Chroniques

Tartare et filet mignon

Z’avez-vu la nouvelle? C’était dans Le Devoir d’hier (mercredi 14 décembre).

Une nouvelle pas très étonnante, mais exprimée avec des chiffres très parlants. En moins de deux ans, le poids média de la cuisine a supplanté celui de la culture au Québec. Les médias de la province, toutes catégories confondues, multiplient les papiers et reportages sur l’art culinaire et les recettes des chefs, pendant que les émissions culinaires prolifèrent.

Pas étonnant, je disais. Et pas nécessairement scandaleux: la bouffe nous préoccupe tous et fait partie du quotidien. Mais on peut quand même trouver tout cela exagéré. Ces chiffres sont sans équivoque: nos médias s’intéressent davantage à la gastronomie qu’à la littérature, au théâtre, au cinéma, aux arts visuels et à la danse, combinés.

Les statistiques les plus intéressantes se trouvent toutefois vers la fin de cet article de Stéphane Baillargeon. «Ailleurs dans le monde, les sujets gastronomiques totalisent deux fois moins de poids que la culture (4,32 % par rapport à 8,44 %).»

Autrement dit, les médias québécois parlent deux fois moins de culture que les médias du monde entier. Et les médias du vaste monde parlent deux fois moins de gastronomie que les nôtres. 

On est décidément une société distincte. L’écart est énorme. Il y a même de quoi avoir honte.

Ailleurs dans le monde, d’ailleurs, les médias parlent en priorité d’économie, de politique et d’actualité internationale. Chez nous, les faits divers sont en tête de liste, suivis de près par les sports. Misère.

Dommage que le bilan international 2011 de la firme Influence Communications, consultable en ligne, ne détaille pas davantage ses données: j’aurais été curieux de comparer le poids média de la culture dans les différents pays européens et américains. Pas vous?

 

À propos de

Critique de théâtre, journaliste et rédacteur web travaillant entre Montréal et Bruxelles, Philippe Couture collabore à Jeu depuis 2009. En plus de contribuer au Devoir, à des émissions d’ICI Radio-Canada Première, au quotidien belge La Libre et aux revues Alternatives Théâtrales et UBU Scènes d’Europe, il est l’un des nouveaux interprètes du spectacle-conférence La Convivialité, en tournée en France et en Belgique.

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