Sans doute l’une des plus convaincantes propositions de théâtre pour les tout-petits (2 à 6 ans), qu’on ait pu voir au Québec, ce Chübichaï de la compagnie Le Vent des Forges, de France, mérite le déplacement, même un dimanche matin frisquet !
Véritable bijou, ce spectacle d’une durée d’à peine trente minutes distille l’enchantement du début à la fin, et vous laisse tout sourire.
Les deux conceptrices et interprètes, les sympathiques Odile L’Hermitte et Marie Tuffin, à la fois comédiennes, marionnettistes et façonneuses d’argile, ont construit une fable simple autour du personnage central. Il s’agit d’un petit bonhomme à tête ronde, qui se meut sur deux pattes formées par les doigts de l’une des créatrices. C’est lui le Chübichaï, qui a perdu sa maman et part à sa recherche dans un monde rempli d’inconnu(s), de surprises et de dangers potentiels.
Grimpées sur une mini-scène où elles ont tout juste la place pour être deux, les comédiennes racontent, avec une belle économie de paroles, les mésaventures de leur petit héros. Se servant de balles d’argile, qu’elles modèlent à l’envi avec leurs mains et leurs pieds, qu’elles colorent à l’aide de pigments, elles créent des masques, de plus en plus grands, qui s’animent sous leurs doigts. Elles les font parler, jouant de leurs voix, incarnant tous les personnages.
Parmi ceux-ci, une grosse nounou antillaise, adorable, qui appelle le petit bonhomme « mon petit oiseau des îles », voudrait bien lui venir en aide. Mais le voilà parti vers une zone dangereuse où vivent de redoutables méchants.
N’hésitant pas à explorer des émotions extrêmes, contrastées, les interprètes détruisent leurs marionnettes en un geste, comme elles les ont façonnées, pour en faire naître d’autres. Elles iront ainsi jusqu’à créer un minuscule music-hall où une créature chante un air de jazz, boa rouge autour du cou, une autre l’accompagnant, verres fumés sur le nez.
Dans ce passage comme dans toute la représentation, la musique est créée en direct par les voix, les jeux de rythme, des bouts de chansons venant aussi agrémenter le récit. Les jeux de lumière, qui peuvent isoler, évoquer le passage du jour et de la nuit, concourent à rendre une ambiance mystérieuse. À la fin, quand Chübichaï retrouve enfin sa maman, qui n’avait pas bougé, on comprend qu’il était dans sa chambre et s’inventait toutes ces peurs…
Faut-il préciser que tout cela est fait avec sensibilité, intelligence et humour? Vraiment, ici, l’émerveillement est garanti! Comble de complicité, les interprètes, à la fin, remettent un petit bout du spectacle à chaque spectateur, grand ou petit : une boulette d’argile qu’il pourra à son tour façonner.
Conception et jeu : Odile L’Hermitte et Marie Tuffin. Une production Le Vent des Forges (France), présentée par la Maison Théâtre au Théâtre Prospero jusqu’au 12 octobre.
Sans doute l’une des plus convaincantes propositions de théâtre pour les tout-petits (2 à 6 ans), qu’on ait pu voir au Québec, ce Chübichaï de la compagnie Le Vent des Forges, de France, mérite le déplacement, même un dimanche matin frisquet !
Véritable bijou, ce spectacle d’une durée d’à peine trente minutes distille l’enchantement du début à la fin, et vous laisse tout sourire.
Les deux conceptrices et interprètes, les sympathiques Odile L’Hermitte et Marie Tuffin, à la fois comédiennes, marionnettistes et façonneuses d’argile, ont construit une fable simple autour du personnage central. Il s’agit d’un petit bonhomme à tête ronde, qui se meut sur deux pattes formées par les doigts de l’une des créatrices. C’est lui le Chübichaï, qui a perdu sa maman et part à sa recherche dans un monde rempli d’inconnu(s), de surprises et de dangers potentiels.
Grimpées sur une mini-scène où elles ont tout juste la place pour être deux, les comédiennes racontent, avec une belle économie de paroles, les mésaventures de leur petit héros. Se servant de balles d’argile, qu’elles modèlent à l’envi avec leurs mains et leurs pieds, qu’elles colorent à l’aide de pigments, elles créent des masques, de plus en plus grands, qui s’animent sous leurs doigts. Elles les font parler, jouant de leurs voix, incarnant tous les personnages.
Parmi ceux-ci, une grosse nounou antillaise, adorable, qui appelle le petit bonhomme « mon petit oiseau des îles », voudrait bien lui venir en aide. Mais le voilà parti vers une zone dangereuse où vivent de redoutables méchants.
N’hésitant pas à explorer des émotions extrêmes, contrastées, les interprètes détruisent leurs marionnettes en un geste, comme elles les ont façonnées, pour en faire naître d’autres. Elles iront ainsi jusqu’à créer un minuscule music-hall où une créature chante un air de jazz, boa rouge autour du cou, une autre l’accompagnant, verres fumés sur le nez.
Dans ce passage comme dans toute la représentation, la musique est créée en direct par les voix, les jeux de rythme, des bouts de chansons venant aussi agrémenter le récit. Les jeux de lumière, qui peuvent isoler, évoquer le passage du jour et de la nuit, concourent à rendre une ambiance mystérieuse. À la fin, quand Chübichaï retrouve enfin sa maman, qui n’avait pas bougé, on comprend qu’il était dans sa chambre et s’inventait toutes ces peurs…
Faut-il préciser que tout cela est fait avec sensibilité, intelligence et humour? Vraiment, ici, l’émerveillement est garanti! Comble de complicité, les interprètes, à la fin, remettent un petit bout du spectacle à chaque spectateur, grand ou petit : une boulette d’argile qu’il pourra à son tour façonner.
Chübichaï
Conception et jeu : Odile L’Hermitte et Marie Tuffin. Une production Le Vent des Forges (France), présentée par la Maison Théâtre au Théâtre Prospero jusqu’au 12 octobre.