lieu phare voué à la marionnette, tant pour les artistes de la profession que pour le public ;  

Que notre patrimoine soit sauvegardé et répertorié ;

Que soit accordé à notre association, à nos compagnies et à nos artisans, un soutien financier adéquat à la hauteur de leur mission, de leurs réalisations et de leur impact sur la société québécoise.

 

À propos de

Critique de théâtre, journaliste et rédacteur web travaillant entre Montréal et Bruxelles, Philippe Couture collabore à Jeu depuis 2009. En plus de contribuer au Devoir, à des émissions d’ICI Radio-Canada Première, au quotidien belge La Libre et aux revues Alternatives Théâtrales et UBU Scènes d’Europe, il est l’un des nouveaux interprètes du spectacle-conférence La Convivialité, en tournée en France et en Belgique.

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